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La Boussole

La Boussole II - 44

Remettre debout ou aider à se lever ?

Naamân est un général syrien. Il est atteint de la lèpre.
L’une de ses esclaves, originaire d’Israël, lui parle de ce prophète, Élisée, qui pourrait le guérir.
Naamân vint avec ses chevaux et son char et s’arrêta à l’entrée de la maison d’Élisée.
Élisée envoya un messager pour lui dire : « Va ! Lave-toi sept fois dans le Jourdain : ta chair deviendra saine et tu seras purifié. »

La Bible, deuxième livre des Rois chapitre 5, versets 9 et 10
Une mosaïque représentant une spirale dans les tons bleus, vert rouge et jaune.
Tampa, Florida, USA – December 10, 2018: Glass tile swirl abstract outside the Glazer Children’s Museum in downtown Tampa

Chemins de réflexion

Vers l’autonomie

Comme nous et les personnes que nous pouvons accueillir, Naamân se trouve ballotté d’une institution à une autre. Il va d’abord solliciter une autorité qu’il pense compétente, mais elle ne peut lui apporter aucune réponse.
Naamân a une demande précise et se trouve complètement démuni.
Quand enfin il rencontre quelqu’un qui peut l’éclairer, c’est-à-dire Élisée, celui-ci lui donne simplement quelques conseils pour s’en sortir par lui-même.
Naamân se fâche de devoir accomplir quelque chose ; il espérait qu’on pourrait faire à sa place car, pour lui, tout semble trop compliqué.
Alors qu’il vient pour être aidé, maintenant ainsi un certain lien de dépendance avec son « sauveur », Élisée lui montre le chemin pour qu’il accède par lui-même à la guérison.
Détachés de l’urgence de la demande, à l’écoute, nous pouvons saisir, pour nous et celles et ceux que nous accompagnons, cette invitation à contribuer à leur rétablissement, par une parole, une orientation, une recommandation qui puissent vraiment les remettre debout, en leur donnant un « nouveau pouvoir d’agir », dans la dignité retrouvée.
Rémi Droin, pasteur, Toulouse Ouverture, To7

Détachés de l’urgence de la demande, à l’écoute, nous pouvons saisir, pour nous et celles et ceux que nous accompagnons, cette invitation à contribuer à leur rétablissement, par une parole, une orientation, une recommandation qui puissent vraiment les remettre debout

Un messager pour dire : « Va ! »

J’imagine assez bien le général vexé. Vexé parce qu’Élisée ne daigne même pas sortir de chez lui
pour guérir, ou au moins pour donner lui-même une consigne à suivre, avec sa force de conviction et son pouvoir.
Vexé. Heurté d’abord dans l’image qu’il se fait de son importance. Heurté peut-être aussi dans les représentations qui sont les siennes d’un « guérisseur ».
Un messager ! Seulement un messager ! La secrétaire du chirurgien qui transmet la conduite à tenir !
Le bénévole de l’association qui donne la fiche avec laquelle il faudra se présenter ailleurs.
L’éducateur qui montre sur un plan où aller s’inscrire sur les listes électorales.
Seulement un messager.
Être le messager de celui (ou du principe) au nom duquel je dis à l’autre : « Va ! Voilà l’action à mener ! »
N’être que le messager et en être heureux, à l’abri de la tentation de jouer les gourous qui nous guette tant, dans le social ou le médico-social.
Quelle libération pour nous tous, professionnels et/ou bénévoles, d’être messagers « au nom de » !
Isabelle Bousquet, pasteur, Fondation John BOST

Titre de la bulle

Le Seigneur montre à Naamân le chemin vers la guérison, mais lui laisse le choix de le suivre ou pas.
Si nous affirmions « remettre les gens debout », nous nous arrogerions le pouvoir de décider à la place de l’autre ce qu’il convient de faire. Nous ne lui laisserions alors aucun espace de décision. Notre vision de son bien se heurterait à sa passivité.
Notre action auprès des familles migrantes vise d’abord à les aider à se relever. Non seulement nous voyons leur situation, souvent dramatique, mais nous voyons aussi et surtout comment elles peuvent commencer à agir.
Au détour de nos rencontres, nous cherchons à les aider à redevenir actrices de leur vie, autant que faire se peut dans le contexte d’extrême précarité qui est le leur.
Nous agissons en complémentarité, apportons des moyens pour que les personnes trouvent en elles-mêmes la force d’être, d’agir et d’avancer.
Florence Daussant-Perrard, Le DIAFRAT, Paris Ve

Seul on va plus vite, ensemble on va mieux, et plus loin.
Seigneur, place sur notre chemin des hommes et des femmes qui nous permettront d’aller plus loin.
Debout, ensemble face à l’urgence, redonne-nous du souffle,
une respiration pour mieux avancer,
une inspiration pour construire avec nos frères et sœurs en humanité, mais jamais à leur place.
Debout, ensemble quand tout semble tanguer, nous voulons nous confier en toi, notre ancre, pour écrire notre vie à l’encre de ton amour.
Amen
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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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