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La Boussole

La Boussole I - 51

On survit… Comme tout le monde ?

Alors Élifaz de Témân prit la parole et dit à Job :
« Te met-il pour une fois à l’épreuve, tu fléchis !
Mais qui peut contraindre ses paroles ?
Tu t’es fait l’éducateur des foules, tu savais rendre vigueur aux mains lasses.
Tes paroles redressaient ceux qui perdent pied, tu affermissais les genoux qui ploient.
Que maintenant cela t’arrive, c’est toi qui fléchis. Te voici atteint, c’est l’affolement… »

La Bible, Job 4, 1-5
Une mosaïque représentant une spirale dans les tons bleus, vert rouge et jaune.
Tampa, Florida, USA – December 10, 2018: Glass tile swirl abstract outside the Glazer Children’s Museum in downtown Tampa

Chemins de réflexion

Je vis parce que tu es

Job vient d’exprimer sa douleur, sa plainte par rapport à ses souffrances.
Comme le sien, notre horizon semble rétréci, comme si ces murs autour de nous étaient si pesants que nous n’arrivions plus à regarder au loin.
À travers les prises de paroles de ses amis, le livre de Job résonne pour nous : brouhaha de commentaires, conseils souvent maladroits, tentatives vaines de justifier le mal et une généralisation de la souffrance de l’autre au prisme de la nôtre. Tous ces dialogues constituent pour nous aussi un cheminement de tristesse, de révolte, de questionnements par lesquels notre regard peut s’ouvrir.
Au fil de nos prises de conscience se révèlent les détresses, mais aussi les joies d’être et de se savoir ensemble, pour choisir la vie et s’ajuster en fonction du réel.
Ce trop vide a pu nous faire perdre de vue notre propre lumière, celle de notre monde, de notre humanité, celle qui nous a portés et qui nous aide encore à considérer chaque personne dans ce qu’elle vit, ici ou là.
Rémi Droin, pasteur à To7, Toulouse Ouverture

Ce trop vide a pu nous faire perdre de vue notre propre lumière, celle de notre monde, de notre humanité, celle qui nous a portés et qui nous aide encore à considérer chaque personne dans ce qu’elle vit, ici ou là

Se redécouvrir vivant et capable

Il y a seize ans, supportant mal de ne pas être à 100% de ma forme 24 heures après la naissance par césarienne de mon troisième enfant, j’entends une infirmière, adorable, me dire :
« Je suis sûre, madame le pasteur, que vous sauriez trouver les mots pour convaincre une paroissienne de se décentrer de sa frustration, voire de sa culpabilité, de ne pas être debout pour regarder son enfant, d’expérimenter la patience et d’accepter la dépendance. »
Encouragement plus positif, mais qui rejoint les paroles de l’ami de Job lui rappelant, avec un brin d’ironie, qu’avant sa maladie il savait donner des leçons aux autres !
Élifaz n’encourage pas, il juge. Pire : il présente la maladie comme une épreuve envoyée par Dieu.
Job ne répondra pas à Élifaz. Merci Job.
Retenons l’invitation à vivre de nos convictions et alors nous constaterons que nous vivons, vraiment !
Alors nous pourrons nous préoccuper plutôt de la vie des autres, ici comme au loin… par exemple, là où survivre c’est échapper aux massacres, à la famine, à la noyade en méditerranée…
Isabelle Bousquet. Fondation John BOST

Faire de sa vie plus qu’une survie

Vouloir réduire notre vie à une survie à cause de la pandémie et de ses conséquences paraît bien triste.
Cela est malheureusement vrai pour les personnes qui sont touchées par les formes les plus graves de cette maladie (ou d’une autre) et pour leurs proches.
Parfois, nous vivions avant ce fléau en étant capables d’écouter, de conseiller et même de réconforter d’autres, et maintenant nous nous trouvons faibles, troublés ou désemparés.
Sans nier la cruelle réalité de ces difficultés, elles peuvent nous conduire à une certaine humilité, bénéfique pour notre futur (« Moi aussi, j’ai vraiment besoin d’être aidé ! »).
Cela devrait aussi nous amener à réfléchir sur le sens de notre existence, afin qu’elle soit plus qu’une survie, même en ces temps incertains.
Et peut-être à découvrir que dans la foi en Jésus-Christ, nous trouvons d’abord une base solide, un appui réel pour notre existence.
Et que nous avons aussi en lui un ami fidèle qui sait toujours nous réconforter dans les temps de détresse. N’est-ce pas cela le plus important ?
Bruno Landais et Mario Holderbaum. Église Tzigane Vie et Lumière

Dieu, le printemps et la prochaine fête de Pâques nous racontent la vie  
qui gagne.
Nous, nous t’offrons le visage de nos désirs, l’esquisse de nos projets,
l’impatience de nos cris.
Apprends-nous à te rencontrer, toi le Vivant, dans les souffrances
et les soifs d’un monde qui se cherche.
Que cette année soit le tremplin d’une espérance donnée à chacun.
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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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