Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau.
La Bible, livre d’Ésaïe chapitre 11, versets 6 à 9
Le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira.
La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits, même gîte.
Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage.
Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra.
Sur le trou de la vipère, le jeune enfant étendra la main.
Il ne se fera ni mal, ni destruction sur toute ma montagne sainte, car le pays sera rempli de la connaissance du Seigneur, comme la mer que comblent les eaux.

Chemins de réflexion
Une nouvelle ère
Les auteurs de l’Ancien Testament ont imaginé le temps linéaire, contre le temps cyclique qui prévalait chez tous les autres peuples voisins de celui d’Israël. Avec le temps linéaire, l’histoire prend une direction, avec un début et une fin, et n’est donc plus un éternel retour sur elle-même.
Nous avons depuis longtemps intégré que l’histoire a un sens et qu’elle avance vers quelque chose.
Vers le mieux, disent certains qui ont une foi indéfectible dans le progrès de l’humanité et…
Vers le pire, disent d’autres pour qui l’empreinte humaine met de plus en plus la planète en danger.
La Bible et le prophète Ésaïe, en particulier, annoncent qu’au bout de l’histoire il y aura une rupture définitive d’avec le temps d’avant et qu’une nouvelle ère s’ouvrira : celle du Royaume de Dieu.
Le prophète décrit ce monde comme un havre de paix, un paradis idyllique.
Que l’on croit ou non à cette image prophétique, nous sommes habités en ce temps de trouble et
d’incertitude par la pensée de la rupture en essayant d’imaginer le « monde d’après » : Réalité ou utopie ?
Brice Deymié, Fédération protestante de France
Avec le temps linéaire, l’histoire prend une direction, avec un début et une fin, et n’est donc plus un éternel retour sur elle-même
Une année nouvelle ?
L’année 2021 sera-t-elle le dupliqua de celle que nous quittons ?
Allons-nous indéfiniment être confrontés aux mêmes questions sanitaires et aux mêmes problèmes économiques ?
Sommes-nous condamnés à voir l’histoire se répéter et les années se ressembler ?
Le prophète Ésaïe, conformément à la tradition judéo-chrétienne, a la vision d’un temps qui avance et non d’un temps cyclique et répétitif. S’il y a des constantes, telles que les réalités du mal et des maladies, des injustices et des conflits, les circonstances changent toujours et les connaissances humaines évoluent sans cesse. Ésaïe refuse la fatalité et, dans l’espérance, croit à des possibles réconciliations et à des transformations inattendues.
Dans une perspective chrétienne, la venue de Jésus célébrée à Noël constitue un signe de ces changements, déjà en marche.
L’année à venir sera autre. Dans des situations nouvelles, aujourd’hui imprévisibles, nous serons appelés, encore davantage et à notre mesure, à être bâtisseurs de ponts et de liens.
Denis Heller, Fondation Diaconesses de Reuilly
Un nouveau regard
2020 est passée, voilà 2021.
Notre vie est ainsi rythmée par ce calendrier sans que le constat soit si différent d’une année sur l’autre.
Si 2020 a été marquée par cette crise sanitaire, il serait difficile de la réduire ainsi.
Nous avons vécu une période inédite avec cette résonnance mondiale et en même temps, des naissances, des créations, des initiatives tout autour de nous, qui, dans les épreuves, les souffrances et les difficultés ont fait cohabiter une Bonne Nouvelle dans nos chemins de vie.
C’est peut-être déjà ça le changement radical et cette promesse de paix complète décrits par Ésaïe : porter un regard neuf sur ce que nous vivons pour trouver une paix intérieure.
Cela nous permettra d’habiter nos relations et notre monde, dans la sérénité, sans les rapports de domination, de soumission, de violence et de peur qui souvent marquent nos existences.
Cette année, demain et dès aujourd’hui, le scintillement de Dieu et sa Bonne Nouvelle font naître en nous une lumière qui pourra rayonner vers ceux qui nous entourent.
Rémi Droin, Toulouse Ouverture, To7
Au seuil de cette année nouvelle, nous regardons en arrière,
pour te rendre grâce de ton soutien durant les mois écoulés,
pour te dire nos fatigues des semaines passées.
Au seuil de cette année nouvelle, nous regardons le présent,
pour te demander d’éclairer notre discernement des situations,
pour te confier nos proches et ceux que nous côtoyons dans le travail.
Au seuil de cette année nouvelle, nous regardons vers l’avenir,
pour invoquer ton Esprit, dans nos capacités d’adaptation et d’imagination,
pour nous remettre en Toi dans l’espérance et dans la confiance.
Amen
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.