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La Boussole

La Boussole III - 42

Comment aimer ceux qui me détestent ?

Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent.

La Bible, Évangile de Matthieu, chapitre 5, verset 44
Prière,
Marie-Hélène Vallade-Huet

Chemins de réflexion

L’amour, une force de combat

Cette parole de Jésus est une injonction à aimer mes ennemis et à prier pour eux.
Jésus me demande d’aimer ceux qui me veulent du mal. C’est à contre-courant des intentions de mon cœur humain. Il est tellement plus facile d’aimer uniquement ceux qui nous aiment !
L’image, souvent caricaturale, du « gentil chrétien » qui se laisse frapper en tendant l’autre joue fait partie des clichés. Pourtant, Jésus m’invite à ne pas répondre à la haine par la haine mais, au contraire, à m’engager sur le chemin de la bénédiction de l’autre, fût-il mon ennemi.
Aimer mon ennemi, celui qui me déteste, ne veut pas dire que j’approuve ses actes, cautionne ses paroles, souscris à ses attitudes ou ses idées.
Face à l’ennemi, il me faut de l’audace, passer à l’action et dégainer mon arme : l’amour.
Pas un amour qui viendrait de mon propre cœur ou serait le fruit de mes efforts mais l’amour qui émane de Jésus.
L’amour est une arme pour moi, mais il est désarmant pour celui qui me déteste.
Il me permet de lui prodiguer du bien, de prier pour lui.
Être animé par l’amour de Jésus, quelle force dans le combat à mener !
Pierre-Jean Soler, accompagnant spirituel, Fondation de l’Armée du Salut

L’amour est une arme pour moi, mais il est désarmant pour celui qui me déteste

La prière, un recours précieux

Cette parole de Jésus est exigeante et dérangeante. Elle nous met au défi ; elle nous semble impossible à mettre en pratique. Mais cette parole est aussi profondément réaliste – car Jésus reconnaît qu’aucun individu ni aucune organisation n’est à l’abri d’éprouver de la haine.
Quand on expérimente la haine, on est souvent tenté de se défendre en rendant hostilité pour hostilité, pique pour pique. Ou bien on choisit la fuite, on évite le contact, par peur de l’autre.
Le chemin proposé par Jésus est plus difficile, mais aussi plus constructif.
Si l’amour nous semble impossible, la prière reste toujours à notre portée.
Nous pouvons demander à Dieu de bénir la personne et ses proches. Nous pouvons aussi l’implorer de venir à notre secours pour guérir la relation et nous montrer une voie de restauration. Nous pouvons enfin l’inviter à changer notre attitude, pour enlever toute hostilité et toute crainte, pour que l’amour prenne sa place.
Prier pour l’autre n’exclut pas de marquer nos limites. Nous solliciterons l’aide d’un tiers et impliquerons les autorités si besoin. Mais même dans ces situations, la prière peut renouveler les orientations de notre cœur, nous libérer de nos emprises, et transformer nos situations de vie.
Alison Wyld, pasteure, Église Baptiste de Morlaix-Roscoff

Bienveillance et fermeté, un vrai défi

J’ai été confrontée à l’agressivité d’une jeune femme accueillie dans notre foyer.
Elle est souvent très véhémente avec le personnel éducatif. La semaine dernière, elle m’a jeté à la figure qu’elle me détestait et m’a insultée. Sur le moment, j’ai été heurtée par la violence de ses propos.
Mais la conscience professionnelle a très vite pris le dessus. J’ai mis ces débordements sur le compte de ses fragilités psychologiques et de son rapport difficile à l’autorité. Ce qui n’excuse pas son attitude.
Je crois qu’il faut passer par-dessus son ressenti, se (re)positionner en tant que professionnel, rester bienveillant, mais ne rien lâcher au niveau du respect des règles de vie. J’ai relaté l’incident à l’équipe psycho-éducative et au directeur ; la jeune femme a été convoquée et priée de s’excuser, ce qu’elle a fait. Le lendemain, nous avons reparlé de l’incident. Pour avancer, évoluer, il est essentiel de poser des mots, d’essayer de comprendre le pourquoi de la colère, la violence, la haine.
Prendre en compte les souffrances de l’autre tout en restant ferme est un défi.
Je pense qu’on peut aimer et, en même temps, exiger le respect du cadre. Je préfère dire « considérer ».
Aimer, le terme est très fort. D’autant plus quand il s’agit d’aimer ses ennemis. C’est un long cheminement.
Jeanne D., éducatrice spécialisée, foyer de vie pour adultes dans les Hautes-Pyrénées

Seigneur, merci pour ton écoute chaque fois que je m’adresse à toi.
Tu es mon Dieu qui prend soin de moi.
J’ai besoin d’être renouvelé dans mon amour pour ceux qui me détestent.
Besoin d’un cœur transformé par l’action de ton Saint-Esprit.
Donne-moi la force d’apprendre à aimer toujours plus mon ennemi.
Que la haine ne se répande pas en moi.
J’ai besoin de toi pour avancer sur le chemin et les choix de vie
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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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