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La Boussole

La Boussole I - 27

Avec nos rapports au risque différents, comment faire équipe ?

Les disciples sont dans la barque et la tempête se lève.
Jésus vient à leur rencontre en marchant sur l’eau.
« Viens ! » répondit Jésus.
Pierre sortit de la barque et marcha sur l’eau pour aller vers Jésus. Mais quand il vit la violence du vent, il eut peur.
Il commença à s’enfoncer dans l’eau et s’écria : « Seigneur, sauve-moi ! »

La Bible, évangile de Matthieu chapitre 14, verset 29
Une mosaïque représentant une spirale dans les tons bleus, vert rouge et jaune.
Glass tile swirl abstract outside the Glazer Children’s Museum in downtown Tampa, Florida, USA

Chemins de réflexion

Tantôt courageux, tantôt paniqués

Ma collègue me dit avec une légère ironie dans la voix : « Tu en prends, des précautions ! »
Alors je lui réponds du haut de ma sagesse : « C’est important de prendre soin des autres… »
Petites phrases délétères, coups d’oeil soupçonneux…
La confiance est vite rompue, et faire équipe peut alors s’avérer difficile.
La société tout entière souffre des clivages comme jamais, face à un risque difficile à évaluer.
Pourtant, ne sommes-nous pas tous comme Pierre, tantôt pleins de courage, et tantôt paniqués quand le vent commence à souffler ?
Telle est la marque de notre condition humaine, fragile, précaire, et pourtant capable du meilleur.
La menace qui touche hommes et femmes sans distinction de pays, de couleur de peau, de religion, nous fait redécouvrir ce qui nous unit : notre commune humanité.
Alors, si je regardais les autres avec bienveillance, sans esprit de jugement ?
Après tout, c’est au service de cette humanité imparfaite mais merveilleuse que nous nous battons tous, soignants, bénévoles, responsables…
Christine Renouard, Église protestante unie de France

La menace qui touche hommes et femmes sans distinction de pays, de couleur de peau, de religion, nous fait redécouvrir ce qui nous unit : notre commune humanité

Des différences inattendues !

La pandémie actuelle nous fait traverser une situation totalement inédite.
À circonstances nouvelles, comportements nouveaux.
Nous pensions bien connaître tel ou tel membre de notre famille, tel ou tel collègue de travail.
Mais la crise sanitaire nous amène tous à faire face au risque et parfois à côtoyer le danger.
Et quelle n’est pas notre surprise de découvrir des aspects insoupçonnés de personnalités fréquentées pourtant depuis longtemps : certains se comportent de manière totalement insouciante, voire irresponsable, alors que d’autres se montrent apeurés voire tétanisés.
Il serait si facile de juger et de leur coller une étiquette sans les écouter, ni chercher à comprendre le pourquoi de leurs attitudes.
Sur ce terrain de la peur, il est difficile de se parler, de raisonner.
Nous avons tous en nous, comme Pierre, une part de courage et une part de peur.
Cheminer ensemble sans invective, dans l’écoute et le respect mutuel, peut permettre de trouver un terrain d’entente et de confiance.
Denis Heller, Fondation Diaconesses de Reuilly

Si l’un flanche, l’autre soutient

« Viens ! » Et Pierre vint.
L’appel auquel Pierre répond n’est pas anodin ; il comporte des risques. Pierre est appelé à s’avancer sur la mer, symbole de mort, car la mer peut engloutir.
Et Pierre s’y engage. Oui, il fait confiance ! Mais la profondeur du risque est sous ses pieds.
Alors faut-il lui reprocher que la peur le prenne subitement à la gorge ? Il s’écrie : « Seigneur, sauve-moi ! »
Le risque, chacun l’évalue pour soi-même en fonction de son histoire de vie.
Ai-je déjà été confronté à la mort, de loin ou de près ? Quelle ampleur ce risque prend-il alors pour moi ?
Si je l’imagine sans fond, comment puis-je résister à l’angoisse d’y sombrer ?
Dans cette histoire, c’est la confiance qui vient sauver Pierre, la confiance ancrée en Jésus.
La confiance m’est donnée par l’autre.
Nous pouvons nous appuyer les uns sur les autres pour nous redonner mutuellement confiance.
Si l’un flanche, l’autre soutient.
Ensemble nous pouvons traverser le risque de la mort en restant debout.
Bertrand Marchand, Église protestante unie de France

Seigneur, mon Dieu, j’ai besoin que ma peur soit accueillie quand je perds pied,
et je peux être celui, celle qui accueille la peur de l’autre quand je me sens assuré·e.
J’ai besoin de pouvoir compter sur les autres quand la confiance me manque,
de trouver en l’autre cette confiance
qui me permet de continuer mon engagement
et je peux devenir à mon tour un soutien et un relais de ta force de vie,
car c’est toi qui nous en donnes la capacité.
Merci pour toutes celles et tous ceux que tu places autour de moi pour me soutenir.
Merci de me donner de soutenir les autres.
Merci de nous avoir fait interdépendants pour que nous prenions mutuellement
soin les uns des autres.

Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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