Maintenant, ces trois choses demeurent […]
La Bible, 1 Corinthiens, chapitre 13, verset 13
mais la plus grande des trois est l’amour.

Claire Biette
Chemins de réflexion
Des résolutions sont à notre portée
Notre société a l’habitude d’imaginer l’amour comme quelque chose qui ne se commande pas,
nous tombe dessus, et que nous ne maîtrisons pas. C’est le fameux coup de foudre.
Il s’agit, bien sûr ici de l’amour romantique, fondé en général sur l’attirance physique.
Heureusement, l’apôtre ne parle pas de romance quand il nous encourage à vivre dans l’amour
mais de ce sentiment profond et fraternel, inspiré et modelé sur l’amour de Jésus pour ses amis.
Un amour qui se donne sans rien attendre en retour.
Paul nous prodigue des conseils pratiques pour avancer dans cette vie marquée par l’amour.
C’est en s’exerçant à la patience, en se comportant avec bonté que cet amour s’apprend.
C’est en refusant la jalousie, l’égoïsme, la rancune et l’irritation. C’est en cherchant et se réjouissant dans la vérité.
Nous ne sommes pas maîtres de nos sentiments, mais de telles résolutions – et les actions
qu’elles produisent – sont à notre portée. Et, fait étrange, quand nous suivons ces recommandations, quand nous nous appliquons à nous comporter avec bonté et patience à l’égard de nos prochains, très souvent l’affection et la tendresse s’installent dans nos coeurs pour les personnes que nous côtoyons.
Alison Wyld, pasteure, Église Baptiste de Morlaix-Roscoff
Lorsque je trébuche ou tombe, je me rappelle que j’ai été aimée en premier.
Aimer est un apprentissage de chaque instant
« Est-ce que l’amour s’apprend ? » me suis-je demandé en présence de personnes cruellement privées d’amour dans leur enfance ou en constatant mes propres difficultés à aimer. L’amour est si important que la Bible en fait un commandement : aimer son prochain comme soi-même.
Aimer n’est pas seulement une émotion. Aimer n’implique pas non plus un bonheur sans souffrance. On dit qu’en Afrique, c’est tout un village qui éduque un enfant. Pour apprendre à aimer, j’ai besoin moi aussi d’une multitude d’autres.
Aimer est un apprentissage de tous les jours et de chaque instant. Sur ce chemin, je dois me défaire de mes représentations idéalisées. Mon défi est d’aimer avec toutes mes fragilités et dans le quotidien de ma vie mouvementée.
Aimer est un long voyage qui s’ouvre à moi. J’essaie de semer des graines, des paroles, des petits gestes qui feront croître l’amour, parfois à mon insu.
Marcher dans les pas de ceux qui ont semé avant moi m’a déjà transformée. Et lorsque je trébuche ou tombe, je me rappelle que j’ai été aimée en premier. Que tout ne dépend pas de moi et de mes efforts. Et que l’amour demeure le plus fort.
Éliane Wild, aumônier de l’Uepal
La vie m’a confronté à mes limites
Est-ce que j’aime spontanément tous ceux qui me sont proches ? Spontanément je dirais plutôt non… la vie avec mon épouse et mes enfants m’a confronté à mes limites ; j’ai regretté qu’il n’existe pas une « École des hautes études de l’amour ».
Le vendredi, je sers des petits déjeuners dans une association pour des sans-logis ; je suis disponible pour les écouter et l’un d’eux m’a remercié d’avoir été attentif à lui parce que « personne ne le voit ». J’ai été touché mais je sais pertinemment que si je le croisais dans le métro, je pourrais l’ignorer.
Dans le groupe de l’aumônerie, je côtoie des équipiers qui savent se rendre proches des personnes en situation de handicap. Ils ont une posture ajustée, des paroles à propos. Est-ce dans ma nature d’aimer ? L’amour pour l’autre est-il inné ? Apparemment oui !
Des gens savent aimer là où je semble galérer. On ne peut donner que ce que l’on a reçu. J’ai beaucoup reçu pourtant, je devrais pouvoir donner. Je me demande parfois ce que je communique. Essayer d’imiter ceux qui savent aimer n’est pas d’une grande aide ; j’essaie seulement d’être moi-même.
Je suis souvent émerveillé par la capacité d’aimer des personnes en situation de handicap :
elles sont sans filtre, pleines d’attention, de respect, de sensibilité. Je veux apprendre à vivre cet amour pour le prochain, à aimer au quotidien.
Étienne Nussbaumer, bénévole à l’aumônerie de l’AEDE, ESAT et Foyer d’accueil
Ô mon Dieu, merci parce que tout a commencé le jour où tu nous as aimés,
avant même que nous le sachions.
Pardon parce que nous ne savons comment répondre à ton amour.
Pardonne-moi parce que je n'aime pas celui que tu mets à côté de moi.
Mais voilà que tu nous as aimés, moi dans ma faiblesse et lui que je regarde sans tendresse.
Seigneur, je suis impardonnable et tu me pardonnes encore.
Personne ne m'a jamais aimé comme toi tu m'aimes.
Pour tant d'amour, merci.
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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.