N’aie pas peur ! À partir de maintenant,
La Bible, Évangile de Luc, chapitre 5, verset 10
tu seras pêcheur d’hommes.

Claire Biette
Chemins de réflexion
Un métier tourné vers l’autre a du sens
J’ai connu ces dernières années plusieurs jeunes, des trentenaires, qui ont choisi de changer
radicalement de métier. Dans bien des cas, ils aspiraient à trouver davantage de sens dans leur
vie professionnelle et à se sentir mieux à leur place. Parfois, il leur a fallu reprendre le chemin
de l’école. Et bien du courage ! Mais ce choix s’est avéré la plupart du temps fructueux et
épanouissant.
C’est important, dans la vie, de faire un métier qu’on aime vraiment ! Bien sûr, le risque existe
de croire « qu’ailleurs c’est toujours meilleur ». Ce n’est pas forcément le cas. Mieux vaut
réfléchir avant, discuter avec les uns et les autres, bien s’informer, prendre le temps et laisser
mûrir la décision.
Personnellement, je crois que tout métier tourné vers l’humain et au service de l’autre peut
être ou devenir un chemin plein de sens, de beauté et de satisfaction. Et cela même dans des
contextes difficiles.
C’est le défi de chacune de mes rencontres : chercher, par ma disponibilité intérieure, à créer
une relation où l’autre se sent respecté, écouté, aidé, aimé.
Cette disposition du cœur peut ensoleiller n’importe quelle journée de travail.
Jésus appelle ses disciples à le suivre sur un chemin résolument tourné vers l’autre,
notre frère et sœur en humanité, et à y découvrir la présence de Dieu et la
joie d’aimer.
Andreas Lof, aumônier des Diaconesses de Reuilly
C’est le défi de chacune de mes rencontres : chercher, par ma disponibilité intérieure, à créer une relation où l’autre se sent respecté, écouté, aidé, aimé.
Tous les métiers suscitent des frustrations
Le mot travail vient du latin tripalium qui désigne un instrument de torture ! Dans l’antiquité, le travail ne donne pas de sens à la vie, il est réservé aux esclaves.
Sa signification est revalorisée par les réformateurs protestants qui le rapprochent d’une vocation. En allemand, « Beruf », métier, a la même racine que « Berufung », vocation.
La Réforme rappelle l’idée biblique du sacerdoce universel : tout croyant a une vocation. L’artisan, le cultivateur, le savant, le pasteur… jouent un rôle dans la société et l’Église, tous sont des serviteurs de Dieu, chacun agit en fonction de ses talents.
Un chrétien chinois, après des décennies de persécution de la chrétienté dans son pays, écrit : « Nous n’avons plus d’hôpitaux, d’œuvres sociales qui nous permettent d’apporter un témoignage. Mais chacun de nous, en faisant son travail avec intégrité et honnêteté, puis en participant à la vie cultuelle de l’Église, témoigne autour de lui et donne un sens à son activité professionnelle, même si celle-ci paraît peu épanouissante. »
J’ai eu le privilège d’exercer un métier vocationnel. Je n’en ignorais pas les difficultés, mon père exerçait le même métier.
Tout emploi suscite des frustrations, et il arrive qu’une vocation ne puisse s’épanouir dans le travail. La Bible est remplie de personnes qui ont emprunté une autre voie, parfois de manière spectaculaire. Un simple changement de regard permet parfois aussi d’avancer.
Thomas Wild, pasteur Uepal en retraite
Il faut laisser une porte ouverte
Je suis job coach. J’accompagne à l’emploi (coaching) des personnes qui ont une reconnaissance de qualité de travailleur handicapé mais aussi des bénéficiaires de la protection internationale ou subsidiaire, demandeurs d’emploi.
Dès le début de mon intervention, l’attention est portée aux préférences de la personne. Mon rôle est de servir d’interface entre le salarié et l’entreprise pour une pérennisation et, si besoin, un aménagement du poste de travail.
Je ne me positionne pas comme sachante : j’apporte des expertises, des techniques, des informations, dans une collaboration partagée de la prise de décision. La personne est au cœur du dispositif, mon but est qu’elle fasse un choix éclairé en toute connaissance de cause.
La personne a un travail souhaité, rêvé, nous œuvrons ensemble à la réalisation de ce projet professionnel car il a du sens pour elle.
Elle va développer, mobiliser ses compétences ou en acquérir de nouvelles. Ouvrir le champ des possibles, avoir une expérience.
Un poste provisoire, même s’il ne correspond pas aux aspirations profondes, permet d’acquérir des compétences transférables, de se sentir utile, revaloriser son image, avoir des revenus pour se loger, se sentir reconnu dans une société inclusive.
L’important est de toujours laisser une porte ouverte. De pouvoir se projeter.
Stéphanie Pauliat, job coach, Fondation Diaconesses de Reuilly
Seigneur,
Je ne me sens pas à l’aise au travail. Je rêvais d’une autre carrière.
Je pensais que ce serait mieux, plus harmonieux, moins stressant.
Je te prie : aide-moi à avoir du discernement.
Tu veux la vie en plénitude pour chacun de tes enfants. Que puis-je faire ?
Dois-je changer d’orientation ? Dois-je demander une mutation ?
Suffirait-il que je jette un autre regard sur mon travail ?
Inspire-moi de bonnes décisions.
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.