Ton amour est bien meilleur que le vin.
La Bible, Cantique des cantiques, chapitre 4, verset 10

Claire Biette
Chemins de réflexion
Une reconnexion bienvenue
Fêter la Saint-Valentin peut sembler futile et nombreux sont les bons arguments de ceux qui ne veulent pas être entraînés dans ce tourbillon commercial qui s’impose.
Pourtant, consacrer une soirée à faire mémoire de l’amour qui unit le couple est loin d’être une mauvaise idée.
Se rappeler ensemble, c’est chercher dans le passé les souvenirs porteurs qui ont donné sa saveur à la relation, se réjouir de ce que l’aujourd’hui de l’amour ait encore du goût et lui donner encore plus de sens en lançant des projets d’avenir.
Inscrire le couple dans le temps est fondamental. Cette volonté permet de dépasser l’immédiateté des sentiments et des circonstances pour prendre conscience de tout ce qui nous relie l’un à l’autre.
La Bible enseigne l’importance des commémorations. Les fêtes annuelles du peuple d’Israël en sont l’exemple frappant. Rappeler les actions de Dieu dans le passé est à la fois source de gratitude et d’espérance pour le présent.
Il en est de même dans le couple. Alors, s’il est possible de fêter l’amour n’importe quel jour et autant de fois que l’on veut dans l’année, profiter du jour national pour inviter l’élu.e de son cœur à une authentique reconnexion des esprits et des corps est une excellente façon de lui montrer la priorité qu’on lui accorde.
Nicole Deheuvels, pasteure et conseillère conjugale
Cette volonté permet de dépasser l’immédiateté des sentiments et des circonstances pour prendre conscience de tout ce qui nous relie l’un à l’autre.
Pas seulement le 14 février
Revoilà la Saint Valentin… Entre Noël et Pâques, nous faut-il participer à cette fête laïque mais ô combien religieuse avec ses rites autour des cadeaux, ses injonctions à aimer et ses grands prêtres que sont les fleuristes, les chocolatiers et les cavistes ?
Le plus grand des commandements de la Bible nous invite à aimer Dieu et notre prochain comme nous-mêmes. J’aime cette trinité qui met sur un pied d’égalité Dieu, l’autre et soi. Je crois qu’on ne peut vraiment aimer que lorsque ces trois composantes nous habitent de manière équitable. Que faut-il faire quand l’une vient à manquer ? Rien ne sert de fournir des efforts désespérés pour rétablir l’harmonie. Mieux vaut s’interroger, se questionner et prier. Laisser du temps aux autres composantes de compenser, jusqu’au retour à l’équilibre. Car l’amour ne se commande pas, il se reçoit.
Alors pourquoi fêter l’amour ? Pour combler le vide qui grandit quand les premiers moments intenses s’effacent petit à petit … Pour en raviver la mémoire et, pourquoi pas, la flamme… D’aucuns diront que c’est peine perdue, mais il arrive pourtant que la réalité dépasse le rêve et qu’un geste attentionné ou une parole affectueuse trouvent leur chemin jusqu’au cœur de l’autre et déclenchent une étincelle qui embrase son regard. Et plus si affinités.
Et si cela est vrai, ce n’est donc pas seulement le 14 février mais bien tous les jours qu’il convient de fêter l’amour !
Pierre-Olivier Dolino, pasteur, délégué général de la Fédération de l’Entraide Protestante
Accompagner la vie affective et sexuelle
La dimension affective et sexuelle fait partie intégrante de nos vies.
Au sein de notre établissement pour adultes en situation de handicap mental et psychique, j’anime un comité de réflexion éthique des pratiques d’accompagnement de la vie affective et sexuelle. Il se veut le garant de leur droit à l’intimité, à des relations épanouies, amoureuses ou amicales. Nous sommes à l’écoute de leurs besoins et attentes.
Dans nos sept lieux de vie, plusieurs couples se définissent comme tels. L’un d’eux souhaite se marier et nous a sollicités. Leur idée est de s’unir devant Dieu – l’amour de Dieu est très présent dans l’institution, nous organisons des cultes réguliers. Avec l’aumônier, nous partons de leurs représentations pour préparer et concrétiser pas à pas la célébration.
Des rencontres sont organisées, parfois avec d’autres établissements. Elles permettent de tisser des relations amicales ou amoureuses. Tout comme la « cafèt » gérée par et pour les résidents. On valorise beaucoup l’amitié.
Savoir qu’on compte pour un autre qui n’est pas un professionnel développe l’entraide, le soutien, l’empathie, la bienveillance, l’intégration sociale, l’estime de soi… L’amour et les liens d’amitié forts font du bien.
La Saint-Valentin est célébrée dans l’établissement par des échanges de cadeaux achetés ou fabriqués en atelier, par des décorations, un repas spécifique.
C’est un jour marquant, les amoureux se portent une attention toute particulière même s’ils vivent l’amour au quotidien à leur manière.
Morgane Dottore, psychologue, Fondation Sonnenhof à Bichwiller (67)
Toi qui es amour, emporte dans ton amour :
nos souvenirs, nos paroles, nos cadeaux et nos regards échangés.
Car si nous pouvons aimer, c’est parce que toi, le premier,
tu nous as aimés.
Amen
Chaque semaine la Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumoniers et acteurs de terrain dialoguent.