L’Assemblée Générale Annuelle 2026 d’Eurodiaconia s’est tenue à Vienne (Autriche) du 19 au 22 mai. Après la FEP à Paris en 2025, cette édition était organisée par Diakonie Österreich.
Une thématique : « SERVICES – PLAIDOYER – COMMUNAUTÉ » : Trois axes pour une Europe d’aujourd’hui et de demain »
À l’intersection de la « prestation de services, du plaidoyer et de la construction communautaire », l’économie sociale à but non lucratif joue un rôle clé dans la défense de la dignité humaine et la construction de l’avenir de l’Europe.
Nous avons exploré ensemble comment les organisations sociales et diaconales renforcent la société par leur travail et leurs valeurs.
À travers des discussions, table ronde, ateliers et échanges entre les 90 représentants des plus de 60 membres d’Eurodiaconia, nous avons réfléchi aux défis et opportunités majeurs, et la manière dont notre réseau peut répondre ensemble à ces enjeux, et notamment :
- L’avenir des services sociaux
- Les nouvelles formes de plaidoyer,
- Le rôle des communautés en période de changement social.
Présentation des projets récents de la FEP
Lors de la table ronde du mercredi matin, à laquelle la FEP participait, Cécile de Clermont a pu présenter les projets récents de la FEP : Femmes Exilées Engagées, à l’intersection des Couloirs Humanitaires et de la défense des droits des femmes, l’Institut Protestant de l’engagement, et notamment une vision du management « protestant », en reprenant les points saillants de la conférence de Frédéric Rognon pour la FEP, mais aussi l’approche territoriale en région, qui permet de susciter des collaborations et la mutualisation des efforts, comme par exemple le collectif chrétien de la solidarité à Nice.


Ces sujets font écho aux thématiques qui sont au centre des préoccupations des membres d’Eurodiaconia. S’y ajoutent la baisse drastique des subventions, même dans les états où la Diaconie est opératrice de l’état ; Ou encore la montée du populisme, avec le regard attentif porté par les états d’Europe sur les prochaines élections en France.
À l’occasion des ateliers, nous avons pu ébaucher des propositions d’actions de « résistance » face aux difficultés du moment en répondant aux questions suivantes : comment construire des partenariats au-delà de nos frontières, et apprendre les uns des autres ? Quel est l’impact de la technologie sur la manière de travailler dans la diaconie ? Comment rendre nos organisations plus éco-responsables ? Comment financer nos actions ? Quelle place pour la diaconie dans un paysage politique turbulent ?
Où en sommes-nous de la mise en œuvre des 20 principes clés du socle européen des droits sociaux (2017) ? Christian Wigand, représentant de l’Autriche à la Commission européenne nous a confirmé que si l’engagement social n’est pas le sujet prioritaire par rapport à la démocratie, la liberté ou les lois, il reste bien plus fort que sur d’autres continents. L’Europe ne pourra pas compenser la perte des subventions américaines aux organisations humanitaires partout dans le monde et les échanges sont aujourd’hui davantage centrés sur l’effort de guerre (soutien à l’Ukraine, et crise au Moyen-Orient). Ces réflexions ont été également enrichie d’une conférence de Barbara Prainsack, sur le lien entre la solidarité et le soin comme fondements complémentaires pour construire des sociétés et des institutions en Europe.
Cette assemblée générale reste aussi le lieu privilégié pour entretenir le réseau des acteurs de l’action sociale protestante en Europe. Qu’ils soient opérateurs comme la majorité des membres d’Europe du Nord, qu’ils agissent dans des pays en guerre comme l’Ukraine, ou avec des moyens très réduits comme au Kosovo, cette AG est toujours l’occasion de constater que s’agissant d’action sociale, les différences disparaissent au profit d’un objectif commun : celui de construire ensemble une Europe où la Diaconie tient une place essentielle pour prendre en charge les plus fragiles.