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La Boussole

La Boussole VI - 44

À qui accorder ma confiance ?

C’est dans le calme et la confiance
que sera votre force.

La Bible, Ésaïe, chapitre 30, verset 15
Le ponton,
Jean-Claude Schaal

Chemins de réflexion

La confiance est un pari éclairé

Chaque jour, sans même y penser, je remets ma vie entre les mains d’inconnus : le conducteur de bus qui me transporte, le banquier qui garde mes économies, le médecin qui m’ausculte et me prescrit des médicaments, etc. Je ne connais ni leur histoire ni leurs intentions, pourtant j’accepte de m’en remettre à eux, parce que vivre sans faire confiance serait impossible.
Cependant, je ne peux pas confier à tous ce qu’il y a de plus intime en moi au risque d’être trahi.
Ma confiance s’accorde au fil de rencontres où l’autre se révèle capable de m’accueillir sans me juger, de garder pour lui mes confidences, de ne pas profiter de ma fragilité.
La confiance ressemble à un pari éclairé. Elle s’appuie sur des signes, des attitudes, parfois sur une simple intuition, mais elle comporte toujours une part de risque.
La Bible rappelle que c’est dans le calme et la confiance que se trouve notre force : faire confiance, ce n’est pas fermer les yeux, c’est choisir de marcher malgré l’incertitude en s’ancrant dans une foi plus grande que nos craintes.
Ainsi, j’accorde ma confiance à celles et ceux qui, par leur manière d’être, me donnent à croire qu’ils prendront soin de ce que je leur confie, et à Dieu qui, seul, peut porter le poids de toute mon intimité révélée.
Philippe Aurouze, pasteur, aumônier national protestant des prisons

Faire confiance, ce n’est pas fermer les yeux, c’est choisir de marcher malgré l’incertitude en s’ancrant dans une foi plus grande que nos craintes.

Nous pouvons faire confiance à Dieu

Comment mener une vie heureuse en harmonie avec soi-même et les autres, si ce n’est dans le calme et la confiance ? Frédéric Lenoir répond en partie à notre questionnement dans son livre Petit traité de vie intérieure : « Exister est un fait, vivre est un art. Tout le chemin de la vie, c’est passer de l’ignorance à la connaissance, de la peur à l’amour. »
Parfois, nous devons mener de longs combats et surmonter nos angoisses naturelles. Mais Dieu est là. À ses côtés, nous apprenons la confiance. Nos expériences sont fondatrices. Certaines suscitent des vocations.
Dans mon ministère d’aumônier, je confie systématiquement mes rencontres à Dieu et il m’accompagne. Dans le calme : c’est lui qui me permet d’écouter. Dans la confiance : c’est lui qui me permet de poursuivre paisiblement le dialogue. Il inspire mes paroles, ajuste mes propos.
Il donne à la rencontre toute sa dimension, une portée véritable. Lorsque je rends visite à une personne avec un auxiliaire, Dieu nous accompagne. C’est dans le calme que je dispense ma formation. C’est dans la confiance que je conduis l’auxiliaire vers l’autonomie.
Je vis la réalité du ministère d’accompagnement sereinement, car Dieu est toujours présent.
Il est la vie. Il est ma force. Je peux lui faire confiance.
Gérard Cazalis, aumônier des hôpitaux, Fédération protestante de France

La confiance, une route à double sens

La confiance est l’un des moteurs forts de la relation et de l’insertion. Elle commence par le respect de l’autre. Les questions que je lui pose peuvent paraître intrusives mais elles vont
me servir à mieux l’accompagner. L’essentiel est que je lui explique l’objectif.
La confiance accordée valorise. Dans un atelier cuisine, une personne accompagnée partage avec le groupe une recette ou un savoir-faire. Dans une démarche participative, une autre proposera une idée ou une action à mettre en œuvre ensemble.
Même en situation de vulnérabilité, les personnes que nous accueillons peuvent nous apporter quelque chose. Elles ne sont pas là uniquement pour recevoir, elles donnent aussi. Certaines s’étonnent de la confiance accordée. Petit à petit, elles retrouvent une place.
Si la confiance n’est pas instaurée, la relation n’est qu’informations, indications, instructions, déconnectée de la dynamique de l’autre, de ce qui va lui donner envie d’avancer, de bouger, de s’insérer.
Une relation de confiance établie donne la liberté à la personne de revenir s’épancher, dire son désarroi, chercher de l’aide quand elle est en plus grande difficulté. Elle sait qu’elle trouvera une oreille attentive. Le risque est d’avoir créé une espérance et de ne pouvoir répondre à ses attentes. On écoute, on comprend, on explique, on compatit. On n’a pas systématiquement de solutions mais la confiance n’est pas rompue.
Nathalie Carlin, responsable développement, Diaconat Protestant de Grenoble (38)

« J'ai besoin de ta confiance, pour vivre chaque jour.
J'ai besoin de ta présence... »
Ces paroles d’un chant,
aujourd'hui je veux les faire miennes,
me les approprier,
mais aussi m'autoriser à frapper à ta porte.
Merci Seigneur pour ton accueil
bienveillant et permanent.
Amen

Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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