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La Boussole

La Boussole I - 36

La collectivité me protège-t-elle ?

En ce temps-là, Jésus traversait des champs de blé un jour de sabbat. Ses disciples eurent faim ; ils se mirent à cueillir des épis et à les manger.
Quand les pharisiens virent cela, ils dirent à Jésus :
« Regarde, tes disciples font ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ! »

La Bible, évangile de Matthieu, chapitre 12, versets 1 et 2
Une mosaïque représentant une spirale dans les tons bleus, vert rouge et jaune.
Glass tile swirl abstract outside the Glazer Children’s Museum in downtown Tampa, , Florida, USA

Chemins de réflexion

Le règlement ou la vie ?

Comment sortir de ce débat qui nous divise ? L’un dit ceci :
« Pour éviter la contamination de la Covid, c’est normal de fixer des règles, non ?- Oui, mais le gouvernement nous infantilise : ailleurs moins de règles et aussi moins de contamination.- Les Français adorent contourner les règles.- Ne généralisons pas. Il y a des situations absurdes et inhumaines : par exemple, pourquoi avoir interdit aux familles de s’approcher de leurs parents dans les EHPAD ? – On ne peut pas tout régler dans les détails…- Justement ! Qu’ils nous laissent prendre nos responsabilités ! »
La discussion est sans fin. Comment en sortir ?
Jésus n’était pas contre la loi de Moïse mais, dans les situations concrètes, il la contournait selon une autre justice, celle de Dieu qui veut la vie de tous.
Quand les disciples mouraient de faim, ne fallait-il pas qu’ils se nourrissent du blé des champs, même le jour de sabbat ?
Entre le légalisme parfois inhumain, et la liberté parfois irresponsable, la sagesse de Dieu nous éclaire : Il nous veut vivants, et responsables de nos frères.
Christian Tanon, Église protestante unie de France

Entre le légalisme parfois inhumain, et la liberté parfois irresponsable, la sagesse de Dieu nous éclaire : Il nous veut vivants, et responsables de nos frères

Opter pour la vie

Au temps de Jésus, les pharisiens sont, parmi les Juifs, ceux qui respectent le plus scrupuleusement la loi religieuse. Ils ont le souci de son application au quotidien, dans toutes les situations.
Il est inimaginable pour eux de s’en écarter.
Alors, voir cette loi enfreinte est choquant, car c’est offenser Dieu.
Sans doute pouvons-nous être choqués aussi quand des règles sanitaires ne sont pas respectées en ce temps de pandémie.
Est-ce une offense à moi qui fais mon possible ?
Une offense aux soignants qui s’épuisent ?
Une offense à l’ensemble de la société qui se bat contre la pandémie ?
Vivre en société nous engage les uns envers les autres.
Quand il s’agit de préserver la vie, chacun est appelé à la responsabilité vis-à-vis de l’autre.
Jésus répond aux pharisiens qu’il existe toujours des exceptions à une loi, parfois clairement établies, parfois improvisées.
Ces exceptions optent toujours pour la vie, mais pas seulement biologique, la vie relationnelle aussi.
Bertrand Marchand, Église protestante unie de France

Jésus venu pour tous, reçu par chacun

Comme moi, vous avez sans doute pu faire l’expérience déstabilisante et paradoxale, au cœur d’une foule immense, d’une sensation de solitude plus immense encore.
Ce sentiment étrange et pénétrant, comme dirait le poète, expérience qui fonde en nous la prise de conscience que la collectivité ne fait pas tout.
Pour Piaf, c’est être perdue parmi ces gens qui me bousculent. Étourdie, désemparée, je reste là.
Mais pour continuer finalement par être emportés par la foule qui nous traîne, nous entraîne.
Écrasés l’un contre l’autre, nous ne formons qu’un seul corps.
Et 2020 : tous confinés et parfois seuls, chacun tellement seul avec tous les autres.
Dans ce temps de l’Avent, nous préparons la fête de la naissance de Jésus venu, disent les évangiles, pour dire la présence de Dieu au milieu de l’humanité, de toute l’humanité, de la foule.
Se replonger dans les récits de sa naissance, de sa vie, de ses rencontres, de sa mort et de sa résurrection, c’est découvrir son invitation à faire un choix personnel : le suivre ou non.
Un choix personnel sans sortir de la foule, de l’humanité, de notre temps, de ses soucis.
Alors la foule n’écrase plus, elle est le lieu où, avec Jésus, je peux dire « Je… »
Jean-Luc Gadreau, Fédération des Églises évangéliques baptistes de France

Seigneur, mon Dieu, je me sens parfois si vulnérable face à la pandémie.  
J’ai besoin de me sentir protégé par les autres.
J’ai besoin de ressentir que je compte pour l’autre et qu’il prendra soin de moi.
Aide-moi à garder confiance en l’autre.
Mais, je sais que l’autre compte aussi sur moi.
Donne-moi de rester vigilant, de considérer ses craintes et de chercher à les apaiser.
Je voudrais être à ses côtés comme un soutien,
et que nous puissions l’un et l’autre choisir la vie !
Amen

Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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