Elie est en fuite.
Référence verset
Il s’est caché en attendant des consignes de la part
de Dieu, qui l’envoie à Sarepta.
Il se leva, partit pour Sarepta et parvint à l’entrée de la ville.
Il y avait là une femme, une veuve, qui ramassait du bois.
Il l’appela et dit : « Va me chercher, je t’en prie, un peu d’eau dans la cruche pour que je boive ! »
Elle alla en chercher.
Il l’appela et dit : « Va me chercher, je t’en prie, un morceau de pain dans ta main ! »
Elle répondit : « Par la vie du Seigneur, ton Dieu !
Je n’ai rien de prêt, j’ai tout juste une poignée de farine dans la cruche et un petit peu d’huile dans la jarre ; quand j’aurai ramassé quelques morceaux de bois, je rentrerai et je préparerai ces aliments pour moi et pour mon fils ;
nous les mangerons et puis nous mourrons. »

Chemins de réflexion
Quand une promesse d’avenir devient l’essentiel
D’après Dieu, la veuve devait « pourvoir à tous les besoins » du prophète et, pourtant, elle n’a presque rien : une sécheresse terrible s’abat sur le pays.
C’est à partir de ce presque rien que Dieu va faire surgir l’abondance.
Au départ, « une poignée de farine dans un pot et un peu d’huile »
et, à la fin de l’histoire, le pot de farine ne s’épuise pas et la cruche d’huile ne se vide pas.
Chacun met le curseur où il veut pour définir ce qui est pour lui « essentiel ».
La définition qu’en donne le texte des Rois est bien différente : l’essentiel, c’est ce qui permet de ne pas mourir.
Le prophète va détourner cet « essentiel dramatique » en promesse : « N’aie pas peur », dit-il à la veuve et « l’essentiel » devient confi ance dans la parole de Dieu.
Toute proportion gardée avec la situation que nous vivons en ce moment, l’essentiel n’est donc pas une liste de choses utiles dans l’instant, mais le regard que nous portons sur ces choses considérées, non dans leur matérialité dramatique, mais dans la promesse d’avenir qu’elles recèlent.
Brice Deymié, Fédération protestante de France
L’essentiel n’est donc pas une liste de choses utiles dans l’instant, mais le regard que nous portons sur ces choses considérées, non dans leur matérialité dramatique, mais dans la promesse d’avenir qu’elles recèlent.
Apprendre à demander, à donner, à recevoir, à attendre
Le prophète obéit à son Dieu en demandant, la femme en donnant.
Alors, le prophète obéit à son Dieu en recevant de l’autre ce qui lui est nécessaire pour vivre.
Eux deux vont obéir au Dieu du prophète en attendant. Et cette attente, sans aucun doute faite de silences, de récits échangés, d’espérances partagées est rendue possible par ce Dieu qui donne.
Apprendre à demander, à donner, à recevoir, à attendre… Sans doute est-ce là l’essentiel pour l’écrivain de ce récit.
Apprendre à demander et donc à mettre des mots sur mes besoins et désirs, et à dire ces mots à l’autre !
Ô combien nous expérimentons que c’est important pour continuer à travailler ensemble, à vivre ensemble dans ce temps si étrange et potentiellement angoissant.
Apprendre à donner, à recevoir de l’aide, du soutien !
Apprendre à attendre dans la confiance : ce que nous traversons est un tunnel et les tunnels ont des sorties !
Aujourd’hui, comme du temps d’Elie, je crois que Dieu rend possible cette attente.
Isabelle Bousquet, Fondation John BOST
Quel est mon essentiel ?
Chaque personne peut désigner pour elle-même ce qui lui est essentiel pour vivre, dans sa situation.
C’est ce que nous pouvons constater au coeur de nos établissements et de nos associations.
Dans cette période où les librairies et les médiathèques sont fermées, certains enfants viennent à la recherche de livres.
Des adultes disent leurs souffrances, mais aussi leurs besoins et ce qui peut les renforcer, là maintenant : un toit, de quoi manger, comment se vêtir dans le froid de l’hiver, être entouré de ses proches, un travail, la santé.
Dans le texte biblique, au coeur de la famine, ce voyageur, cet inconnu, Elie, demande à boire à cette veuve. Elle accueille sa demande, elle puise à la source. Elle n’a pas de pain, seulement de la farine. Elle n’a rien de prêt, rien de sûr.
Nous aussi, en ce moment, nous n’avons pas accès au produit fini, au produit essentiel, mais nous sommes vivants. Rien n’est prêt !
Nous avons tout à construire… avec ce qui est, au plus profond de nous, notre essentiel. Rémi Droin, Église protestante unie de France
Seigneur, notre Dieu
Je me tiens là, avec mes besoins, mes désirs.
Je pourrais faire une liste pour moi, pour les autres
Et je trouve tant de portes fermées.
Simplement devant toi, je veux tout déposer
Me rendre à toi, pour retrouver l’essentiel.
Ouvre cette porte de vie.
Là où rien n’est prêt, aide-nous à construire, ensemble.
Par ta Parole, ta présence dans nos vies,
Nourris-nous, soutiens notre espérance, notre confiance
Pour vivre tous ces temps, vers l’inattendu,
Entendre ta Promesse au coeur de nos vies.
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.