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La Boussole

La Boussole I - 18

Faudra-t-il rattraper le temps perdu ?

Il y a un moment pour tout
et un temps pour chaque chose sous le ciel :
(…)
un temps pour jeter des pierres et un temps pour amasser des pierres, un temps pour embrasser
et un temps pour éviter d’embrasser, un temps pour chercher et un temps pour perdre, un temps pour garder et un temps pour jeter.

Ecclésiaste chapitre 3 v1, 5 et 6
Une mosaïque représentant une spirale dans les tons bleus, vert rouge et jaune.
Glass tile swirl abstract outside the Glazer Children’s Museum in downtown Tampa, Florida, USA

Chemins de réflexion

Un temps pour le tri dans nos activités

A la rentrée, nous dit-on, les enfants devront rattraper le programme scolaire, et les entreprises leur compétitivité…
Pourrons-nous rattraper tout ce que nous n’avons pas fait, pas appris pendant la pandémie ?
Devrons-nous « mettre les bouchées doubles », au risque de faire exploser nos agendas bourrés ?
Et alors que nous avons goûté au silence des rues rendues aux piétons et aux oiseaux, devrons-nous reprendre la vie d’avant avec son rythme effréné, comme si rien ne s’était passé ?
Si nous ne prenons pas le temps de nous demander ce que nous voulons garder de positif de ce temps, n’est-ce pas ainsi qu’il sera réellement perdu ?
Nous avons traversé une crise.
En grec, le mot « crise » signifie « tri » : une crise nous invite à faire le tri dans nos activités, à faire des choix dans nos vies.
Il y a un temps pour chaque chose, dit Qohélet : nous ne pouvons pas vivre tous les temps en même temps. Le temps de l’été peut être propice à nous resituer dans notre vie. Que ce temps soit un temps offert, dont nous nous saisissions avec confiance !
Christine Renouard, Eglise Protestante Unie de France

Une crise nous invite à faire le tri dans nos activités, à faire des choix dans nos vies.

Mon rapport au temps

Il y eut un temps de confinement et un temps de déconfinement, un moment d’arrêt et un moment de reprise.
Avons-nous du temps à rattraper ?
Notre vie est rythmée par différents temps et parfois tout se bouscule, s’agite.
Il faut tout faire et faire vite : vie familiale, travail, loisirs, voyage…
Certains courent après le temps… « ils ne prennent plus le temps de passer dans ma chambre » se plaint une résidente. « Pas le temps de parler, j’ai d’autres urgences » clame un soignant.
Ce sentiment de courir après le temps est présent en chacun de nous, il nous envahit, nous étouffe et nous panique.
Courir après le temps c’est comme vouloir attraper le vent. Courir pourquoi ? pour quoi ?
Pour consommer plus ? Pour faire plus ?
Le livre de l’Ecclésiaste nous invite, non pas à rattraper le temps perdu, mais à saisir le temps qui se présente à nous. Vivre l’instant au présent.
Ai-je envie de vivre mon rapport au temps comme le propose ce texte biblique ?
Pierre-Jean Soler, Fondation de l’Armée du Salut

Donner de la continuité au temps

Le temps est précieux et chaque minute compte.
Nous nous comportons comme si nous devions rendre des comptes de notre manière d’utiliser le temps : temps de travail, temps de loisir, temps collectif et familial.
Ce dosage subtil fait l’objet d’une attention sans arrêt renouvelée mais aussi d’une angoisse sourde à vouloir concilier l’inconciliable.
Alors que faire de ce temps qui s’arrête ? Dans quelle catégorie le ranger ? Serons-nous redevables de l’après confinement ?
St Augustin a exprimé mieux que personne dans les Confessions le vertige que nous éprouvons à définir le temps, avec cette célèbre formule : « Qu’est-ce que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais bien ; mais si on me le demande, et que j’entreprenne de l’expliquer, je trouve que je l’ignore ».
Pour Augustin aucune des trois temporalités que nous avons l’habitude de distinguer ne semble avoir la moindre consistante : le passé n’est plus, le futur n’est pas encore, alors que le présent, lui, ne cesse de passer.
Ce n’est donc pas tant l’alternance des temps tel que nous le présente le livre de l’Ecclésiaste qui nous structure mais l’élasticité propre à notre esprit qui nous permet de donner de la continuité au temps.
Brice Deymié – Fédération protestante de France

Seigneur, tu nous offres non pas un temps mais des temps, et nous sommes libres de les habiter comme nous le voulons.
Toutes les possibilités sont devant nous. Aide-nous, Seigneur, à discerner ce que tu veux pour nous, pour tous, pour le monde.
Si c’est un temps pour amasser des pierres, que ce soit pour bâtir des maisons !
Et si c’est un temps pour ôter des pierres, que ce soit pour aplanir les chemins !
Que nos actions se tournent toujours vers plus de vie, plus d’amour !

Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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