Puis Moïse vint adresser ces paroles à tout Israël.
La Bible, Deutéronome, chapitre 31, versets 1 à 3
Il leur dit : « J’ai aujourd’hui cent vingt ans : je ne suis plus capable de tenir ma place, et le Seigneur m’a dit : « Tu ne passeras pas ce Jourdain que voici ! »
C’est le Seigneur ton Dieu qui va passer devant toi… »

Chemins de réflexion
S’arrêter en chemin
Voici qu’après avoir quitté son confort, après avoir guidé tout un peuple dans le Désert, de l’esclavage à la liberté, Moïse doit interrompre son chemin.
Voici qu’après avoir beaucoup donné de sa personne, après avoir été choisi pour mener à bien une mission importante, Moïse est mis de côté. On lui demande d’en rester là, de ne pas aller jusqu’au bout de sa mission.
Quelle frustration !
La crise que nous traversons nous pousse bien souvent, malheureusement, à stopper nos engagements. On doit en rester là, ne pas aller plus loin. Rester sur le bord du chemin et regarder les autres continuer sans nous.
C’est alors pour certains l’apprentissage de l’humilité face à ce qui nous dépasse. Il est précieux de savoir accepter de s’arrêter, de faire une pause ou de passer le relais.
Car comme Moïse aura un successeur en la personne de Josué, nous aussi nous pouvons avoir confiance et songer que la route peut continuer sans nous, dans le même esprit et vers le même but…
Pierre-Adrien Dumas, Église protestante unie de France
Nous aussi nous pouvons avoir confiance et songer que la route peut continuer sans nous, dans le même esprit et vers le même but
Une place nouvelle
Difficile d’abandonner son engagement quand on y a mis tout son coeur.
Après des jours, des nuits, des années à avoir accompagné des projets, tout s’arrête.
Et après, qui va prendre le relais ? Est-ce normal d’arrêter maintenant ?
Rien ne présageait de cet arrêt et aujourd’hui dans cette situation exceptionnelle, un vide…
Une place, un espace pour autre chose.
Une place pour une autre étape, pour que du nouveau puisse se vivre.
Merci ! Chacun, chacune peut considérer toute la gratitude de ce qui a été reçu, accompli, vécu.
Reconnaissance réciproque de tous ceux et celles à qui nous avons apporté, les sourires, les joies, les partages, l’investissement. Merci !
Moïse laisse sa place. D’autres pourront passer ce Jourdain ! Il laisse une place, un espace,
dans la confiance que la vie, Dieu, pourra insuffler sa présence pour que ces graines semées portent du fruit et que le chemin continue pour le peuple, certes, et pour lui aussi savourer ce qu’il a à vivre. Rémi Droin, Église protestante unie de France. Toulouse Ouverture- To7
Recevoir la reconnaissance de Dieu
Pauvre Moïse ! Tous ses efforts étaient tendus vers un seul but : conduire son peuple jusqu’à la terre promise où « coulent le lait et le miel ». Après avoir tourné 40 ans dans le désert, le peuple se presse à la frontière et s’apprête à passer le Jourdain. Et voilà que Dieu le déclare inapte car trop âgé. Frustration !
Comme celle des bénévoles devant cesser leur engagement pour raison de santé, d’âge ou parce que leur organisation les y oblige.
Certains le vivent très mal : « On n’a plus besoin de moi, alors je sers à quoi ? Je me suis donné à fond toutes ces années… et après ? »
Ceux-là ont particulièrement besoin d’être reconnus par leur association au moment du départ.
Cette reconnaissance peut aussi venir de Dieu, sous des formes très variées : une rencontre qui vous remet en selle pour un engagement nouveau, une parole reçue d’un autre qui donne du sens à ce changement de vie.
Avant sa mort, l’Éternel a béni Moïse en lui disant que tous ses efforts n’avaient pas été vains mais qu’ils porteraient des fruits.
Christian Tanon, Église protestante unie de France. L’escale
Viens à mon aide, Seigneur.
Je viens d’arrêter mon engagement et je me sens tout d’un coup très seul(e),
désoeuvré(e), inutile.
Ne m’abandonne pas !
Tu connais mon coeur, Seigneur : j’ai besoin de donner de mon temps,
d’aider l’autre qui est en difficulté ! J’ai besoin aussi de relation fraternelle
avec d’autres qui partagent les mêmes valeurs d’humanité !
Aide-moi à rebondir, à retrouver un sens à ma vie de tous les jours.
Les conditions ont changé, je ne pourrai plus m’engager comme avant.
Mais avec ton aide, Seigneur, j’ai l’espoir de trouver
une autre manière d’aimer et d’être aimé.
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.