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La Boussole

La Boussole VI - 14

Pourquoi je donne ?

Vous avez reçu gratuitement,
donnez gratuitement.

La Bible, Évangile de Matthieu, chapitre 10, verset 8
Offrande,
P. Marièle Gissinger

Chemins de réflexion

La joyeuse réponse à ce que j’ai reçu

Notre monde encourage l’avidité, l’accumulation des objets, des richesses, et valorise celui qui sait faire de bonnes affaires. Mais pourquoi ces invitations à faire de (petits) dons en arrondissant à l’euro supérieur nos paiements à la caisse, pourquoi ces collectes de pièces jaunes, pourquoi ces performances sportives au bénéfice d’une grande cause ?
Peut-être avons-nous mauvaise conscience d’être à l’aise financièrement alors que d’autres vivent dans la précarité, d’être en bonne santé quand tant souffrent de maladies graves.
Notre humanité suscite des gestes de solidarité, même s’ils restent limités.
La « règle d’or » qui sous-tend cette éthique de réciprocité est présente dans toutes les religions.
Dans la Bible, elle est formulée ainsi : « Faites pour les autres tout ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous ». Si j’étais très pauvre, si j’étais malade, j’aurais envie que quelqu’un vienne à mon secours !
L’être humain est, dès sa naissance, au bénéfice de la vie qui lui est donnée. La générosité à laquelle je suis appelé est plus qu’une obligation pénible ou un appel un peu masochiste au renoncement,
une manière de me donner bonne conscience.
C’est la réponse joyeuse à tout ce que j’ai reçu. Quand je me déleste de ce qui m’encombre, je suis libre et j’expérimente une sobriété heureuse.
Thomas Wild, pasteur Uepal en retraite

Si j’étais très pauvre, si j’étais malade, j’aurais envie que quelqu’un vienne à mon secours !

Tout est question de motivation

Donner n’est pas un acte anodin, et nous sommes amenés aujourd’hui à nous interroger sur nos motivations lorsque nous offrons.
C’est à elles, et non au don lui-même, que Jésus regarde : il a ainsi dénoncé ceux qui, étant riches, donnaient beaucoup
pour être admirés des autres (on sonnait de la trompette pour signaler l’offrande qu’ils apportaient au temple !).
Il a en même temps indiqué à ses disciples qu’une pauvre veuve, n’ayant déposé discrètement que quelques pièces de monnaie, avait aux yeux de Dieu donné bien davantage. En effet, ce n’était pas son superflu qu’elle offrait, mais une part de son nécessaire, du fait de son grand amour pour le Seigneur.
Ce n’est pas aux autres mais à nous-mêmes d’examiner notre coeur quand nous offrons de notre argent, de notre temps ou de notre attention. Nous devrions nous demander si nous agissons par obligation, pour soulager notre conscience, pour recevoir quelque chose en retour ou au contraire, comme la Bible nous y invite clairement, sans contrainte, par empathie, de tout notre coeur.
N’hésitons pas à demander à Dieu de nous aider à éclaircir et à changer, si besoin, notre attitude par rapport au don.
Mario Holderbaum et Bruno Landais, pasteurs, Église tzigane Vie et Lumière

Il y a plus de plaisir à donner…

Je crois que j’ai toujours été bénévole, à l’école, à l’université, dans les associations de consommateurs, au temple…
C’est dans ma nature. Le bénévolat fait partie de ma vie.
J’ai un réel intérêt pour ceux qui sont autour de moi. Chaque fois que je peux me rendre utile, je le fais volontiers.
Quand j’ai connaissance d’un problème, je fais ce que je peux pour tenter d’apporter une solution.
Il n’y a pas que l’argent, on peut donner un sourire, de sa pesronne, de son temps. C’est important le temps.
J’aime écouter les gens, leur offrir une oreille attentive. J’aime aussi partager ce que j’ai appris, découvert, reçu.
Pendant le covid, j’appelais une ou deux personnes par jour pour prendre des nouvelles. J’écris aussi des cartes ou envoie des sms, le matin, à ceux qui traversent une épreuve. C’est un plaisir. Les relations, c’est essentiel, si on ne les entretient pas, le feu refroidit.
J’ai remarqué que quand je donne, je reçois en retour, comme un petit cadeau en plus.
Pendant qu’on épluche les légumes avec les copines pour les repas du CASP, on discute, on apprend à se connaître, c’est très enrichissant. J’ai beaucoup de joie à préparer de jolies tables : c’est mon plaisir de faire plaisir.
J’anime des cultes dans les Ehpad et quand je vois les résidents en sortir en souriant et tout contents, c’est une belle récompense.
Le don, ce n’est pas un sacrifice pour moi
Henriette Morénas, bénévole au temple du Foyer de l’Âme à Paris

Seigneur, j'ai conscience de mon ingratitude,
car j'oublie souvent tout ce que tu m'as offert :
une vie pleine de sens,
la promesse d'être avec moi tous les jours.
Apprends-moi à voir les signes de ta présence
et à être reconnaissant pour tous tes dons

Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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