Plusieurs des premiers seront les derniers et plusieurs des derniers seront les premiers.
La Bible, Évangile de Matthieu, chapitre 19, verset 30

Jean-Claude Schaal
Chemins de réflexion
Concourons en couleurs !
Je n’ai jamais été un grand sportif, tout au plus me suis-je mis à la course à pied, ces dernières
années, pour faire un peu d’exercice.
Lorsque j’étais petit, j’admirais mon grand frère, compétiteur dans l’âme, et ses qualités
– persévérance, mental d’acier, résistance, endurance – surtout dans les sports individuels
où il excellait : gym, ski, vélo… Moi, je préférais les sports collectifs, les rencontres amicales et la coopération.
Puis un problème de santé a brisé les rêves de médaille de mon frère mais étrangement,
en tout cas pour moi dans un premier temps, pas son goût pour la compétition qu’il a su
transposer dans d’autres sports plus collectifs et d’autres univers, comme celui du jeu.
J’ai découvert alors qu’on pouvait aimer la compétition pour jouer avec d’autres
et pas uniquement pour gagner.
C’est comme pour une épreuve : on peut la voir en blanc et noir – l’un gagne, l’autre perd –
ou en multicolore, chacun donne le meilleur de lui-même pour la beauté du jeu.
J’aime à penser que Dieu ne nous met pas à l’épreuve pour voir si on va réussir ou non, mais pour
nous donner l’occasion d’exprimer la palette de nos talents, comme les compagnons du devoir qui
font de leur chef-d’oeuvre l’expression de tous leurs savoir-faire.
Alors oui, dans sa version polychrome, la compétition peut avoir du bon !
Pierre-Olivier Dolino, délégué général de la Fédération de l’Entraide Protestante
C’est comme pour une épreuve : on peut la voir en blanc et noir – l’un gagne, l’autre perd – ou en multicolore, chacun donne le meilleur de lui-même pour la beauté du jeu.
Soyons des sportifs de l’amour !
Quelle année riche en événements sportifs, l’année 2024 ! Après l’athlétisme, le tennis, le football et le Tour de France, nous serons bientôt devant nos écrans pour regarder les Jeux Olympiques et Paralympiques.
Ma fille et moi sommes heureux de suivre un peu tout, et nous vibrons avec les autres amoureux du sport. Ma femme tolère, rouspète et s’exclame : « Encore ? »
La compétition sportive s’impose comme distraction majeure de notre temps et envahit littéralement l’espace public à Paris ces jours-ci.
Détente bienvenue ou « fuite » collective dans une France qui souffre socialement et politiquement ?
Je crois que le sport et la compétition sportive sont de belles et bonnes choses qui enseignent des valeurs humaines importantes : discipline et hygiène du corps et de l’esprit, effort patient et persévérant, respect de l’adversaire, sens du collectif, fraternité…
La concurrence sportive l’emporte largement sur les concurrences économique et politique qui ne me semblent pas développer ce type de vertus, loin s’en faut ! Oui, je crois dans les valeurs du sport. J’aimerais qu’il soit davantage présent dans nos quartiers défavorisés.
Si elle n’évoque pas explicitement le sport (le concept est grec), la Bible nous invite à prendre soin de notre corps mais aussi à développer ardemment des vertus du coeur, celles de l’amour.
Elles sont tout autant source de joie, de respect et de fraternité. Soyons aussi des sportifs de l’amour !
Andreas Lof, aumônier des Diaconesses de Reuilly
Les meilleurs… au service des autres
Même dans une école chrétienne, certains élèves veulent être les meilleurs, mais parfois ils sont en compétition avec eux-mêmes plus qu’avec les autres. Ils ont tellement envie de réussir, pour eux, pour leurs parents ou pour leurs professeurs, que ça peut être au détriment de leur vie personnelle, et quelquefois même de leur santé.
La compétition entre les élèves peut être bénéfique si elle se pratique dans un bon état d’esprit, sans intention de rabaisser les autres, de se moquer, de se croire le meilleur.
Je rappelle souvent une des valeurs de l’établissement : on cherche à donner le meilleur de soi-même et non pas à être le meilleur.
On peut viser l’excellence dans une émulation généreuse au lieu de s’attacher à une compétition individuelle qui s’exerce au détriment de l’excellence collective.
Le Christ était sur « le podium de tous les podiums » et il l’a quitté pour se mettre à notre portée. Il ne l’a pas fait pour se mettre en avant, mais pour se mettre au service des autres. J’encourage les élèves qui ont le plus de facilités à tirer les autres vers le haut plutôt que leurs concurrents vers le bas.
L’humilité et le service, qui sont considérés comme des signes de faiblesse par l’idéologie ambiante, reflètent le caractère de Dieu. Nous venons d’organiser des olympiades sportives avec une école partenaire allemande durant lesquelles nous avons tenu à offrir des médailles et une coupe aux joueurs les plus fair-play.
Valentin Meyer, professeur de maths-physique, Établissement privé Daniel (68)
Seigneur, tu le sais bien, dans ma course vers toi, et avec toi,
je manque souvent de souffle, de discipline, de détermination et d’élan.
Je veux croire de tout coeur à ton amour pour moi
et y puiser mon souffle et mon inspiration,
mais je n’y arrive pas toujours et je me retrouve à courir loin de toi.
Puisque ton Esprit est souffle, joie et énergie d’amour, qu’il vienne visiter mon être,
et transformer mes lenteurs et mes résistances dans un élan nouveau de vie à ta suite.
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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.