Jésus verse ensuite de l’eau dans un bassin et commence à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint.
La Bible, Évangile de Jean 13, 5-6
Il arrive ainsi à Simon-Pierre qui lui dit :
« Toi, Seigneur, me laver les pieds ! »

Chemins de réflexion
Il désire nous toucher
Quand vais-je pouvoir toucher et me laisser toucher par mes ami(e)s ?
Quand vais-je pouvoir embrasser ma tante qui est en EHPAD ?
Quand vais-je pouvoir serrer la main de mes collègues bénévoles ? Mon Dieu que c’est long d’attendre !
Et j’entends parler d’une 2e vague d’épidémie à la rentrée !
Alors parfois je perds patience…
Mais il y en a un qui ne perd pas patience, c’est Dieu.
Depuis la nuit des temps, il désire nous toucher. Non pas physiquement mais spirituellement.
Il désire nous toucher par la beauté de sa création, par sa parole qui est dans la Bible, ou par les témoins qu’il place sur notre route.
Quelle merveille de savoir cela !
Jésus a lavé les pieds de ses disciples.
Ils ont été touchés par lui aux pieds, mais aussi au coeur par le geste d’amour de leur maître.
Ne le serai-je pas moi aussi, touché par lui, indépendamment de toutes les restrictions sanitaires ?
Et si je me laisse toucher par Dieu, ne m’apprendra-t-il pas la patience ?
Christian Tanon, Église protestante unie de France
Depuis la nuit des temps, Dieu désire nous toucher. Non pas physiquement mais spirituellement.
Se toucher pour se dire l’égal de l’autre
Le texte du lavement des pieds transgresse, de manière flagrante, la distanciation physique devenue, en peu de temps, la norme de nos relations sociales d’aujourd’hui.
Cette séparation contrainte donne donc au toucher une saveur particulière qui rappelle le temps d’avant, celui des élans spontanés et des embrassades joyeuses, de ce langage non verbal utilisé pour prendre contact avec l’autre.
Il se passe un peu la même chose pour Jésus.
Il est inconvenant pour un maître de laver les pieds de ses disciples.
Pourtant, à travers ce toucher impertinent, Jésus fait une leçon de théologie à ses disciples.
Plus loin, dans le texte, il dit : « Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres ».
Autrement dit, Jésus prône le toucher comme geste démocratique, celui qui, malgré la hiérarchisation de la société, donne sens aux liens humains. C’est en se touchant que l’on se fait l’égal de l’autre.
Peau contre peau c’est le rappel de notre commune humanité.
Brice Deymié, Fédération protestante de France
Donner du sens à nos gestes
Dans l’Antiquité, quand un hôte entrait dans une maison, il était habituel de lui laver les pieds pour le rafraîchir de la poussière de la route. Cette coutume nous rappelle que l’accueil de l’autre, cela se vit, cela s’incarne.
Et aujourd’hui, l’accolade, le bisou, c’est fou ce que cela nous manque !
Mais Jésus va plus loin, il renverse les codes établis : c’est lui, le maître, qui lave les pieds de ses disciples, alors que ce geste était habituellement effectué par un esclave !
Jésus prend la liberté de donner un autre sens à ce geste. En le réalisant lui-même, il en fait un geste d’amour, et non plus un simple code social.
Et si c’était bon le moment pour nous de réinterroger nos pratiques, de sortir des codes établis ?
Pensons à la poignée de mains, à la bise : n’étaient-elles pas parfois un peu systématiques, machinales ?
Vidées de leur sens ?
Quand je salue mon collègue le matin, qu’est-ce que je souhaite vraiment lui témoigner ?
De la proximité ? De la bonne humeur ?…
À moi d’inventer le geste qui va avec !
Christine Renouard, Église protestante unie de France
Seigneur, au moment où ceux que j’aime sont loin à cause des congés d’été ou pour d’autres raisons, je me tourne vers Toi et je te les confie.
Je te demande de les bénir, de leur faire sentir qu’ils sont aimés de Toi, comme les disciples dont Jésus a lavé les pieds pour leur signifier combien il les aimait.
Veuille pardonner mon impatience, toi qui fais preuve de tant de patience à mon égard et à l’égard de tous les humains.
Faute de pouvoir toucher physiquement ceux que j’aime, apprends-moi les gestes
de tendresse qui expriment mon affection envers eux.
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.