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La Boussole

La Boussole V - 8

L’échec fait-il partie de la vie ?

Mais nous devions faire une fête et nous réjouir,
car ton frère que voici était mort et il est revenu à la vie,
il était perdu et le voilà retrouvé !

La Bible, Évangile de Luc, chapitre 15, verset 32
Le pêcheur,
Véronique Legros-Sosa

Chemins de réflexion

Touché mais pas coulé !

Parfois j’échoue. Échec et mat. Mon naufrage est retentissant. Parfois je traverse la tempête,
ballottée, secouée mais à peine ébranlée. Parfois enfin, mer d’huile, je suis épargnée.
L’échec fait assurément partie de la vie, nous en faisons l’expérience depuis tout petits.
C’est un compagnon de route avec lequel nous devons apprendre à composer.
Souvent, ce sont nos semblables qui jugent de notre réussite… qui nous apprennent à placer
la barre trop haut. Ainsi, nous avons tendance à devenir des experts en autodévalorisation,
fragiles et influencés par le regard porté sur nous.
En fait, chacun de nous est touché par l’échec, mais un échec ne nous définit pas.
Ne confondons jamais une personne avec ses échecs. Les échecs sont des événements,
des expériences, ils ne sont pas notre reflet !
Souvenons-nous que l’échec est éphémère, un instant qui visite sans prévenir.
Les autres, proches ou même inconnus, leurs gestes, leurs mots peuvent être des lumières
dans nos obscurités, des phares qui nous guident au-delà de nos tempêtes. De la même
manière, nous avons la capacité de devenir nous aussi ces phares pour autrui, offrant
soutien et compréhension.
Soyons compatissants envers nous-mêmes, envers notre prochain aussi ! Fils prodigue, ose revenir vers ton père !
Élisabeth Walbaum, déléguée à l’animation et la réflexion spirituelles à la FEP

Les échecs sont des événements,
des expériences, ils ne sont pas notre reflet !

Un looser qui n’en a pas l’air…

Le fils prodigue, c’est le bad boy par excellence, le looser dans toute sa splendeur (j’arrête là les anglicismes) ! Incapable de se projeter dans l’entreprise familiale, en conflit avec le monde entier, esclave de ses pulsions sexuelles et au train de vie dispendieux jusqu’à la ruine : il est la caricature de l’échec.
Mais cette parabole en trompe-l’oeil présente une autre situation d’échec moins « reluisante », plus enfouie, moins avouable et tellement plus proche de moi. C’est l’échec du fils aîné. Cet homme dont la vie est en ordre, où stabilité, cohérence et sérénité forment un socle existentiel inébranlable. Il accueille la vision paternelle qu’il veille à ne jamais décevoir. Sa vie est faite de
certitudes et de sécurités qui l’empêchent de comprendre à quel point il est perdu, à quel point il échoue à devenir lui-même et à trouver la liberté.
Ma vie peut se remplir de choses qui ont l’apparence de la consistance et de la vérité ; où l’engagement, bénévole et associatif compris (!), peut servir d’écran de fumée à un grand vide personnel et spirituel.
Suis-je ce looser qui n’en a pas l’air ?
Comme dans la parabole, un événement de Parole peut se produire dans ma vie, puissant à déplacer ces montagnes d’autosatisfaction et de solitude qui empêchent ma naissance. C’est l’Évangile de Jésus-Christ ! Il m’invite à rejoindre la fête, à m’abandonner à la joie, à me découvrir autre que moi dans la rencontre de l’Autre.
Pierre Lacoste, pasteur de l’Église libre de Bordeaux-Pessac

Je n’échoue jamais, soit je réussis, soit j’apprends

Chacun d’entre nous a été confronté à l’échec.
Il existe deux types d’échecs : ceux dont on comprend les facteurs et qui permettent de rebondir,
et ceux dont on ignore les causes et qui risquent de plomber l’estime de soi. J’aime raconter cette anecdote aux jeunes que j’accompagne :
Deux élèves sortent d’un examen de mathématiques. Chacun pense avoir réussi. Le premier, resongeant à sa copie, s’aperçoit qu’il a commis une erreur. Le second, quant à lui, annonce à ses parents qu’il est certain d’avoir une bonne note. Le lendemain, l’enseignant rend les copies. Les deux élèves ont 3/20. Le premier, très attentif pendant la correction, constate son erreur : il ne la commettra plus. Cet échec le fera progresser. Le deuxième, incapable d’écouter la correction, tant il est préoccupé par ce qu’il dira à ses parents, se met alors à penser : « Même quand je crois réussir, je rate : je suis vraiment nul ! » Cet échec nuira à sa capacité de progresser.
Combien il est important pour tout éducateur d’apprendre à l’enfant à relire ses échecs,
en l’aidant à en chercher les causes et les moyens pour le dépasser !
Comme aime le dire Nelson Mandela : « Je n’échoue jamais : soit je réussis, soit j’apprends. »
Jean-Marie Petitclerc, éducateur spécialisé, salésien de Don Bosco

Aide-moi
Quand je chancelle, Seigneur, que je tombe et puisse me relever aussitôt
Quand j’échoue, que je sache pleurer un peu et ne jamais oublier le rire
Quand le découragement me saisit, que je n’oublie pas les bons moments.
La vie place des échecs sur nos chemins,
aide-nous à être des phares les uns pour les autres.
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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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