Alors, mes frères et mes sœurs très aimés, soyez forts, soyez solides ! Travaillez toujours mieux au service du Seigneur. Vous le savez, en le servant, vous ne travaillez pas pour rien.
La Bible, 1 Corinthiens, chapitre 15, verset 58

Claire Biette
Chemins de réflexion
Je suis fière du chemin parcouru
Vingt années déjà que je suis devenue aumônier à l’Hôpital public après avoir été pasteur
en paroisse pendant près de quinze ans.
J’ai pris ce tournant par conviction, consciente de l’importance d’être présente aux côtés des hommes et des femmes fragilisés par la maladie, l’âge ou le handicap, mais aussi aux côtés de ceux qui les soignent.
L’aumônerie, c’est l’Église hors les murs, hors des sentiers battus.
Un métier sans routine que j’aime tant !
Il m’a fait découvrir la joie de travailler en inter-culte (c’est-à-dire avec des collègues bouddhistes, israélites, catholiques, musulmans) avec une équipe d’auxiliaires bénévoles.
Il m’a fait avancer en eau profonde, là où je ne serais pas allée spontanément.
Il m’a appris à traverser mes peurs pour autoriser mes frères et sœurs en humanité à exprimer les leurs.
J’ai compris que mes failles, loin d’être un obstacle, laissent passer la lumière du Christ.
Aujourd’hui, je suis fière du chemin parcouru, mais cette fierté n’a rien à voir avec l’orgueil.
C’est la joie qui domine dans mon cœur et c’est aussi la reconnaissance envers le Seigneur qui m’a appelée à ce service et mon Église qui me fait confiance et m’envoie dans le monde de la santé.
Agnès Vez Desplanque, pasteure, aumônier des hôpitaux publics de la ville de Toulouse
Il m’a fait découvrir la joie de travailler en inter-culte (c’est-à-dire avec des collègues bouddhistes, israélites, catholiques, musulmans) avec une équipe d’auxiliaires bénévoles.
Nous avons tous une utilité là où nous travaillons
« Tu voudras faire quoi quand tu seras grand ? »
Combien de fois la question m’a-t-elle été posée en tant qu’enfant et même adolescent ! Mon rêve s’orientait vers la médecine. Finalement j’ai suivi des études de théologie, suis devenu pasteur et maintenant aumônier en prison. Certes, j’ai eu le choix et celui-ci m’épanouit pleinement.
Je pense à celles et ceux qui, pour différentes raisons, doivent effectuer un travail subi, peu valorisé voire déconsidéré par la société. Je me rappelle Ludovic, cet éboueur parisien devenu célèbre sur les réseaux sociaux, pendant la pandémie. Il a réussi l’impensable : transformer un métier déclassé en un métier valorisant et réhabiliter, par l’humour, cette profession mal aimée. Son regard a changé le nôtre sur son emploi.
Trouver un sens à nos engagements, même contraints, modifie notre ressenti et transforme notre implication. Une forme de boucle vertueuse.
En reliant mon métier, choisi ou subi, à une dimension sociale fondamentale, ma vision change et la fierté advient. Je suis fier de servir les personnes en détention en tant qu’aumônier. Je suis fier de pouvoir apporter ma pierre à la société. Au-delà des métiers rêvés et/ou exercés, nous pouvons tous reconnaître notre utilité pour les autres là où nous travaillons.
Philippe Aurouze, pasteur, aumônier national protestant des prisons
Il y a du bonheur à servir
M’engager pour les autres, c’est mettre en action les valeurs que je porte tout en ayant une utilité sociale.
S’engager est, pour certains de nos bénévoles, une manière de répondre au principe citoyen de fraternité, ce qui est infiniment respectable. Pour d’autres, dont je pense faire partie, c’est un « supplément d’âme » qui consiste en une réponse à l’amour qui nous est donné gratuitement en Jésus-Christ.
Aider les autres, pour le protestant que je suis, c’est aussi savoir qu’il n’y a rien à gagner en aucune manière (sinon un regard ou un sourire bienveillant de la part des personnes que nous accueillons) puisque tout nous est déjà donné gratuitement, que nous soyons engagés ou pas d’ailleurs.
Travailler au service de mon prochain, que je sois bénévole ou salarié, c’est aussi apprendre à mieux me connaître, avec mes forces et mes limites.
Pour être efficace, il est souhaitable, me semble-t-il, d’éprouver une sérénité personnelle, c’est-à-dire d’avoir les pieds bien enracinés dans un socle de valeurs. Il peut s’agir d’un goût prononcé pour l’humanisme mais aussi de la foi chrétienne. Je crois que mieux vaut ne pas œuvrer pour les autres en période d’instabilité personnelle ou d’angoisse, de peur de n’avoir à transmettre que son désarroi.
Suis-je fier de mon engagement ? Oui bien sûr, mais surtout heureux de servir.
Serge Raspaud, président de l’AFEP (Association familiale d’entraide protestante) à Montpellier
Aide-moi mon Dieu à donner un sens à mon travail.
Aide-moi à en devenir fier au-delà du regard des autres.
Merci de me soutenir dans les moments difficiles
et de valoriser mon engagement au service de la société.
Merci de me rendre fier de mon métier.
Amen
Chaque semaine la Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumoniers et acteurs de terrain dialoguent.