SOUTENIR LA FEP
La Boussole

La Boussole

Après Noël : comment quitter Bethléem ?

Puis les bergers prirent le chemin du retour.
Ils célébraient la grandeur de Dieu et le louaient
pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu…

La Bible, Évangile de Luc, chapitre 2, verset 20
La montée,
Evelyne Widmaier

Chemins de réflexion

L’an prochain à Bethléem ?

Nos vies sont une succession d’habitudes et d’événements, de temps forts et de routines, rythmées comme des horloges. Noël, événement routinier, s’il en est, échappe un peu à la règle.
Tout commence par un récit de bergers gardant leurs troupeaux. C’est d’un ennui mortel.
Une activité professionnelle ou associative réglée comme du papier à musique où chaque chose est à sa place, les collègues, les missions, les bénévoles, les horaires… Nous sommes tous gardien d’un troupeau.
Et puis survient cette parole, cette rencontre, déclencheuses d’une plongée hors de soi,
au terme de laquelle je ne serai plus jamais le même. Une parole à la fois sidérante
et entraînante qui met en route vers Bethléem. Une rencontre avec l’enfant de la crèche.
Le vrai, le premier Noël dans toute son intensité.
On pourrait en rester là. Construire une Église de la nativité ou un autel intérieur dans ce nouvel espace sacré. Faire de l’intensité bethléemienne notre nouvelle routine.
Mais voilà, tout le monde s’en va. Le concert d’anges se fait silence. Les bergers repartent vers leurs troupeaux. Noël est fini. La vie reprend ses droits.
Une chose pourtant a changé. Le chant des anges est devenu celui des bergers.
Ces hommes ne sont plus seulement des gardiens, ils sont devenus des témoins.
Pierre Lacoste, pasteur de l’Église libre de Bordeaux-Pessac

Une chose a changé. Le chant des anges est devenu celui des bergers.

La paix, même quand le sapin est sur le trottoir

Ranger le sapin et la décoration de Noël, au début de la nouvelle année, donne souvent un petit pincement au cœur. En tout cas, chez moi ! Fini les fêtes !
Nous le savons : le monde reprend vite sa course en avant (ou en arrière) avec son lot de nouvelles inquiétantes dans une époque marquée par l’instabilité et le retour des hommes forts (ou faibles) qui aiment la violence et pratiquent le mensonge.
Les anges de la nuit de Bethlehem ont chanté joyeusement : « Gloire à Dieu et paix sur terre aux hommes de bonne volonté », mais la réalité, hélas, ne semble pas au rendez-vous.
Comment laisser résonner dans nos cœurs, bien après les fêtes, dans ce monde compliqué qui est le nôtre, le beau message de Noël ?
Je crois personnellement que toute femme ou tout homme de bonne volonté, qui fait humblement ce qui est juste et humain, là où il peut, est accompagné de la paix et de la bienveillance de Dieu. En elle, en lui, les anges continueront à fredonner leur chant céleste, encore et encore, même quand le sapin de Noël se trouvera sur le trottoir.
Un vieil hymne en latin, composé au Moyen Âge, « Ubi Caritas Deus ibi est » se traduit ainsi :
« Là où il y a l’amour, Dieu est présent ».
Andreas Lof, aumônier d’hôpital, Fondation Les diaconesses de Reuilly

Des moments forts qui résonnent

Après Noël, comment garder en soi la lumière qui a éclairé la préparation et la richesse de cette journée ? Si la période de Noël représente pour nous le chemin vers le Christ, comment est-elle vécue par les femmes et les hommes que nous accompagnons dans notre entraide et qui ne partagent pas forcément notre foi ? Comment faire en sorte que cette joie puisse perdurer au moins quelques temps ?
Les années précédentes, nous distribuions un colis de Noël à tous, qui était reçu avec plus ou moins d’enthousiasme.
Nous avons cherché cette année à innover et, pour rester dans la dynamique insufflée par les Assises des entraides de la FEP sur le thème « Donner, recevoir et rendre », nous avons proposé à deux personnes accueillies d’animer musicalement une matinée de Noël.
Josiane et Ali ont accepté de ressortir leurs piano et saxophone et de nous faire profiter de leur talent pendant que nous servions un petit déjeuner, amélioré grâce aux gâteaux confectionnés par les bénévoles et agrémenté d’un petit cadeau.
Nous avons aussi servi une soupe en fin de matinée.
Nous voulons croire que ce moment fort de réciprocité et de communion autour du langage universel de la musique résonnera dans le cœur de ces deux musiciens mais aussi de tous ceux qui les ont écoutés, bien après Noël !
Stéphane Dennetière, président de l’Entraide protestante de Lille (59)

Dieu d’amour, quand mon quotidien n’est que maîtrise et assurance,
viens le remettre en question.
Quand je me persuade d’être au contrôle de tout,
viens déposer le petit grain de sable de ta parole qui va tout enrayer.
Quand ma pratique religieuse m’enferme dans une vérité immobile,
envoie-moi un ange de lumière.
Quand mon horizon se limite à ce que je sais,
envoie-moi à Bethléem découvrir, dans la présence de l’enfant, que j’ai tout à apprendre.
Ne permets pas que je m’y sclérose à nouveau,
mais envoie-moi sur les chemins de la vie, joyeux témoin de l’enfant-Dieu.

Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

Abonnez-vous pour recevoir la Boussole

Suivez-nous sur les réseaux sociaux