En effet, si notre cœur nous accuse, nous le savons, Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît tout
1 Jean 3, 20

Chemins de réflexion
Des voisins demandent à une infirmière de déménager pour ne pas apporter le COVID19 dans le
quartier ! Notre température est prise en arrivant au travail… Comment ne pas voir, impuissant, monter en soi cette possible culpabilité d’être celui ou celle par qui le COVID19 se transmet ? Faire du bien, soigner, nourrir, nettoyer, prendre soin de l’autre et se voir accuser par soi-même ou par d’autres de leur faire du mal ! Accusé ainsi par d’autres, c’est souvent arrivé à Jésus. En général il répondait en s’ancrant à nouveau dans sa mission reçue de Dieu : annoncer en actes et en paroles à ses contemporains la présence de Dieu. Cette expérience, les premiers chrétiens l’ont sans doute aussi vécue, et y répondent en s’ancrant dans la conviction que notre propension à la culpabilité n’est pas le projet de Dieu. S’ancrer, se ré-ancrer dans notre mission, se la redire et entendre un autre nous la redire ; et du coup pouvoir laisser nous traverser peurs et culpabilités pour qu’elles ne soient que de passage… voilà qui nous ouvre un chemin pour choisir la vie.
Isabelle Bousquet, Pasteur de l’Eglise Protestante Unie de France. Fondation John BOST
S’ancrer, se ré-ancrer dans notre mission, se la redire et entendre un autre nous la redire
Au tribunal de mon cœur, je suis souvent sévèrement jugée, car il n’est juge plus redoutable que soi même ! Le dialogue intime avec mon cœur, ma conscience, me met souvent en demeure de répondre : pourquoi as-tu pris telle décision et non telle autre ? Es-tu sûre de ne pas te tromper ? L’indécision me ronge, le sentiment de culpabilité me traverse, je voudrais tellement bien faire, être à la hauteur ! Et si j’accueillais mes émotions avec le regard de Dieu sur moi ? Avec sa tendresse ? Si je prenais mes décisions, non pas seule à seule avec ma conscience, mais devant Dieu ? Il connaît mes hésitations, mes tourments. Dieu connaît toutes choses, et c’est l’amour qui est la mesure de son jugement. Il sait si c’est au nom de l’amour que j’agis : amour de mes proches, mais aussi amour du prochain, celui dont je me fais proche, celui qui m’a été confié, et dont je suis responsable.
Christine Renouard, aumônier coordinateur, Fondation Diaconesses de Reuilly
Le philosophe Emmanuel Kant écrit dans Métaphysique des mœurs que tout homme à une conscience et se trouve observé et menacé par un juge intérieur. Pour Kant nous nous forgeons nous-même cette puissance en nous et elle devient ainsi inhérente à notre être. L’homme ne peut pas s’en affranchir. Il peut essayer de l’éluder, « de s’étourdir ou de s’endormir » mais il ne peut éviter de revenir à lui. Notre conscience nous rappelle donc de manière parfois cruelle que nous ne sommes jamais à la hauteur de ses exigences. Mais Dieu est plus grand que notre conscience. Dieu prend de la hauteur sur nous même pour nous éviter un face-à-face mortifère. Il nous appelle à passer par lui avant de revenir sur nous-même. Ce détour va permettre de libérer nos actions de leur évaluation permanente et de voir en Dieu, non un juge sévère mais celui en qui le sens ultime des choses se révèle.
Brice Deymié, aumônier national des prisons
Dieu n’est visible qu’en Jésus-Christ. Aussi, voit-il plus loin que nos fautes et nos imperfections. Il en connaît les racines cachées. C’est pour cela qu’il est venu pour nous sauver du mal qui nous tracasse, et nous conduire à Dieu le Père. Oui, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît tout (1 Jean 3 : 20). Son amour est plus grand que nos faiblesses et nos péchés. En Jésus, nous sommes entourés de la tendresse de Dieu. En Jésus, mort pour nous sur la croix et ressuscité, nos imprudences, nos fautes auront servi à révéler à chaque être humain la grandeur et la profondeur du cœur de notre Dieu.
Major NGIMBI Jean-Claude, Pasteur et Directeur de l’Accompagnement spirituel, Fondation de l’Armée du Salut
Seigneur, l'eau n'étanche pas toujours la soif, le pain n'apaise pas toujours notre
faim, le travail fait avec courage et sérieux n’apaise pas toujours la peur et la
culpabilité, l'amitié ne pénètre pas toujours jusqu'à notre dernière solitude.
Il reste une soif, il reste une faim, il reste une peur, il reste un sentiment de culpabilité,
il reste un besoin d'amour. Mais c'est dur de se l'avouer. C'est dur de te l'avouer. Dur et
risqué de dépendre de toi, Dieu.
Bien sûr, Seigneur, nos mémoires se souviennent de ce que tu as dit à la Samaritaine,
aux disciples, à la foule : « Qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus soif ; au
contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie
éternelle. » (Jean 4:13).
Nos mémoires se souviennent. Mais, Seigneur, ces mots ne nourrissent pas toujours,
ne transforment pas toujours notre quotidien en vie éternelle. Aujourd’hui, je veux
accepter de dépendre de toi, de recevoir de toi nourriture pour mon esprit, eau vive
pour mon besoin d’énergie, assurance de ta présence pour ma peur, certitude de
t’obéir pour mon sentiment de culpabilité. Merci.
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.