C’est par la grâce que vous êtes sauvés,
La Bible, Éphésiens, chapitre 2, versets 8 et 9
par le moyen de la foi […].
Ce n’est pas par les œuvres,
afin que personne ne puisse se vanter.

Claire Tragel
Chemins de réflexion
Être plutôt que faire
J’ai récemment rencontré une personne en recherche de Dieu. Elle a toutes sortes de questions : faut-il se procurer une bible ? la lire ? de quelle manière ? et la prière, comment fait-on ? et l’église, vous y allez ?…
Que répondre ? « Voici ce que Dieu attend de vous et vous avez intérêt à le faire » ou bien
« Voilà la bonne manière dont je pratique ma religion » ? Faire est-il suffisant ? S’il faut faire le bien pour être bien vu de Dieu, je ne suis pas sûr d’en être capable.
Mon employeur attend de moi que je mette mes compétences à son service. Mais nous
ne sommes pas employés par Dieu. En tant que père, j’attends de mon fils qu’il grandisse.
Et mon fils a besoin de sécurité affective et d’amour pour s’épanouir en confiance. L’amour que je prodigue à mon fils n’est pas méritoire. Je l’aime indépendamment de son obéissance et malgré ses « bêtises » et ses erreurs sur le chemin de la croissance.
Quand Dieu dit qu’il veut nous sauver par le moyen de sa grâce, je comprends qu’il aspire
à nous voir grandir humainement et spirituellement, et cela se produit à travers une relation
faite de bienveillance, de pardon, d’encouragement et de conseil.
Si tout dépend de moi et de mes œuvres, alors il n’y a aucun intérêt à connaître Dieu. Ce que Dieu attend : que nous vivions en relation avec lui.
Charles-Édouard Doublier, animateur de l’accompagnement spirituel,
Armée du Salut
Ce que Dieu attend : que nous vivions en relation avec lui.
Croire et demeurer fidèle
La question nous amène à réfléchir à notre conception de Dieu. Ne l’imaginons pas distant, voire indifférent à notre attitude ; il attend des réponses de notre part aux questions que sa Parole suscite en nous. En d’autres termes, nous sommes poussés à nous interroger personnellement sur la volonté de Dieu à notre égard.
La Bible nous répond à travers la plume de Paul : Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. L’apôtre nous rappelle que ce salut s’obtient par grâce, comme un cadeau, indépendamment de nos œuvres. Dieu attend que nous acceptions son invitation par le moyen de la foi. Pour être reçu, ce don doit être saisi avec confiance :
Dieu accomplira ses promesses. Il nous appelle aussi à demeurer fidèle, à accepter sa volonté même quand elle s’oppose à la nôtre : cette fidélité s’éprouve avec le temps et se prouve quotidiennement, auprès de ceux que nous côtoyons, par notre conduite, nos paroles et nos actes. Ils sont les fruits de notre foi.
Puissions-nous chaque jour faire nôtres les paroles prononcées par Jésus, au moment de son arrestation : « Non pas ma volonté, Père, mais la tienne ! »
Mario Holderbaum et Bruno Landais, pasteurs, Église tzigane Vie et Lumière
La grâce habite nos œuvres
Si nous sommes sauvés par la grâce, les œuvres sont-elles inutiles ? Ma foi ne s’exprime-t-elle pas aussi par ce qu’elle me conduit à faire : accueillir l’autre fraternellement, partager mon repas avec un migrant sans papier, rire avec un voisin d’un quartier sensible, aider un enfant à réciter sa leçon, prendre un café avec cette femme isolée… ?
Les petits bonheurs partagés, la joie que m’apporte la rencontre avec les personnes rencontrées à la Fraternité, sans condition ni préjugé, sont autant d’invitations à aimer mon prochain. Car la grâce du Dieu d’amour, qui connaît chacun de ses enfants par son nom, est bien au cœur de nos actions. La grâce est dans le sourire de cette femme qui ose prendre la parole alors qu’un mari violent lui a fait croire qu’elle n’était rien. La grâce se dissimule dans les larmes de joie de cette autre qui voit la mer pour la première fois lors d’un séjour de vacances. La grâce est dans mon cœur qui bat avec celui de cette famille qui découvre le récépissé de titre de séjour tant attendu.
La grâce est là, dans les accolades, les rigolades, les repas préparés ensemble, les amitiés qui se lient, les nouvelles pages de vie qui s’écrivent à plusieurs mains.
La grâce, c’est cet amour réciproque qui réchauffe celui qui reçoit autant que celui qui donne.
La grâce est dans nos œuvres et nos œuvres sont le reflet de la grâce.
Véronique Mégnin, bénévole à la Frat’Aire Mission Populaire du Pays de Montbéliard (25)
Merci Seigneur pour ce don gratuit du salut
que tu proposes à chacun et chacune.
Nous voulons le saisir avec foi, avec une entière confiance,
tu accomplis toujours tes promesses.
Aide-nous à accepter ta volonté, à te rester fidèles chaque jour,
comme une preuve de notre foi
malgré nos faiblesses et nos manquements.
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.