Dès que quelqu’un est uni au Christ, il est un être nouveau : ce qui est ancien a disparu, ce qui est nouveau est là.
La Bible, 2 Corinthiens, chapitre 5, verset 17

Claire Biette
Chemins de réflexion
Mon histoire continue de s’écrire
Le renouveau n’est pas un événement lointain. Il se glisse dans l’usure de nos lundis, dans ce qui recommence sans bruit. Au-delà des mots de la foi, cette promesse nous invite à reconnaître que quelque chose, déjà, cherche à naître en nous. Nous traversons tous des petites morts – renoncements, déceptions – mais nous sommes aussi tissés de petites résurrections, de miracles modestes et de passages silencieux.
Tout dépend de mon regard. Je ne suis pas seulement l’artisan du renouveau, j’en suis l’hôte. Même la mauvaise surprise peut devenir le berceau d’un autre possible.
Mon chemin pour aujourd’hui : le printemps ne dépend pas du bleu parfait du ciel, mais de cette sève qui circule malgré tout. Je choisis de guetter les résurrections invisibles, dans le béton de la ville ou le silence de mon jardin.
Comme le suggérait Paul Ricœur, je découvre que je suis un « être capable » : ma vie n’est pas une statue figée ou un livre déjà fermé. Elle est une histoire qui continue de s’écrire. Je ne suis pas seulement mes fatigues, je suis aussi les nouvelles couleurs que je choisis d’ajouter à ma palette aujourd’hui.
Que le ciel soit gris ou d’un noir d’encre, j’avance dans le nouveau qui m’est donné : je puise dans cette joie imprenable la force d’habiter pleinement ma vie.
Éliane Wild, aumônier de l’Uepal en retraite
Je guette les signes discrets d’une vie qui renaît
Nous sommes des créatures impatientes. Nous aimons voir des résultats immédiats. Les contes de fées de nos enfances ne nous promettent-ils pas que la petite « bonne à tout faire » deviendra un jour princesse, d’un coup de baguette magique ?
Le verset de cette semaine semble abonder dans ce sens. Il nous déstabilise et nous rend perplexes parce que nous avons souvent l’impression que rien n’évolue vraiment dans nos vies et que le renouveau tarde à se manifester. Pourtant, c’est au beau milieu d’un quotidien assombri par l’actualité que, en ce temps de Pâques, les chrétiens du monde entier ont fêté – ou fêteront – la résurrection, avec sa promesse de vie nouvelle.
La foi ne nous détache pas des réalités de la vie ordinaire, mais elle nous invite à nous ouvrir à des perspectives nouvelles. Telle une petite semence d’herbe qui réussit à se frayer un chemin et à germer dans une fissure du trottoir, le renouveau peut s’enraciner et surgir dans les endroits les moins propices et les plus improbables – y compris au cœur de nos propres vies. Même si ma routine ne change pas, mon regard peut évoluer. À moi de m’exercer à chercher et à accueillir toutes les petites résurrections du moment présent, signes discrets mais réels d’une vie qui renaît.
Alison Wyld, pasteure, Église Baptiste de Morlaix-Roscoff
Le renouveau peut s’enraciner et surgir dans les endroits les moins propices et les plus improbables.
L’aspiration au renouveau est pulsion de vie
Le renouveau peut naître en soi mais nous avons besoin de formations, de colloques, de rencontres, d’apports extérieurs pour stimuler et développer notre réflexion.
Au niveau personnel comme professionnel, la vie est faite de petites morts, échecs, souffrances, et de petites résurrections conditionnées à notre résilience, cette capacité à rebondir, à surmonter les difficultés, les changements, les traumatismes.
Nous ne sommes pas responsables des accidents de vie qui surviennent mais nous sommes responsables de ce que nous en faisons. Parfois, nous sommes vulnérables à cause de notre situation psychologique : des petites morts peuvent conduire à des dépressions, maladies, comportements addictifs, troubles du sommeil… et mettre à mal notre capacité à trouver des ressources pour « ressusciter ». Il faut alors chercher de l’aide auprès d’un professionnel.
Quand on travaille dans le médico-social, il est essentiel d’être en mesure de prendre soin de soi pour pouvoir aider les autres.
C’est important d’aspirer à un renouveau. Si la routine offre la stabilité, des repères, des horizons, elle peut aussi lasser, assoupir. L’aspiration au renouveau amène une pulsion de vie. Les changements peuvent déstabiliser mais ils produisent beaucoup de richesses, même si rien n’est jamais parfait, même s’il reste toujours des choses à améliorer et c’est heureux.Texte
Caroline Brisset, psychologue au SAVS au Fil de l’Ourcq, AEDE (77)
Dieu de Vie,
donne-moi de percevoir, sous mes lassitudes,
la sève d'une petite résurrection qui commence.
Aide-moi à changer de regard.
Que je ne sois plus prisonnier de ce qui a été,
mais l'hôte de ce qui cherche à naître.
Amen.
(d’après Lytta Basset)
Chaque semaine la Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.
Titre de la bulle
Texte
Auteur
Titre de la bulle
Texte
Auteur
Prière
Chaque semaine la Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumoniers et acteurs de terrain dialoguent.