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La Boussole

La Boussole III - 16

Les vacances : quel regard je porte sur la nature ?

Car, depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité se voient dans ses œuvres quand on y réfléchit.

La Bible, Romains, chapitre 1, verset 20
Le ciel un matin,
Claire Tragel

Chemins de réflexion

Une immersion bénéfique !

L’été offre la possibilité de renouer avec notre environnement.
Excursions en montagne, balades à la campagne, promenades en forêts, bains de mer, découverte de nouveaux paysages… sont autant d’occasions de nous immerger dans la nature et de prendre un bon bol d’air.
En contact avec les animaux, les plantes, l’univers minéral, nous prenons conscience que nous appartenons pleinement à ce monde qui nous entoure.
Nous ne sommes pas en dehors, ni en surplomb ; nous sommes des êtres vivants parmi le monde du vivant, fragiles, mortels, traversés comme lui par une puissance de vie.
Un sentiment de petitesse peut alors nous envahir face à l’immensité de l’océan, face à l’infini du ciel, face à la hauteur des sommets. Qu’est-ce que l’homme ?
L’humilité nous remet à notre juste place, en même temps que l’émerveillement devant la beauté et la complexité du vivant nous saisit.
Et nous nous sentons invités, plutôt que de jouer aux apprentis sorciers, à être des jardiniers soigneux et appliqués de cette belle terre confiée par Dieu.

Denis Heller, pasteur, Fondation Diaconesses de Reuilly

L’humilité nous remet à notre juste place, en même temps que l’émerveillement devant la beauté et la complexité du vivant nous saisit.

Dieu se laisse percevoir

Dans sa lettre aux Romains, Paul partage son indignation face à tout ce qui n’honore pas Dieu, face à toute l’injustice, tous les actes, les comportements, les pensées qui ne sont pas porteurs d’amour. Tout cela ne dit pas la grandeur de Dieu ; tout cela ne remercie pas, ne reconnaît pas que l’humain est redevable à Dieu.
Pour Paul, nous sommes inexcusables, car Dieu montre sa faveur pour nous par ses œuvres dans le monde. Dieu n’est ni invisible, ni mystérieux, ni inaccessible. Il se laisse percevoir.
Nous pouvons contempler sa dynamique de vie. Nous pouvons saisir, par notre intelligence,
ce que Dieu nous donne, et nous pouvons en être pleinement reconnaissants : tel geste, telle parole qui portent en eux une puissance d’amour et de vie ; tel regard qui accueille et qui aime ; telle beauté qui émeut par sa pureté et sa finesse ; telle douceur qui prend soin, etc.
Laissons-nous toucher par Dieu qui se révèle dans le monde.

Bertrand Marchand, pasteur, Église protestante unie de France

Au plus près de la nature

Je me considère comme privilégié d’avoir été directeur du Liebfraunberg pendant tant d’années, d’autant que j’habite sur place avec ma famille.
Depuis quelques mois, mon départ approchant, je redeviens attentif à tous ces petits agréments que je ne retrouverai probablement pas ailleurs.
Le Liebfrauenberg bénéficie d’une exposition plein sud et d’une richesse agricole et forestière exceptionnelle. Certains nous envient ! De nombreux groupes d’arts calisthénics chinois viennent ici à cause des « ondes favorables ». Une fois cependant, une personne en séjour qui habitait dans une grande ville a quitté le lieu parce qu’elle ne supportait plus le silence et l’obscurité totale de la nuit.
Je me réjouis de cet équilibre entre biodiversité et lieu de vie. J’essaie d’y sensibiliser nos clients et les élèves des établissements que nous accueillons en collaboration avec la Maison de la nature locale, pour que leur regard se rassasie longtemps encore de cet étonnement quotidien.
J’ai toujours vécu les vacances au plus près de la nature. Hélas, la main de l’homme saccage la création. Il faudrait l’intervention de la main de Dieu pour sauver ce qui peut encore l’être, car tout seuls, nous n’y arriverons pas.

Frédéric Duchmann, directeur du Château du Liebfraunberg, hôtel associatif en Alsace

Seigneur, je sollicite ta présence. Je sollicite la grâce de la ressentir, 
pour qu’elle me permette d’être présent à moi-même ; à la respiration qui me traverse ;
à ma peau qui a chaud, qui a froid ; à mon corps parcouru de tensions ;
à ce qui fait de moi un être biologique, un élément de la nature, un vivant parmi les vivants.
Que cette présence me rende présent au soleil qui se lève, à la lune qui me regarde,
au vent qui souffle sur moi, à la plante qui souffre – comme moi – de la chaleur,
à l’arbre qui m’offre son ombre, au cri de la forêt qui flambe et des humains qui pleurent,
à l’oiseau qui chante et que je couvre du son de ma radio ou de ma télé…
Seigneur, en me rendant présent à moi-même, tu me rends présent à tous les vivants, et à toi…
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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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