SOUTENIR LA FEP
La Boussole

LA Boussole III - 22

Pourquoi continuer d’espérer ?

Où donc est passée mon espérance ? Mon espérance, qui l’entrevoit ?

La Bible, Job, chapitre 17, verset 15
Bulles Église,
Sophie Jourdan

Chemins de réflexion

Quand l’espoir disparaît, reste l’espérance

Au dire des sociologues, le réchauffement climatique et la guerre en Europe mettent à mal l’espérance des Français, en particulier dans le milieu médico-social.
Un ami m’a confié un jour sa profonde déception : sa femme en aimait un autre. Pour essayer de lui remonter le moral, je l’ai invité au restaurant. Pendant le repas, la radio annonçait les nouvelles du jour : coup d’état meurtrier en Afrique, guerre au Kosovo… tout cela n’arrangeait rien !
Soudain, il m’a dit cette phrase que je n’oublierai pas :
« Je crois en Dieu. S’il n’existait pas, il y aurait de quoi se tirer une balle dans la tête. »
Quand l’espoir disparaît, il reste l’espérance, cette conviction quasi irrationnelle qu’avec Dieu l’avenir n’est jamais bouché.
Job désirait retourner à la poussière ; pourtant, il ne cessait de s’adresser à Dieu. Certes, avec des protestations plutôt que des louanges, mais jamais il ne s’est tourné vers les idoles païennes – ce qu’aujourd’hui on appellerait recours aux sciences occultes ou addictions de toutes sortes.
Dans la nuit du désespoir, l’espérance demeure.
Comme un don immérité de la bonté de Dieu.
Christian Tanon, pasteur, Église protestante unie de France, L’Escale, Paris

Dans la nuit du désespoir, l’espérance demeure.
Comme un don immérité de la bonté de Dieu.

Espérer, c’est être persuadé du don de Dieu

Pascal écrivait : « Ainsi, nous ne vivons jamais, nous espérons de vivre. » Le philosophe voulait dire par là que nous nous projetons dans l’avenir en faisant trop facilement l’impasse sur le présent. Le résultat étant toujours en deçà de nos attentes, nous sommes malheureux.
Sénèque écrivait à Lucilius : « Quand tu auras désappris à espérer, je t’apprendrai à vouloir ».
Aujourd’hui, cette pensée stoïcienne a le vent en poupe. On voudrait nous enseigner à mieux vivre aujourd’hui et à ne plus désirer demain.
Il est cependant contestable de réduire l’espoir à la réalisation future d’un manque présent.
Pour le croyant, espérer c’est être persuadé du don de Dieu. Il ne dépend pas de nous, nous n’en disposons pas, nous n’avons pas le pouvoir de le provoquer ou de l’engendrer.
Le croyant ne vit pas dans l’attente béate de lendemains qui chantent mais il vit le présent de la promesse en même temps que son orientation vers un nouvel avenir.
La foi nous permet cet aller-retour constant entre l’achevé et l’inachevé, et c’est ce lien qui fait de l’espoir une promesse.
Brice Deymié, pasteur de l’Action Chrétienne en Orient à Beyrouth

Rien n’est jamais perdu

J’en ai appris des choses durant mes années de scoutisme : lire une carte, construire un abri, organiser un jeu avec trois cailloux et un bout de ficelle…
Mais c’est surtout les enfants et les jeunes dont j’ai eu la charge, plus tard, qui m’ont le plus apporté.
J’ai appris à leur faire confiance comme d’autres m’avaient fait confiance auparavant.
Une confiance inconditionnelle et bienveillante qui permet de grandir, de se construire et de prendre des responsabilités.
Je relie très fortement ma capacité de croire en l’autre à ma façon d’appréhender l’avenir : avec espérance.
Je suis toujours émerveillée du résultat. Quand j’ai la chance de passer du temps avec des jeunes, ils et elles m’impressionnent toujours par l’avancement de leur réflexion, leur créativité, leurs combats, leurs engagements, ou encore leur détermination à faire changer les choses.
Alors je me dis que rien n’est jamais perdu.
Loin d’être un frein au bonheur, l’espérance nous offre de croire en un avenir meilleur.
Je ne sais pas forcément pourquoi continuer à espérer, mais je sais avec qui j’ai envie de continuer d’avancer !
Suzanne Chevrel, présidente des Éclaireuses et éclaireurs unionistes de France

L’espérance, ça vient d’on ne sait où, ça va plus loin que nous.
Écrite en rouge, sur les murs des prisons, elle se nomme LIBERTÉ.
Écrite en transparence dans les yeux des enfants, elle se nomme VIVRE.
Écrite en bleu sur le gris de nos villages, elle se nomme HORIZON.
Écrite en blanc sur le noir de nos vies, elle se nomme ESPOIR.
Écrite en vert dans le jardin secret des quinze ans, elle se nomme AVENIR.
Écrite en demi-teinte sur le visage des gens seuls, elle se nomme AMOUR.
Écrite en rose sur les traits de nos mains, elle se nomme FRATERNITÉ.
Écrite en arc-en-ciel sur le soleil couchant, elle se nomme DEMAIN.
Michel Scouarnec
Version à télécharger et imprimable

Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

Abonnez-vous pour recevoir la Boussole

Suivez-nous sur les réseaux sociaux