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La Boussole

La Boussole II - 09

Et ceux qui ne seront jamais déconfinés ?

Au bord de la piscine de Bethzatha, une foule de malades et infirmes en tous genres. Ils guettent le moment où l’eau du bassin va s’agiter car à ce moment précis, le premier qui saute dedans est guéri.
Un infirme n’essaie même pas. Jésus le remarque et l’interroge.
L’infirme lui répondit : « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau commence à s’agiter. »

La Bible, évangile de Jean chapitre 5 verset 7.
Une mosaïque représentant une spirale dans les tons bleus, vert rouge et jaune.
Glass tile swirl abstract outside the Glazer Children’s Museum in downtown Tampa, Florida, USA

Chemins de réflexion

Qui s’occupera des laissés-pour-compte ?

Tous se réjouissent de la fin prochaine du confinement.
Tous ? Hélas non.
Les détenus en prison restent « confinés », ainsi que de nombreuses personnes atteintes de handicap mental et/ou physique, ou les personnes dépendantes ne pouvant pas sortir.
Leur situation est d’autant plus douloureuse qu’ils voient les autres sortir de leur enfermement.
Qui leur rendra visite ?
Élargissons la question : qui, indépendamment de la pandémie, se préoccupe aujourd’hui des laissés-pour-compte ?
Qui vient en aide à ceux que ni les pouvoirs publics, ni les associations, ne connaissent ? Nul ne sait combien ils sont.
Il nous arrive de les rencontrer : par exemple les personnes souffrant de solitude, sans famille ni amis proches, qui voient leur santé se dégrader.
Il y en a un qui est capable de leur venir en aide : Jésus Christ.
Il l’a montré à la piscine de Bethzatha quand il a relevé le paralytique qui, depuis 28 ans, attendait qu’une personne le porte jusqu’à l’eau de la piscine dans l’espoir d’être guéri.
Christian Tanon, Pasteur. Église Protestante Unie de France

Qui vient en aide à ceux que ni les pouvoirs publics, ni les associations, ne connaissent ?

Tisser du lien

Le confinement a été éprouvant pour beaucoup.
Enfin, le retour aux terrasses, les sorties entre amis, les visites de lieux culturels.
Mais il ne faudrait pas trop vite crier victoire, ni penser que le confinement est résolument derrière nous.
Ce serait oublier ceux qui au quotidien endurent l’isolement, l’enfermement, l’internement pour diverses raisons : les malades, les rejetés, les prisonniers, les incompris…
Les murs qui les coupent des autres peuvent être faits de pierres comme de paroles ou de jugements excluants.
L’infirme au bord de la piscine de Bethzatha est un de ceux-là. Il est condamné, à tout jamais, à vivre à côté des autres, dans une prison de verre qui l’éloigne du reste des vivants.
Par son action, Jésus le réinsère, le place au milieu des autres.
N’est-ce pas la visée du travail des Entraides locales et de nos Établissements de tisser ce lien humain et social avec ceux que la vie a confinés et isolés ? Une action collective et individuelle d’ordre spirituel.
Denis Heller, Pasteur. Fondation Diaconesses de Reuilly

Des actes gratuits en humanitude

Depuis 38 ans, au bord du bassin, un homme attendait un miracle.
Enfermé dans son corps souffrant, sans autonomie, isolé au milieu de la foule, il pousse un cri, son seul recours: « Maître, je n’ai personne pour m’emmener dans le bassin quand l’eau s’agite ».
Les personnes âgées, isolées au milieu de tous, recluses dans leur mutisme apparent osent-elles pousser un cri de détresse ?
Tous les vendredis après-midi, à l’Ehpad Jeanne d’Albret d’Orthez, deux clownes Turbule et Pétula viennent libérer des émotions enfouies chez les résidents. Elles déambulent dans les couloirs, ouvrent les portes des chambres, retrouvent un groupe rassemblé dans un salon.
Partout, elles donnent des bulles de tendresse gonflées d’empathie et de bienveillance.
Alors… André, cloué sur son fauteuil roulant se met à danser avec Turbule !
Jean à parler espagnol avec Pétula en savourant sa langue maternelle abandonnée depuis des lustres…
Bien sûr, ce travail à visée thérapeutique et ces actes gratuits en humanitude ont été pensés avec l’équipe soignante. Cathy, la directrice constate : « le regard décalé du clown et ses modes de communication différents peuvent montrer d’autres voies aux équipes et changer leur regard sur les résidents ».
Comment poser un regard plein de compassion sur nos frères enfermés dans la souffrance ?
Peut-être en nous rappelant cette fois où nous-mêmes avons poussé ce cri de détresse ; « des profondeurs, je crie vers toi Seigneur, écoute mon appel » !
Renée Lagelouze-Touzaà, administratrice de l’association. Les Maisons de Jeanne D’Albret à Orthez

Seigneur nous te remettons tous ceux qui sortent du confinement et peuvent enfin faire ce qui leur tient à coeur.
Nous te remettons aussi ceux qui pour diverses raisons ne le peuvent pas, qui restent confinés, enfermés.
À ces derniers, apporte une Parole de consolation et d’espérance par les moyens que Toi seul connaît.
Suscite des visiteurs en presenciel ou en distanciel.
Accorde-leur la paix du coeur !

Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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