Ne ralentissez pas votre élan,
La Bible, Romains, chapitre 12, versets 11 à 13
restez dans la joie de l’espérance ! […]
Partagez avec ceux qui sont dans le besoin,
pratiquez l’hospitalité avec empressement.

Véronique Legros-Sosa
Chemins de réflexion
Une bonne nouvelle…
Le temps de Noël, pour la plupart des femmes détenues que je rencontre en tant qu’aumônier, n’a pas été un moment de joie. En effet, Noël, qui représente pour beaucoup une période de fête, de réjouissances et de retrouvailles est, pour les femmes incarcérées, un temps ou la séparation d’avec leurs proches devient source de souffrance et de profonde tristesse, plus encore qu’à l’ordinaire.
Alors après Noël, que reste-t-il ? Que me reste-t-il ? Que leur reste-t-il ? Souvent, lors des premières rencontres, les femmes me demandent pourquoi je viens leur rendre visite en prison. Je leur réponds : « Je viens vous rencontrer pour vous dire que vous n’êtes pas oubliée et, surtout, que Dieu ne vous a pas oubliées ».
Je suis convaincue que, plus que jamais, ces femmes ont besoin d’entendre le message d’espérance que Jésus est venu apporter. Noël me permet de croire et de proclamer avec force cette bonne nouvelle : Jésus est venu partager notre vie d’hommes et de femmes, Dieu n’a pas oublié le monde, il n’oublie pas ces femmes !
Pour elles comme pour chacun de nous, il est celui qui peut ouvrir des chemins d’espérance.
Après ce temps de Noël, si sombre et douloureux pour ces femmes détenues, les paroles de l’apôtre Paul résonnent d’un écho particulier : « Partagez avec ceux qui sont dans le besoin. »
Rolande Ribeaucourt-Pailleux, aumônier des prisons
Dieu agit, bien au-delà de nos pensées.
Un nom au-dessus de tout nom
À Noël, Dieu naît. Au milieu de la foule réunie, Dieu, pour se faire reconnaître, ne dépasse pas d’une tête, tel un géant, mais se présente sous les traits d’un nourrisson. Un bébé qui n’a que son nom pour se faire connaître. Mais quel nom ! Jésus : Dieu sauve, ou Dieu libère.
Noël, c’est comme un grand baptême. Dieu, dont on ne peut normalement même pas prononcer le nom, reçoit un nom qui, dans la fragilité et le dépouillement, passera et restera au-dessus de tous les autres.
Alors, après Noël que reste-il ? Au milieu des papiers cadeaux froissés et alors que chacun rentre chez soi ou reprend ses petites routines quotidiennes, il ne nous reste peut-être que des noms. Les noms de ceux que l’on a croisés ce jour-là.
Le nom de cette personne que l’on n’avait pas vue au culte depuis longtemps et que l’on a eu du mal à reconnaître. Celui de ce commerçant ou de ce voisin, qu’on rencontrait toutes les semaines, et qui s’est lui-même présenté en ce jour de Noël. Celui de cet homme, assis devant la mairie, qu’on a enfin osé demander, après lui avoir donné une pièce.
C’est cette hospitalité partagée – nous nous reconnaissons par notre nom – qui donne à la vie sa saveur et me permet de demeurer dans la joie et l’espérance !
Pierre-Olivier Dolino, délégué général de la FEP
Un cadeau impérissable
Pendant plusieurs années, mon épouse et moi avons organisé les festivités de Noël pour les adultes en situation de handicap accueillis dans l’établissement que je dirigeais.
C’était pour tous l’occasion de se réunir et de partager de beaux moments de joie et de paix.
Mais des résidents n’avaient pas – ou plus – de famille et se retrouvaient seuls le soir de Noël. Aussi avons-nous décidé de les inviter chez nous, en présence de nos enfants, et de réveillonner ensemble. Certains ont ainsi pu, pendant de nombreuses années, vivre avec nous ces instants privilégiés de Noël !
Des années plus tard, alors que nous revenions visiter cette structure, plusieurs d’entre eux sont venus remercier mon épouse pour ces moments qui les avaient profondément marqués. Ils se souvenaient de la Parole de Dieu lue, du repas de Noël, des cadeaux reçus, des photos prises et conservées avec soin, de l’amour partagé en famille.
N’est-ce pas là, le plus important ? Un cadeau restait dans leur cœur, tellement plus précieux
que ceux emballés dans du joli papier doré. Dieu agit, bien au-delà de nos pensées.
Il demeure en chacun de nous, pour peu qu’on lui fasse une place dans notre vie.
Éric Yapoudjian, Fondation Armée du Salut
Jésus,
À Noël, tu m’appelles par mon nom.
Tu m’invites à recevoir ton nom comme un cadeau.
Tu m’envoies appeler les autres par leur nom.
Merci Seigneur.
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.