Alors que tout lui interdisait d’espérer,
La Bible, Romains, chapitre 4, verset 1
il a espéré et il a cru.

Nom artiste
Chemins de réflexion
La désillusion n’est pas une fin mais une ouverture
La déception naît du décalage entre ce que nous espérions et ce que le réel nous offre.
Elle est le fruit d’un malentendu entre nos désirs et le monde, une tension entre l’idéal
et le possible.
En nous conviant à espérer contre toute espérance, est-ce que l’apôtre Paul nous demande de fuir notre condition humaine ?
Non, parce que la déception est une invitation d’abord à un retour à soi pour comprendre ce qui, en nous, souffre de cette dissonance entre le rêve et le réel.
Paul nous suggère ici de ne plus chercher à éviter la déception. Pour le dire avec le langage de tous les jours, il nous propose d’accueillir l’imperfection du monde sans renoncer à y trouver de la beauté, à voir dans chaque désillusion non pas une fin, mais une ouverture.
Ne pas être déçu, ce n’est pas réduire nos désirs ou renoncer à l’action, c’est au contraire
continuer à aimer, à créer, à lutter, sans illusion mais avec intensité.
N’éteignons pas notre feu intérieur par peur d’être déçu mais nourrissons le autrement.
Vivons nos rêves dans la lumière crue du réel.
Brice Deymié, pasteur de l’Église protestante française au Liban
Ne pas être déçu, ce n’est pas réduire nos désirs ou renoncer à l’action, c’est au contraire
continuer à aimer, à créer, à lutter, sans illusion mais avec intensité.
Un antidote pour échapper à la déception
Pâques vient de passer avec ses fortes émotions liées à l’arrestation, la mort, la mise au tombeau et surtout, la résurrection de Jésus. Ce dernier point devient central pour les chrétiens, pilier de leur foi.
Pour autant, les disciples d’Emmaüs restent tristes, déçus ! Ils sont rejoints par Jésus mais ne le reconnaissent pas.
Par sa présence, son écoute, ses paroles et surtout son geste olrsqu’il bénit et rompt le pain, il leur permet de sortir de leur déception et de retrouver une joie, une espérance, une dynamique vitale.
Combien de fois ne suis-je pas déçu par l’autre, les autres ? Mes yeux n’arrivent plus à discerner la réalité, à dépasser la situation parce que mon jugement est perturbé par mes biais.
L’écart entre mes attentes et la réalité est trop important. Alors j’ai besoin de me décentrer, seul ou avec l’aide d’un tiers, pour accepter la réalité, accepter l’autre tel qu’il est avec ses forces et ses faiblesses, voire m’accepter tel que je suis.
Vivre pleinement ma vie en acceptant mes défauts, comme ceux des autres, devient l’antidote de mon idéalisation et me permet d’échapper à bien des déceptions.
Une des clés se trouve dans le regard porté sur soi, sur l’autre et sur le monde.
Philippe Aurouze, pasteur, aumônier national protestant des prisons
Acceptons le temps long
participation de leur part et elles refusent ou ne parviennent pas à s’impliquer.
Elles ont pourtant la liberté de contribuer aux projets ou de ne pas. Nous proposons mais n’imposons jamais.
Parfois, accompagner une personne en réinsertion est source de déception, ou plutôt de frustration : on se démène pour décrocher des rendez-vous administratifs, une piste de travail est offerte, une perche est tendue et finalement la personne, parce qu’elle n’est peut-être pas encore prête, ne la saisit pas.
Accepter l’autre comme il est, respecter son rythme au lieu de l’appréhender à travers nos propres repères et de projeter sur lui nos attentes, évite d’être déçu. C’est une vraie leçon de vie.
Nous sommes tous différents, nous avons tous des parcours singuliers, on ne peut forcer personne sauf à verser dans une forme de paternalisme.
Accepter le temps long, être là, présent, en soutien, parfois quotidiennement, pour maintenir la personne à flot, lui permettre d’envisager de nouvelles potentialités, pas après pas… c’est d’abord ça l’accompagnement.
Si on est en phase avec les capacités de l’autre, si souvent affectées par les situations difficiles de la vie et les obstacles à surmonter – notamment s’il est dans la rue -, on n’est jamais déçu.
Michael Kalfon, directeur du Foyer de Grenelle (Paris)
Aide-moi mon Dieu à ouvrir les yeux.
Aide-moi à placer ma confiance en toi
pour vivre la réalité sans idéalisation mais dans l’espérance.
Merci de m’aider à dépasser mes déceptions
en développant un regard bienveillant.
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.