« Entrées dans le tombeau, les femmes virent, assis à droite, un jeune homme, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de frayeur.
La Bible, évangile de Marc chapitre 16, versets 5 à 7
Mais il leur dit : « Ne vous effrayez pas.
Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici ; voyez l’endroit où on l’avait déposé.
Mais allez dire à ses disciples et à Pierre :
« Il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. » »

Chemins de réflexion
Au sein de notre connu, l’émergence du changement
Dans l’Évangile de Marc, la résurrection s’exprime par la parole d’un ange qui donne une direction et un rendez-vous : « il vous précède en Galilée ».
Le Christ invite ses disciples à recommencer l’histoire là où elle avait débuté, c’est-à-dire en Galilée.
La résurrection serait-elle signe d’un recommencement « comme avant » ?
Devons-nous, après chaque rupture, chaque traumatisme, revenir à l’origine ?
Le monde d’après que l’on nous promet depuis le début de la pandémie n’est-il que le monde d’avant ?
Pourtant, après les événements totalement bouleversants que sont la mort sur la croix et la résurrection, rien ne pourra plus jamais être comme avant. Dans cette nouveauté qu’annonce le tombeau vide, il y a le retour au familier et c’est au sein de ce connu qu’émergera le changement.
Mais que nous dit cet ange au tombeau ?
Il nous dit : lisons l’histoire passée et à venir avec les yeux de ceux qui ont fait l’expérience du tombeau vide. Rien n’est jamais définitivement clos.
Brice Deymié. Pasteur, Fédération Protestante de France aumônerie aux prisons
Lisons l’histoire passée et à venir avec les yeux de ceux qui ont fait l’expérience du tombeau vide
Précédés par le ressuscité, espérer
Tous les ans nos anniversaires, tous les ans nous fêtons Noël, célébrons Pâques…
On s’en voudrait même de ne pas le faire, de l’oublier.
De là à marquer la première année de la pandémie, il ne faudrait pas pousser !
Pourtant, force est de constater que cette émergence a bousculé nos vies et les modifie encore, y compris dans l’intimité du quotidien et de nos rapports humains.
En mieux ? Ce n’est pas sûr évidemment !
La mort du Christ et même sa résurrection annoncée n’étaient pas plus heureuses pour ceux qui l’avaient côtoyé et qui auraient voulu le retrouver comme avant.
Pourtant, tout a été renouvelé après cette annonce, non plus dans la tristesse mais vers la joie, non plus dans la mort mais vers la vie, non plus dans le retour en arrière mais dans un élan en avant : car « il nous précède » dans le monde d’après.
Saurions-nous célébrer cet anniversaire, portés par cette même espérance de vie ?
Car c’est bien la vie qui nous attend après ! Pour cela il faudrait pousser justement !
Pascal Hubscher. Pasteur, Aumônerie ESMS de l’UEPAL
C’est où pour toi, la Galilée ?
Ne pas savoir pour demain, perdre ses repères confortables, si sécurisants, c’est déstabilisant et inquiétant. « L’ailleurs » s’appelait Galilée pour les disciples…
Il commence pour nous par une page presque blanche, des craintes, des doutes.
Les circonstances vécues depuis un an bousculent nos certitudes et nous invitent, nous prescrivent de laisser nos habitudes pour accepter d’aller vers « l’inconnu ».
Comment, confronté à de tels évènements, ne pas être effrayé, presque paralysé et trouver l’énergie de se mettre en marche ?
Le tombeau vide précède ici un ailleurs plein d’espérance. Sera-t-il meilleur ?
Pour le savoir, les disciples sont partis vers la Galilée…
Et moi ? Et toi l’ami ? Quel chemin choisis-tu ? Quels nouveaux projets, quelles nouvelles opportunités d’agir auprès ceux qui attendent un sourire, un regard, une main tendue, un verre d’eau ?
Commençons par les rejoindre là où ils nous attendent, c’est là-bas que naîtra le meilleur !
J.Yves Tricoire. Directeur Association les Térébinthes (EHPAD et centre d’accueil et de vacances)
Au lendemain de la fête de ta résurrection, Seigneur,
donne-nous d’oser prendre le temps de jouer : c'est le secret d'un cœur d'enfant,
donne-nous d’oser prendre le temps de rire, c'est une gorgée d'eau fraîche,
donne-nous d’oser prendre le temps de donner, c'est du pain pour l'affamé,
donne-nous d’oser prendre le temps d'aimer et d'être aimé, c'est une grâce de Dieu.
donne-nous d’oser prendre le temps de prier, c'est notre force sur la terre.
Alors nous avancerons vers demain, debout, avec toi.
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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.