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La Boussole

La Boussole III - 39

Quel bilan pour repartir ?

Il y a un moment pour tout et un temps pour chaque chose sous le soleil.

La Bible, Ecclésiaste, chapitre 3, verset 1
Fleurs oiseaux,
Sophie Jourdan

Chemins de réflexion

Une nouvelle année commence chaque matin

Depuis plusieurs années, chaque 31 décembre, des amis ont la même réflexion : « L’année passée a encore été mauvaise, espérons que la nouvelle sera meilleure. »
Il n’y a pas grand-chose à dire face à un sentiment. Mais je me demande si pareilles considérations ne sont pas l’héritage inconscient d’un de ces fâcheux imaginaires collectifs issus du christianisme. D’une vision du temps portée par la croyance que nous, pauvres humains, éjectés du paradis, vivons dans une vallée de larmes, travaillant à la sueur de notre front en attendant des jours meilleurs (demain, il y aura le royaume des cieux, le paradis, et tout ira mieux).
Cette vision a enfanté l’idéologie du progrès et fait de nombreux dégâts : on fait des promesses qu’on ne tiendra pas, on est prêt à tout pour atteindre nos objectifs, et peu importe si on épuise la planète et détruit le climat.
Pourtant, la Bible nous offre une autre conception du temps. Celle où le royaume de justice et de paix est déjà là, aujourd’hui, à chaque instant, dans chacun de nos gestes et de nos sourires, dans chacune de nos respirations.
Comme les oiseaux du ciel et les lys des champs, ne nous soucions pas du lendemain : une bonne nouvelle année commence chaque matin !
Stéphane Lavignotte, pasteur, Mission populaire évangélique,La Maison Ouverte, Montreuil

Comme les oiseaux du ciel et les lys des champs, ne nous soucions pas du lendemain : une bonne nouvelle année commence chaque matin !

Des jalons sur la route de ma vie

À la fin de l’année sonne l’heure du bilan. Non pas un bilan comptable, recettes et dépenses, mais un bilan qualitatif : quelles ont été les plus dures épreuves dans l’année écoulée ? quels furent les temps de joie et de plénitude ? les temps pour pleurer et les temps pour rire ?
Personnellement, je ne dresserai pas deux colonnes avec les plus et les moins, pour voir si le « solde » est positif ou négatif.
Non, parce que je suis croyant, je garderai seulement en mémoire les moments où Dieu était présent, dans les joies comme dans les épreuves. Ces moments sont les précieux jalons de l’année écoulée ; ils succèdent à tous ceux que Dieu a placés sur la route de ma vie.
Quand, à nouveau, il fera sombre autour de moi – ce qui arrivera immanquablement en 2023 – je me rappellerai ces rendez-vous divins. Ils m’aideront à avancer malgré toutes les raisons de désespérer.
Je refuse de me joindre au sinistre chœur de ceux qui annoncent que tout est perdu. L’espérance que Dieu a placée au fond de mon cœur est comme un parfum de bonne odeur pour moi et pour ceux qui m’entourent.
Un parfum qui embaumera chacun de mes jours en 2023. Et bien au-delà.
Christian Tanon, pasteur, Église protestante unie de France, L’Escale, Paris

Un message porteur d’espérance

Difficile, en cette fin d’année, d’oublier les images des passagers de l’Ocean Viking – hommes, femmes, enfants, bébés aussi – débarquant sur le port de Toulon ; les discours de fausse compassion ; les manifestations d’hostilité.
Difficile d’oublier les lettres réitérées aux préfectures, les démarches auprès des consulats de France, les référés devant les tribunaux et autres cours…
Difficile d’oublier les tracasseries administratives, l’évolution inquiétante de la politique migratoire, les mots pudiques qui racontent les galères, le sentiment d’impuissance, la révolte, les larmes, la colère.
Difficile d’oublier les vies menacées, la guerre en Ukraine, la dégradation tangible de notre planète, les luttes quotidiennes…
Pour tous ceux que nous accompagnons sur le chemin de la reconstruction, ces « indésirables » aux vies broyées, nous sommes un peu les gilets de sauvetage de leurs fragiles embarcations. Au terme de cette année si sombre, nous avons pourtant aperçu une trouée de lumière.
Comme les précédentes, 2022 s’est close dans la joie de Noël et les festivités.
Plus que jamais, nous louons cette singulière naissance.
Pour chacun, elle demeure un puissant message de vie, porteur d’espérance.
Nous l’accueillons le cœur grand ouvert pour aborder la nouvelle année.
Micheline Bochet-Le Milon, bénévole à La Cimade

Je te rends grâce, Seigneur, pour tout ce que tu m’as donné au cours de l’année écoulée, pour les signes de ton amour pour moi et pour ceux qui me sont chers. 
Aide-moi à ne jamais les oublier.
Je te remets les personnes qui, au près ou au loin, ont souffert de quelque façon.
Si leur souffrance se prolonge l’an prochain, veuille les soutenir par ta présence bienveillante.
Suscite des artisans de paix là où il y a la guerre, et de réconfort là où règne la désolation.
Accorde-nous cette sérénité que toi seul peux donner
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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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