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La Boussole

La Boussole III - 46

Qui prendra la relève ?

Je compte sur le Seigneur plus qu’un soldat de garde n’attend le matin ;
oui, plus qu’un soldat de garde n’attend le matin.

La Bible, Psaume 130, verset 6
Lâchez prise 2,
Claire Biette

Chemins de réflexion

Personne de compétent, à part moi !

Nombreux sont les présidents, trésoriers, cadres ou salariés associatifs qui voudraient passer la main mais ne le font pas car ils ne trouvent personne pour les remplacer.
Ce genre de situation si courante est d’abord un symptôme.
Celui de tâches – professionnelles ou bénévoles – trop lourdes et qui font peur.
Combien de professionnels font le travail de deux voire trois personnes ?
Combien de cadres associatifs n’arrivent pas à déléguer les tâches, partager le pouvoir, travailler de manière collégiale ?
Dans le mot « relève », il y a l’idée du poids. Si le fardeau est trop lourd, il faut l’alléger pour que quelqu’un le relève. Il faut modifier les tâches, la charge, redessiner les contours.
Et arrêter de penser que, parce que les autres ne font pas comme moi, ils ne font pas de la bonne manière. C’est au fond la même raison qui me retient de partager mes responsabilités et m’empêche de trouver un successeur : « Personne de compétent, à part moi ! »
La plupart du temps, il existe une recette miracle : laisser la place et quelqu’un apparaît !
Stéphane Lavignotte, pasteur, Mission populaire évangélique, La Maison Ouverte, Montreuil

Si le fardeau est trop lourd, il faut l’alléger pour que quelqu’un le relève

Le plus beau reste à venir

Le quotidien me submerge. Nous ne sommes pas assez nombreux, la tâche est difficile…
Parfois, j’ai des angoisses. Je tourne en rond autour de la question culpabilisante de ma succession. Ceux qui arrivent après moi sauront-ils porter ce en quoi je crois ?
La voilà, la juste préoccupation des générations qui passent, des « anciens » qui s’inquiètent de leurs remplaçants ! C’est que je vieillis, tout simplement et, à bien y réfléchir, j’ai deux possibilités : m’accrocher douloureusement à ce que je connais ; ou lâcher prise.
Une chose est sûre, ce n’était pas mieux avant.
Et, non, notre génération n’a pas trouvé les clés de la réussite. Donc, je n’ai pas le choix.
Avec optimisme, je continue à faire de mon mieux, comme le soldat qui attend la relève après sa garde : le monde ne pèse pas sur mes épaules, la défense de la forteresse ne m’incombe pas à moi seule.
Comme ce soldat, je veille, j’attends, j’espère, et je sais que le jour finit toujours par se lever.
Car ce qui compte en fait, c’est que la relève arrive, et que je peux tenter de lui transmettre des forces.
Aussi jeune, aussi inexpérimentée soit-elle. Je ne sais pas qui ils seront, ceux qui me succèderont, mais je sais que nous, les plus âgés, devons leur donner confiance et espoir en l’avenir.
Cette force de penser que le plus beau reste à venir !
Élisabeth Walbaum, déléguée à la réflexion et l’animation spirituelles à la FEP

Pour le moment, ça tourne…

Après trente ans de développement de l’association, la question de sa continuité se pose.
Nous avons deux salariés à temps partiel et quatre bénévoles. La trésorière, soixante-dix-sept ans, et moi-même, soixante-huit ans, tenons l’association à bouts de bras. Nous sommes sur tous les fronts et nous nous sentons aujourd’hui un peu indispensables.
Pour le moment ça tourne, mais nous sommes inquiets. Si nous arrêtons, qui nous remplacera ?
Si nous partons, est-ce que l’association survivra ?
Certains membres sont très présents, trop. Nous sommes de moins en moins jeunes et nous aurions besoin d’être soulagés. De partager les responsabilités. Si nous voulons que l’association perdure, nous devons trouver de nouvelles ressources humaines. Ce n’est pas facile.
Notre vivier protestant est assez restreint dans notre petit village. Nos activités étant chronophages, nous ne pouvons solliciter que des retraités.
Nous avons besoin de bénévoles mais, en même temps, nous avons des habitudes qui rendent difficiles l’accueil d’une nouvelle personne : elle n’a pas le même engagement que nous, elle ne range pas comme nous…
Pour passer le flambeau il faut aussi accepter, et ce n’est pas toujours évident, de lâcher prise, d’envisager d’autres modes de fonctionnement, d’admettre que chacun puisse s’impliquer à sa façon et ne pas reproduire à l’identique ce que nous avons vécu.
Michel Lafont, président de l’Association protestante d’assistance de Lasalle (30)

Je compte sur toi Seigneur.
Lorsque mon quotidien m’envahit, lorsque je me demande qui pourra me succéder
quand je ne serai plus là, lorsque je suis abattu et que je doute,
aide-moi à lâcher prise, à admettre que je n’y peux pas grand-chose.
Donne-moi des forces.
Donne-moi la confiance en l’avenir qui me permettra d’accompagner ceux qui viendront me relayer.
Maintiens en moi la certitude qu’ils sauront relever le défi.
Tu es là aujourd’hui, au cœur de nos vies, et tu seras là aussi demain, au cœur de leurs vies.
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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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