Exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse…
La Bible, Colossiens, chapitre 3, verset 16

Véronique Legros-Sosa
Chemins de réflexion
Ces amis qui me veulent du bien
Si Noël a pour origine une fête religieuse, le Nouvel an est séculier.
De quelle nature sont alors les vœux qu’on s’y échange ?
Les belles paroles que nous recevons nous soutiennent pour regarder l’avenir.
Pourquoi ont-elles sur nous tant d’effet alors qu’elles ne s’appuient sur aucune force transcendante ?
Peut-être les vœux, pour les croyants, sont-ils malgré tout une manière de confier la personne à Dieu pour l’année qui s’annonce.
Mais ces mots disent autre chose. Ils nous rappellent que ce qui va m’advenir dans l’année dépend aussi des hommes et des femmes que je côtoie. Ces vœux sont là pour me dire que les autres ne sont pas forcément des concurrents : ils se soucient de moi, ils s’inquiètent de mes fragilités et difficultés, ils sont là pour moi, ils me veulent du bien, ils se réjouissent que j’existe.
Je ne suis pas seul pour aborder les mois qui s’annoncent : mes amis, ma famille, mes collègues sont à mes côtés, même si je ne le vois pas toujours. Je peux compter sur eux, sur leur présence plus ou moins visible.
Face à l’avenir, ces vœux sont une discrète promesse qui réduit les incertitudes de la nouvelle année.
Stéphane Lavignotte, pasteur
Ils nous rappellent que ce qui va m’advenir dans l’année dépend aussi des hommes et des femmes.
Des vœux pour illuminer ta nuit
Il n’est pas toujours facile de discerner ce qui se cache derrière les formules convenues employées pour échanger des vœux en début d’année… Mais ne pas se plier à cette tradition reviendrait à se mettre en marge du tissu social dans lequel nous sommes insérés.
L’apôtre Paul nous invite à nous encourager les uns les autres en partageant le cadeau que nous recevons dans la foi : la paix du Christ qui nous réconcilie avec Dieu, avec nous-mêmes et avec les autres, et la joie de nous savoir pardonnés.
Quelle plus belle présence pourrions-nous manifester à l’autre, celui que nous aimons, celui qui est proche dans notre condition, celui que nous côtoyons dans notre famille, notre quartier, notre lieu de travail, que de lui faire partager ce qui ne nous coûte rien mais peut adoucir sa marche, soulager sa fatigue, illuminer sa nuit ?
Les vœux peuvent être autre chose que des mots jetés en l’air par habitude et sans conviction. Ils sont susceptibles de porter des bénédictions à ceux à qui nous les adressons : des paroles qui disent et font du bien.
Avec Dieu, chaque passage peut ouvrir la voie à une vie plus grande, plus belle, plus pleine. Et pourquoi pas celui qui nous introduit dans la nouvelle année ?
Anne Faisandier, pasteur EPUdF, Temple du marais (75)
Se souhaiter de bonnes choses toute l’année
Dans notre entraide, un temps convivial est organisé début janvier, avec des brioches, pour se souhaiter la bonne année. C’est une tradition, l’occasion de se dire des choses sincères qu’on ne se dit pas dans l’année, peut-être parce qu’on ne se voit pas souvent ou parce qu’on ne prend pas le temps.
Les vœux, c’est une façon de dire à l’autre qu’il compte pour moi, que je m’intéresse à lui. Je lui manifeste mon attention, ou mon affection selon la relation.
Je personnalise toujours mes vœux, je ne souhaite pas la même chose à chacun. « Bonne année et bonne santé », c’est bien, mais ça ne suffit pas. C’est important d’individualiser : pour l’un j’espère une belle réussite professionnelle car il vient de changer de travail, pour l’autre une joyeuse retraite, pour un autre encore la résolution de ses problèmes familiaux…
Bien sûr, il faut être en bonne entente sinon les vœux sont hypocrites.
Nous devrions prendre l’habitude de souhaiter régulièrement des bonnes choses à ceux que l’on côtoie, et pas seulement en début d’année. Je crois qu’il faut multiplier les temps conviviaux où on peut parler, s’encourager, au mois de juin par exemple, avant que tout le monde parte en vacances. On peut se souhaiter aussi des bonnes choses à ce moment-là. C’est important les vœux, et pas seulement une fois par an.
Léo-Paul Castin, président de l’Association caritative et culturelle protestante du Pays niortais (79)
Seigneur, aide-moi à ouvrir mon cœur et mes oreilles aux mots de mes proches. Tu les envoies comme tes messagers, pour me dire qu’ils m’aiment et qu’à travers eux, tu m’aimes. Tu veux pour moi du bien, Laisse-moi l’accueillir à l’écoute des vœux.
Amen
Chaque semaine la Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumoniers et acteurs de terrain dialoguent.