« O vous tous qui êtes assoiffés, venez vers les eaux, même celui qui n’a pas d’argent, venez !
La Bible, livre d’Ésaïe, chapitre 55 verset 1
Demandez du grain, et mangez ; venez et buvez ! – sans argent, sans paiement – du vin et du lait. »

Chemins de réflexion
Rien ne tombera du ciel
« Après la pluie, le beau temps ! »
« Tous les tunnels ont une sortie ! »
Est-on là face à des versions non religieuses de ces versets du livre d’Ésaïe ?
Si c’était le cas, ce serait de l’espoir facile, peut-être même de « l’opium du peuple » pour que chacun supporte son aujourd’hui dans l’attente de lendemains meilleurs, un jour, avec Dieu.
NON ! L’écrivain n’invite pas à la passivité, à l’attente béate de lendemains meilleurs.
Il invite dans un premier temps à oser se dire assoiffé, affamé.
Peut-être donc à oser dire nos manques dans cette période où il est de bon ton de « tenir », « d’aller bien, merci » !
Se dire assoiffé… de soirée avec des amis, de discussion sur un autre sujet que la COVID, …
Ensuite Ésaïe n’invite pas à attendre que cela tombe du ciel, mais à « venir », à « demander », à « manger et boire »… bref : à être actif et à se réjouir aujourd’hui !
Oui, c’est une promesse : je peux mettre des mots sur mes soifs, et en allant les combler avec ce qui ne s’achète pas, être rassasié !
Ésaïe nous fait cette promesse au nom de son Dieu !
Isabelle Bousquet. Pasteur, Fondation John Bost
Oui, c’est une promesse : je peux mettre des mots sur mes soifs, et en allant les combler avec ce qui ne s’achète pas, être rassasié !
Une invitation à saisir
Dans ce texte, le Prophète Ésaïe m’invite à recevoir et à prendre la Parole de Dieu comme une nourriture abondante et gratuite.
Vais-je répondre à cette invitation que Dieu m’adresse : Vivre l’aujourd’hui et le demain avec réjouissance, dans la satisfaction de tout ce qui m’est offert gratuitement ?
M’abreuver et me nourrir de la Parole conduit mon âme dans le contentement.
Et parce que mon âme est contente, je peux alors me réjouir !
Me réjouir de la nature qui m’entoure, du printemps qui s’installe.
Me réjouir de rencontrer l’autre, prendre le temps d’écouter mon collègue de travail, voir et regarder le monde différemment.
Alors oui, mon lendemain est réjouissant.
À moi de saisir l’invitation !
Pierre-Jean Soler. Aumônier, Fondation de l’Armée du Salut
Du pire peut sortir le meilleur
En avril 2020, beaucoup envisageaient un « après » plus responsable, plus solidaire, plus centré sur l’essentiel.
En avril 2021, la perspective s’est obscurcie.
D’une part, cette crise paraît interminable : Y aura-t-il vraiment un « après » ?
D’autre part, nous mesurons à présent que cette crise n’a fait qu’accentuer les inégalités.
Pour les personnes accompagnées : inégalité d’accès aux soins, à l’éducation, à la vie sociale.
Pour les accompagnants professionnels, un seul exemple : inégalité de revalorisation de salaire,
selon que l’on travaille dans le champ du sanitaire ou du médico-social, dans le secteur public ou le secteur privé…
Faut-il conclure que le monde d’« après » sera forcément pire que le précédent ?
Notre système de protection sociale a été bâti en 1945, au lendemain de la plus terrible des épreuves. Du pire peut sortir le meilleur. Le monde d’« après » sera celui que nous en ferons.
Restons mobilisés avec courage et clairvoyance. Avec foi et espérance.
Stéphane Siounath. Secrétaire général, Maison de Santé Protestante de Bordeaux Bagatelle
Dieu, donne-nous d’oser partager en paroles et en actes
ce que le vent dit aux rochers, ce que la mer dit aux montagnes.
Donne-nous de découvrir qu’une immense bonté pénètre l'univers.
Donne-nous alors d’oser témoigner que Dieu n’est pas ce qu'ils croient,
qu'il est un vin que l'on boit, un festin partagé où chacun donne et reçoit.
Avec ton aide, nous leur dirons.
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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.