Dieu est pour nous un abri sûr, un secours toujours prêt dans la détresse. C’est pourquoi nous n’avons rien à craindre.
La Bible, Psaume 46, versets 2-3a

Marièle Gissinger
Chemins de réflexion
Un lieu que rien ne peut détruire
Être en sécurité, ce n’est pas seulement échapper au danger ou pouvoir vivre sans avoir peur en permanence. On se sent en sécurité. C’est donc à la fois objectif : il y a des risques réels, je dois m’en prémunir et protéger mes proches. Mais c’est aussi subjectif, de l’ordre du ressenti le plus intime.
Être en sécurité est une nécessité. Je repense à la célèbre pyramide de Maslow. Le psychologue américain avait établi une hiérarchie des besoins. D’abord respirer, manger, les besoins physiologiques. Ensuite, seulement, les besoins affectifs, dont celui de sécurité. Et en dernier lieu, le besoin d’accomplissement et de spiritualité.
Pourquoi cette théorie est-elle critiquée aujourd’hui ? Justement parce que cette idée de hiérarchie ne tient pas : ce n’est pas parce que j’ai un toit sur la tête que je suis à l’abri ou que je me sens à l’abri.
Et c’est peut-être précisément lorsque les premiers niveaux de la pyramide ne sont pas satisfaits, lorsque je suis le plus vulnérable, que les psaumes me sont d’un grand réconfort. Dieu est un abri sûr, une présence pour chaque jour, « c’est pourquoi nous n’avons rien à craindre ».
Même si je connais la nuit, la peur, le manque, l’incertitude, le danger, il est possible de découvrir en Dieu un lieu que rien ne peut détruire. Et d’être et se sentir en sécurité.
Élisabeth Walbaum, déléguée à la réflexion et l’animation spirituelles à la FEP
Même si je connais la nuit, la peur, le manque, l’incertitude, le danger, il est possible de découvrir en Dieu un lieu que rien ne peut détruire.
Rien à craindre, vraiment ?
J’ai l’impression que le monde va mal et moi-même, je ne vais pas très bien…
La fin de ce psaume me laisse perplexe, « nous n’avons rien à craindre », heu… vraiment ?
Si nous devions cartographier la misère, la souffrance et les alertes dans ce monde, y aurait-il un espace sur la terre qui ne soit pas durablement touché ? Si je dressais une liste de tous les maux qui nous accablent, il n’y aurait pas assez de place sur cette Boussole pour tous les énumérer.
Face aux fléaux de ce monde, certains d’entre nous se dressent, combattent et, portés par leur foi (ou leur(s) croyance(s)), témoignent qu’un autre monde est possible.
D’autres, crient : « Tout est foutu ! Tous aux abris ! Vivons cachés, barricadés, chacun pour soi et Dieu pour tous. »
Où se trouve notre sécurité, en définitive ? Qu’est-ce qui tient vraiment face à l’épreuve du temps, aux incertitudes, aux promesses non tenues ?
Dans ma précipitation, j’ai oublié de prêter attention au début du texte biblique.
Dans les moments de doutes, voire de détresse, quand tout semble se fragiliser, je ne suis pas seul face au chaos du monde. Il existe un Dieu qui tient ses promesses, plein d’espérance pour ceux qui se confient en lui.
Ensemble, nous pouvons nous encourager à croire. Ensemble, nous pouvons construire des refuges sécurisés pour cette humanité déboussolée.
Charles-Édouard Doublier, animateur de l‘accompagnement spirituel, Armée du Salut
Sécurité rime avec sérénité
J’ai quatre-vingt-quinze ans et je suis à l’Ehpad depuis un an. Tout va parfaitement bien, je me sens en sécurité ici.
Pour les pensionnaires, c’est sécurisant de se sentir entouré par une équipe stable avec des personnes qui s’entendent bien. Je perçois qu’il y a une bonne ambiance à l’Ehpad ; j’ai été infirmière puéricultrice et surveillante, je sais combien c’est important, pour donner des soins, de bien s’entendre entre collègues.
Le personnel doit se sentir en sécurité pour pouvoir communiquer la sécurité.
Je me sens respectée, et ça aussi c’est important. Je m’adresse à une aide-soignante quand j’ai une demande particulière et je sais qu’elle va remonter, arriver au bon endroit et être prise en compte. Si j’ai une inquiétude, je peux toujours m’en ouvrir à quelqu’un. Et si un conflit semble naître, avec un résident par exemple, ça se règle toujours très facilement et vite. On peut dire les choses.
L’organisation de la journée, les bons rythmes, les heures de repas régulières, les services, le ménage, tout se fait à heures fixes et c’est rassurant aussi.
Sur le plan financier, c’est important de se sentir en sécurité, de savoir qu’on pourra payer tranquillement les frais de la pension. En cas d’inquiétudes sur ce plan-là, on a une assistante sociale qui peut nous aider.
Je crois que se sentir en sécurité contribue au bien-être.
Micheline R., résidente de l’Ehpad Tibériade, Fondation John Bost, La Force (24)
Mon Dieu
Je crois qu’avec toi je suis en sécurité.
Au plus sombre de la nuit, tu es là.
Ta main me garde et me conduit.
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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.