Le prêtre de Madiân avait sept filles. Elles vinrent puiser et remplir les auges pour abreuver le troupeau de leur père.
La Bible, Exode 2, versets 16 et 17
Les bergers vinrent les chasser.
Alors Moïse se leva pour les secourir et il abreuva leur troupeau.

Chemins de réflexion
Toujours prêts
À situations nouvelles, actions nouvelles.
La crise sanitaire a fait naître des solidarités nouvelles.
Entraides entre voisins de paliers, de quartiers ; réseaux de bénévoles pour fabriquer sur-blouses et masques ; collaborations inespérées entre associations caritatives pour faire face.
Ces liens inattendus ne demandent qu’à être prolongés.
Paradoxalement, le confinement et l’enfermement ont suscité des ouvertures insoupçonnées.
Il faut s’en réjouir en même temps que s’interroger : faut-il être face au mur et tous dans la difficulté pour nous serrer les coudes et nous rapprocher les uns des autres ?
Faut-il être poussés par les événements pour que nous nous mettions ensemble ?
Moïse a su réagir au bon moment pour prendre la défense des filles de Madian.
Faut-il attendre une injustice criante pour se mettre en mouvement et agir ?
Soyons en temps ordinaires, des acteurs infatigables de solidarités, animés par des convictions fortes, quitte à être dérangeants et obstinés.
Denis Heller, Fondation Diaconesses de Reuilly
Faut-il attendre une injustice criante pour se mettre en mouvement et agir ?
Un coeur solidaire !
Au coin de ma rue, tout près, une dame âgée, voisine, me demande comment avoir une attestation de sortie pour aller faire ses courses.
Je lui dis d’aller sur le site du service public.gouv.fr et de l’imprimer.
Je vois dans ses yeux un malaise, une angoisse monter : Panique ! Alors, je comprends.
Je lui propose de revenir avec une attestation. Elle me sourit et le lien se crée.
Elle me parle de ses poules pondeuses…
Chaque jour, l’inattendu peut surgir et toucher mon coeur, comme Moïse voyant et défendant
sept filles malmenées au puit de Madiân par des bergers imposants. Moïse fut invité à venir partager leur repas.
J’ai reçu une douzaine d’oeufs bien frais de cette dame, ma voisine. Empêché, confiné, nous l’étions tous. Dois-je m’arrêter d’être solidaire maintenant que nous avons retrouvé un semblant de liberté ?
Restons aux aguets, attendons-nous à l’inattendu au coin de notre rue. Gardons notre coeur solidaire.
Pierre-Jean Soler, Fondation de l’Armée du Salut
Prendre soin sans frontières
Moïse est étranger, avec des femmes, d’une autre religion.
Tout semble les opposer.
Il les sauve, elles l’accueillent. Une solidarité inattendue !
C’est ainsi, également, que nous avons pu vivre cette période, faite de solidarités nouvelles :
Une rencontre avec des étrangers, des habitants de quartier, des associations, des personnes qui vivent, voient, constatent et s’engagent ensemble pour prendre soin les uns des autres.
Le voisin que je ne connaissais pas me salue, des personnes se font proches dans la situation critique, un coup de téléphone, un sourire, un regard bienveillant, un repas.
Nous pouvons être, un temps, dans la sidération…
Quand les besoins sont plus importants, l’humanité et la solidarité se révèlent.
Comment pouvons-nous, chacun, là où nous sommes, vivre cette solidarité sans distinction d’âge, de genre, d’origine, de religion, de situation ?
Au quotidien ou dans l’inattendu, comment prendre soin les uns des autres, toujours et encore.
Rémi Droin, Église protestante unie de France, Toulouse Ouverture
Nous entendons autour de nous « prenez soin de vous ».
Seigneur, Tu nous appelles à nous aimer les uns les autres,
Aide-nous à prendre soin de nous et des autres.
Avec Ta main qui nous soutient,
Apprends-nous à tendre la main,
À voir les mains tendues,
À nous serrer les coudes,
À l’écoute, attentifs à celles et ceux qui nous entourent,
Proches ou au loin.
Accompagne nos chemins solidaires,
Que nos voix vibrent du chant de l’amitié,
Que nos voies suivent les champs de ton amour.
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.