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La Boussole

La Boussole III - 45

Quelle place pour le repos dans nos vies ?

Quel que soit votre travail, faites-le de bon cœur,
comme pour le Seigneur, et non pour les hommes.

La Bible, Colossiens, chapitre 3, verset 23

Chemins de réflexion

Le sabbat est fécondité et joie

Il est dit dans la Bible que Dieu sacralise le jour du repos et le rend obligatoire dans le temps de l’homme. Comme le Parlement en discute en ce moment, l’homme doit pouvoir se reposer après sa vie de labeur.
Le repos ce n’est pas ne rien faire c’est donner du sens à la création.
Dans l’Évangile, Jésus guérit le jour du sabbat, au grand dam des tenants d’une orthodoxie religieuse stricte. Jésus leur rétorque que ce jour ne doit pas être mortifère mais, au contraire, caractérisé par la fécondité et la joie.
Ce n’est pas l’homme qui est fait pour le sabbat mais le sabbat qui est fait pour l’homme. Jésus prône un repos créateur. Un repos qui n’est pas assimilé à une absence de travail mais plutôt à une force qui libère l’homme de ses contraintes quotidiennes.
Si le repos est le point d’orgue de la création dans nos vies, il produit alors une immense richesse et brise la chaîne des causalités.
Dans cette rupture, l’irruption de la grâce dessine de nouveaux possibles.
Jésus œuvre le jour du sabbat afin de nous conduire à la plénitude et l’abondance de vie aux niveaux physique, psychique et spirituel.
Le repos devrait avoir une place immense dans nos vies.
Brice Deymié, pasteur de l’Église protestante française au Liban

Si le repos est le point d’orgue de la création dans nos vies, il produit alors une immense richesse et brise la chaîne des causalités

Savoir s’arrêter est une bénédiction

« Sa vie, c’était son travail. » Le défunt était connu pour être un travailleur infatigable.
Sa famille avait répété ce constat à plusieurs reprises, avec une certaine fierté, lors de l’entretien
de préparation des obsèques. Un membre de la famille, resté silencieux, me dit plus tard : « Oui, sa vie, c’était son travail ; on peut dire la même chose de son cheval ! »
Suis-je tellement différent de cet accro au travail ? J’ai eu de la chance : ma profession n’était pas un job alimentaire, mais correspondait bien à mes convictions. De ce fait, j’ai souvent eu tendance à en faire trop et ai pris ma retraite à plus de soixante-cinq ans.
Je comprends les personnes fatiguées après des décennies de labeur ingrat. Une adaptation du travail, avec des horaires moins contraignants, leur permettrait de faire profiter d’autres de leur expérience.
Le jour hebdomadaire de repos a introduit ce temps gratuit, non utilitaire, dans le rythme de nos vies.
L’exemple du repos vient de haut, du Très-Haut même, qui fit une pause au septième jour de la création.
Savoir s’arrêter, le dimanche, à l’occasion des vacances ou après une carrière bien remplie est une bénédiction dans la cadence trépidante de nos vies.
Bien vivre ces temps, cela s’apprend, et nous pourrions commencer par rompre avec les addictions séduisantes que ce monde nous propose et qui envahissent sans répit nos minutes, nos heures et les jours qui nous sont donnés.
Thomas Wild, pasteur UEPAL en retraite

Le repos n’est pas inaction

Il y a ceux qui aiment leur travail et ceux qui le subissent.
Ceux qui y trouvent un sens à la vie et ceux qui attendent le week-end avec impatience.
J’ai fait partie de la première catégorie. J’ai choisi le métier d’infirmière avec la volonté de mettre l’amour chrétien en pratique : soigner les vies cabossées, aider l’autre à se relever. J’aimais mon métier, mais les conditions de travail se sont dégradées. Pourtant la retraite était un cap redouté.
Allais-je me retrouver enfermée dans un appartement, coupée du monde ?
Le début de retraite a été difficile, car je me sentais inutile : le travail avait occupé une place importante dans ma vie. Comment allais-je structurer mon temps, occuper chaque instant ?
Pour moi, si retraite est synonyme de repos, repos n’est pas synonyme d’inaction.
Je voulais encore agir, mais sans pression.
J’ai alors ouvert les yeux et j’ai vu autour de moi un monde assoiffé d’écoute et d’affection.
Dans le bénévolat, j’ai retrouvé la réponse à mes premières aspirations : m’ouvrir à l’autre, le respecter, l’aimer, prendre du temps avec lui. Car, oui, mon engagement bénévole exige de mon temps.
Mais du temps, à la retraite, j’en ai justement !
La Bible dit qu’il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.
Il faut se lancer pour le percevoir ! Et la retraite est peut-être le moment de la vie le plus propice…
Anne-Marie, infirmière à la retraite

Seigneur, parfois mon travail m’accapare tout entier. 
Et ce qui m’est donné de temps libre m’échappe.
Je me laisse happer par les écrans, ma fonction me rattrape, même pendant mes congés.
Aide-moi à laisser la juste place au travail, au repos, aux loisirs.
Et aussi au silence dans ma vie
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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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