Agrandis la tente où tu vis, tends des toiles supplémentaires, ne regarde pas à la dépense.
La Bible, Ésaïe, chapitre 54, verset 2
Allonge les cordes de ta tente, consolide les piquets.

Marie-Hélène Vallade Huet
Chemins de réflexion
Ouvrir la fenêtre
Une demande de formation, qu’elle soit liée à mes activités professionnelles ou bénévoles,
naît souvent du désir de mieux assumer mes responsabilités. M’engager dans une formation
implique une certaine remise en question. Ma motivation peut être un sentiment d’échec
ou l’envie de me mettre en mouvement, d’aller de l’avant.
La formation peut m’aider à progresser dans la maîtrise de certains gestes, activités ou
relations pour mon propre épanouissement mais aussi pour contribuer au bien-être de ceux
qui m’entourent et que je cherche à servir. Elle peut même conduire à la prise de conscience
qu’un rôle ne me correspond pas.
Les formations ne sont pas toutes professionnelles. Je pense à celles et ceux qui se forment
dans des domaines artistiques ou fréquentent les universités du temps libre, sans autre
objectif que la joie de l’aventure. La formation est alors un voyage de découverte
enrichissant.
Qu’elle soit professionnelle ou personnelle, la formation me change et m’enrichit – même
celle qui me révèle une « erreur de casting ». Elle impose un bilan nécessaire et m’invite
à faire ou vivre autrement, de façon plus épanouie.
La formation est souvent la fenêtre ouverte par laquelle s’engouffre l’air frais
du renouvellement dans ma vie et mes engagements.
Alison Wyld, pasteure, Église Baptiste de Morlaix-Roscoff
Qu’elle soit professionnelle ou personnelle, la formation me change et m’enrichit
Oser la nouveauté
Il arrive que l’espace où je vis, où je travaille, devienne de plus en plus étroit.
J’ai l’impression d’étouffer : je me cogne à ceux qui m’entourent, il n’y a plus d’intimité pour moi. La vision de mon travail se restreint. Tout devient petit : déception, colère et frustration sont au rendez-vous !
Cet appel du prophète à ouvrir l’espace de ma tente me parle ! Il m’invite à prendre conscience de mes manques, de mes limites.
Il m’invite à changer quelque chose, à m’ouvrir à la nouveauté. Je peux m’attendre à découvrir un nouvel horizon que je ne connais pas encore. Et à faire des rencontres, qui comportent leur lot de surprises.
Élargir ma tente ? Planter des piquets ? Et si je me formais ?
J’ai rencontré des passionnés de la formation, et aussi des personnes opposées à toute offre dans ce domaine, qu’elle soit diplômante ou non. Pourtant la formation est une occasion unique de sortir de sa routine, de se recentrer ou de consolider ses acquis, selon ses besoins. Aucune formation ne ressemble à une autre.
Il y a toujours quelque chose à prendre, à apprendre. Parfois là où on ne l’attend pas.
Alors, un petit pas dans la nouveauté ?
Éliane Wild, aumônier de l’Uepal en retraite
Rester vivant
Diriger une maison d’enfants à caractère social (MECS) et travailler dans la protection de l’enfance, c’est marcher sur du sable mouvant. Rien n’est jamais figé : les lois, les regards, les problématiques, les blessures.
Se former, c’est planter des balises dans ce sol instable.
Un matin, un jeune m’a demandé s’il avait le droit de se faire baptiser alors qu’il était placé.
Plus tard, une éducatrice m’a interrogé, hésitante : « Pourrait-on fêter l’Aïd cette année avec les enfants du groupe ? »
Les jeunes et les professionnels ont compris le projet de l’établissement. Nous accueillons les pratiques spirituelles des jeunes sans jamais renier le principe de laïcité, convaincus que la laïcité n’efface pas les croyances mais promeut la tolérance et le respect.
Mais étais-je certain de bien comprendre la laïcité ?
Lorsque je me suis formé aux valeurs de la République et à la alïcité avec la FEP, il y a un mois, j’ai senti certaines de mes certitudes craquer comme du vieux bois sous la pluie. Se former, c’est refuser de devenir une pierre sèche. Nos jeunes sentent l’usure, le faux, l’incertitude, l’autorité qui se délite. Ils testent nos promesses comme on tape du pied sur un vieux pont suspendu.
Alors oui, je me formerai encore pour apporter les bonnes réponses, dans le bon cadre. Oui, je me formerai encore pour évoluer, rester vivant.
Se former, c’est choisir de ne jamais finir de grandir.
Sébastien Decoster, directeur de la Maison d’enfants Le Bercail à Guebwiller (68)
Seigneur, j'ai envie d'être tes mains et tes pieds
mais je rechigne souvent à me former.
J’ai pourtant tellement à apprendre,
des autres, de la vie, de toi…
Pourrais-tu m’aider, s’il te plaît, à sortir de mon train-train,
à me laisser enseigner, façonner, instruire,
pour que je puisse toujours mieux te servir ?
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.