Quand ils aperçurent l’étoile,
La Bible, Évangile de Matthieu, chapitre 2, verset 10
ils furent remplis d’une très grande joie.

Sophie Jourdan
Chemins de réflexion
Je peux changer un monde
Si nous regardons le monde de manière macroscopique, alors le mal est plus visible que le bien.
Il y a quelques jours, un peuple qui s’est révolté pour revendiquer sa liberté s’est fait massacrer d’une manière abominable qui a laissé sans voix les témoins de cette tragédie, impuissants devant ce monde à la dérive.
Qu’est-ce qui va bien dans ce monde ? Rien.
Mais je peux aussi observer le monde de manière microscopique. Je peux voir des visages, des solidarités, des choix éthiques modestes mais quotidiens, des actes de soin. M’attacher ainsi aux micro-résistances ne change pas le monde mais change un monde, celui de quelqu’un.
Le risque serait d’opposer le regard macroscopique, lucide, à un regard microscopique, naïf. L’un présente et explicite des structures qu’il décline en cartes, chiffres et statistiques et l’autre montre des possibilités qui s’attachent aux gestes et aux relations concrètes.
Dès lors nous pourrions dire que le monde vu de loin est inquiétant et que celui vu de près est habitable ou, autrement dit, que le désespoir est une vision sans visage mais que l’espérance naît quand un visage apparaît.
Brice Deymié, pasteur de l’Église protestante française au Liban
Choisissons notre étoile
Dis-moi ce que tu vois, la manière dont tu regardes les événements – de ta vie et de ce monde – et je te dirai qui tu es !
Salle d’attente chez le médecin. J’attends mon tour avec un peu d’appréhension. Va-t-il m’annoncer une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Me diagnostiquer une maladie guérissable ou incurable ? Irai-je mieux après ?
La salle d’attente ne désemplit pas. J’observe, j’écoute les maux de ce monde qui s’y agglutine : fièvre, râle, rougeur, pâleur, pleurs et gémissement étouffé, silence coupable, confusion, récriminations contre ce médecin qui manifestement prend trop de temps avec les autres (et jamais assez avec moi !)…
Il y a longtemps, des hommes (ils n’étaient pas rois, ils n’étaient pas trois) ont observé et interprété les signes de ce monde.
Ils ont vu une lumière et y ont discerné la survenue d’un événement extraordinaire. Ils ont cherché et trouvé ; et cela leur a procuré une très grande joie.
Beaucoup ont pu dire et continuent aujourd’hui à énoncer cette réalité : Jésus est le véritable chemin, il est la lumière, il est la vie en abondance.
Que regardons-nous dans ce monde ? Dans notre vie ? Quelle lumière ou étoile, attrayante à souhait, observons-nous ? Nous procure-t-elle de la joie ? Nous offre-t-elle de voir ce qui va bien ?
Charles-Édouard Doublier, animateur de l’accompagnement spirituel, Armée du Salut
Que regardons-nous dans ce monde ? Dans notre vie ? Quelle lumière ou étoile, attrayante à souhait,
observons-nous ?
Moi, je zappe
J’ai trente-sept ans et je suis au Domaine Emmanuel depuis très longtemps. Ici, c’est souvent la fête.
En ce moment, on fabrique des peluches pour Disneyland. Moi, je les mets dans les cartons. Je travaille à l’Esat. C’est bien de travailler, c’est pour l’argent, pour mon neveu et aussi pour moi, pour partir en voyage avec ma chérie. On va aller voir les dauphins. La nature et les animaux, c’est bien. Il y a des chats ici ; ils sont sauvages mais on arrive quand même à les caresser.
Les tracteurs aussi c’est bien, je suis déjà monté sur une moissonneuse-batteuse pour moissonner l’orge pour la bière, à boire avec modération. Les amis aussi c’est bien, on peut discuter des choses. Aller à l’église aussi, ça me rend joyeux.
Quand je regarde les informations, ils nous annoncent que des mauvaises nouvelles, ils nous montrent des images un peu horribles. Je pense à l’Ukraine, déjà. C’est pas bien ça. Il y a le mauvais temps aussi, des catastrophes, des inondations.
Nous, les hommes, on en a mis quand même un peu de désordre. Les animaux sauvages, comme les loups par exemple, pourquoi ils attaquent les animaux domestiques ? Parce qu’on a détruit leur territoire.
Le loup, il faut le comprendre aussi, s’il n’a plus de gibier…
Il faudrait qu’on s’entende avec les animaux sauvages. On pourrait améliorer les choses.
Si on regarde que ce qui va mal, on va être triste. Alors moi, je zappe.
Gaétan, résident du Domaine Emmanuel de l’AEDE à Hautefeuille (77)
Seigneur,
Merci pour les belles choses du monde, même les plus petites, celles que l'on oublie de regarder.
Merci pour un sourire échangé, pour une main tendue au bon moment, pour le calme après le tumulte et la paix qui se glisse dans le cœur.
Apprends-nous à voir la beauté dans l'ordinaire, la grâce dans un instant simple, la joie dans ce qui semble minuscule
Amen
Chaque semaine la Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumoniers et acteurs de terrain dialoguent.