Jésus s’est invité chez deux sœurs, Marthe et Marie.
La Bible, Évangile de Luc, chapitre 10, verset 40
Marthe s’affairait à un service compliqué. Elle survint et dit :
« Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissée seule à faire le service ?
Dis-lui donc de m’aider. »

Véronique Legros-Sosa
Chemins de réflexion
Panique à bord
Marthe s’affaire à de nombreuses tâches. Marie est assise ; elle écoute Jésus parler et laisse sa sœur travailler seule. Marthe veut bien faire et gère tout dans l’urgence ; elle en oublie de prendre le temps d’écouter son invité de dernière minute.
Le Seigneur est là ! Il faut bien faire à manger… Marthe s’inquiète et s’agite. Son état d’esprit empire ; et voilà qu’elle demande des comptes à Jésus sur l’attitude de Marie : « Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir ? »
Et moi, quel est mon état d’esprit quand je fais face à une surcharge de travail ?
Est-ce que je m’inquiète, s’il manque des remplaçants, m’escrimant à vouloir bien faire ?
Est-ce que je m’agite, plus que de raison, lorsque mes collègues sont en pause ou en vacances ?
Est-ce que je me laisse envahir par la panique, gagner par la révolte et la critique : « Mais que fait ma direction ? »
Souvent, je m’aperçois que je m’épuise avant même de commencer mon travail, déjà bien fatigant. Comment faire ?
Et si, comme Marie, je prenais ce temps à part pour écouter le Seigneur, pour m’écouter moi-même et revisiter ma vocation, mon engagement et ma motivation ?
Changer mon état d’esprit et assurer ce surcroît de travail, dans le calme et la paix. Là sera ma force.
Pierre-Jean Soler, accompagnant spirituel, Fondation de l’Armée du Salut
Et si, comme Marie, je prenais ce temps à part pour écouter le Seigneur, pour m’écouter moi-même et revisiter ma vocation, mon engagement et ma motivation ?
La meilleure part
Nous critiquons parfois l’attitude trop active de Marthe et les reproches qu’elle adresse à sa sœur, et à Jésus, mais sa demande d’aide est tout à fait légitime. Il est vrai que Jésus lui répond que « Marie a choisi la meilleure part, celle qui ne lui sera pas enlevée », celle qui consiste à écouter le Christ.
Mais nous sommes souvent semblables à Marthe, absorbés ou débordés par le travail, et généralement contre notre gré. Nous aimerions avoir plus de temps pour nous poser ou nous reposer, pour être à l’écoute des autres et de « la meilleure part », la Parole du Christ.
Sans doute nous faut-il apprendre à être à la fois Marthe et Marie, à être dans l’activité – nécessaire – à certains moments, mais aussi à mettre à part des temps de calme, de réflexion, d’écoute attentive de la Parole de Dieu.
C’est important, et même vital, de trouver ce difficile équilibre, de réussir à accorder de la valeur à ce qui est principal plutôt que secondaire, à ce qui essentiel plutôt que superflu.
N’hésitons pas à demander l’aide du Seigneur dans cette recherche.
Mario Holderbaum et Bruno Landais, pasteurs, Église tzigane Vie et lumière
Une question d’équité
Dans nos sociétés occidentales, et particulièrement dans notre pays, la durée du travail s’est progressivement allégée au fil des acquis sociaux, offrant de plus en plus de temps à la satisfaction de ses aspirations personnelles, un plus grand équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. C’est vrai pour la durée du temps de travail hebdomadaire autant que pour celle des congés payés.
Certaines institutions ferment au moment des congés, que tous prennent dès lors en même temps. Nombre d’autres, par nécessité ou par choix, continuent de fonctionner pendant qu’une part de leur effectif est en vacances. Pour autant que l’institution ne soit pas en état de sous-effectif permanent, des solutions d’organisation existent afin de ne pas imposer un surcroît de travail aux présents : réduction de l’activité, priorité accordée aux tâches selon leur urgence et leur importance, gestion des dates de congés, redéploiements internes des effectifs, recours à des personnels de remplacement…
Mais il n’est pas toujours possible d’éviter des surcharges de travail.
Reste alors à les assumer, sachant que l’on vient soi-même de rentrer de congés ou que l’on est sur le point de prendre les siens. C’est une question d’équité.
Jean Widmaier, administrateur, Fondation de la maison du Diaconat de Mulhouse
Seigneur, Tu sais combien nos activités finissent parfois par nous surcharger.
Aide-nous d’abord à faire face, du mieux possible, aux exigences de notre travail.
Aide-nous ensuite à trouver le bon équilibre dans nos vies, et surtout à savoir passer du temps à l’écoute de l’essentiel : ta Parole.
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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.