Jésus appela la foule et leur dit :
La Bible, Mathieu 15, 10-11
« Écoutez et comprenez bien :
Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche d’une personne qui la rend impure. Mais ce qui sort de sa bouche, voilà ce qui la rend impure. »

Chemins de réflexion
Un autre regard sur l’extérieur
Beaucoup de religions à travers le monde définissent des règles précises de ce qui est pur et de ce qui est impur.
La société dans laquelle évolue Jésus est marquée par ces règles qui déterminent le lien social : les personnes que l’on peut toucher, celles avec qui on peut manger, celles avec qui on peut se marier… Jésus va enfreindre toutes ces lois pour définir de nouvelles lignes de partage.
La crise sanitaire nous a replongés avec dureté dans ce monde binaire entre le sain et l’infecté.
Mais tout devient flou car les frontières sont mouvantes et nous soupçonnons la contamination partout.
Il est indispensable de réentendre la parole du Christ, révolutionnaire pour l’époque, qui appelle chacun à la responsabilité individuelle.
Il nous demande, d’une part, d’intégrer la norme pour nous-mêmes et d’autre part de considérer l’extérieur comme potentiellement pur.
Autrement dit, ce n’est pas l’autre le problème, c’est d’abord moi.
Brice Deymié, Fédération protestante de France
Autrement dit, ce n’est pas l’autre le problème, c’est d’abord moi
Les envahisseurs ne nous changent pas
Il y avait eu les infirmières ou les pompiers à qui leurs voisins demandaient d’aller habiter plus loin parce qu’ils pouvaient « contaminer » le quartier.
Il y a de cela quelques dizaines d’années, il y avait les malades atteints du sida qui ne pouvaient pas le dire à leurs proches, sans courir le risque de devenir des « pestiférés » que l’on arrête de fréquenter.
Soyons vigilants pour que cela n’arrive pas à propos de la Covid-19.
Le virus, entré en eux comme un envahisseur, n’a rien changé à la beauté de leur personne.
Leurs paroles et leurs actes sont toujours capables de donner à l’autre force et courage.
Jésus mettait à mal l’idée de pureté d’un individu parce qu’il respecterait tel ou tel régime alimentaire, pour mettre à l’honneur la pureté des paroles et des actes posées par cette même personne.
Rien de ce qui nous envahit, virus, microbes, nourriture… ne peut nous rendre infréquentable !
Sans doute est-il de la responsabilité de chacun d’en témoigner haut et fort, en paroles et en actes !
Isabelle Bousquet, Église protestante unie de France, Fondation John BOST
Un pas en avant, un pas en arrière…
Dans la Bible, au livre du Lévitique, la loi mentionne la conduite à tenir pour la personne atteinte d’une maladie infectieuse : « La personne qui a cette maladie doit porter des vêtements déchirés. Elle ne se coiffe pas. Elle couvre le bas de son visage. Elle doit crier : « Impure ! Impure ! » Elle reste impure tant qu’elle est malade. C’est pourquoi elle doit habiter à l’écart, en dehors du camp. »
Avec notre langage d’aujourd’hui : « StopCovid », « Contact ou sans contact ? », « Gestes Barrières », que dit ton coeur devant l’autre qui devient une menace pour ta santé ? Que lui dis-tu par ton langage ?
Nous pouvons contaminer l’autre, le contaminer par notre indifférence, nos paroles blessantes, notre regard…
Nous sommes nous-mêmes contaminés, pestiférés par nos peurs, nos préjugés, notre manque d’amour…
Rêvons le monde d’après : Un changement d’attitude, un coeur transformé, sans jugement, un accueil inconditionnel pour s’approcher de « l’autre ».
Voici certainement La Bonne Nouvelle : les paroles de Jésus peuvent être guérison pour moi et pour l’autre.
Pierre-Jean Soler, Fondation de l’Armée du Salut
Seigneur, ta parole m’interpelle encore aujourd’hui.
Je peux m’interroger, et regarder au fond de mon être.
Me placer dans ton amour et ton pardon me donne la joie.
Me placer dans ta présence, pour prendre courage.
Seigneur, renouvelle en moi mes forces,
Viens redonner l’espérance à notre monde malade.
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.