Nous savons que nous sommes passés de la mort
La Bible, 1 Jean, chapitre 3, verset 14
à la vie, parce que nous aimons les frères.

Véronique Legros-Sosa
Chemins de réflexion
Français ou Japonais ?
Chaque culture a son propre rapport au monde et les dictons ens ont une expression
particulière, poétique et quelquefois réductrice.
Le Français, plein d’optimisme, affirme : « Après la pluie, le beau temps ! »
Le Japonais, plus observateur, constate : « Après la pluie, le sol se durcit… »
L’Occidental rêve d’un avenir meilleur sans parvenir à se satisfaire du présent,
tandis que l’Asiatique prend la mesure des choses et y travaille avec méthode. Et le chrétien, de quoi est donc fabriqué son rapport au monde ? Est-il de ceux qui n’ont de foi et d’espérance qu’en l’au-delà ? La vie après la mort serait-elle sa seule « passion » ? Pâques ne serait-il pour lui que le « happy end », la glorieuse revanche sur le sombre Vendredi saint ? Le triomphe de la puissance sur la faiblesse ?
Le beau temps après la pluie… vraiment ?
Je perçois dans le message de la croix et sa lumineuse annonce du matin de Pâques, une autre dimension. Celle d’une espérance qui ne quitte pas des yeux les terrifiantes réalités de l’existence. Celle d’une pluie pascale capable d’ensemencer les déserts les plus arides où le Français et le Japonais apprendront à se donner la main pour croire et agir ensemble, aimer et prier, transformer ce monde, dès maintenant, à l’image du monde d’après.
Pierre Lacoste, pasteur de l’Église libre de Bordeaux-Pessac
La vie après la mort serait-elle sa seule « passion » ?
Un écho en creux pour les oreilles fatiguées
À force de chercher des cycles dans la vie, nous finissons par en trouver. L’épreuve laisse place à un temps plus serein, la tristesse cède le pas au bonheur… Pourtant, le changement en mieux se fait souvent attendre. La promesse d’une joie future sonne creux aux oreilles usées, fatiguées, désespérées.
Aujourd’hui, c’est le Vendredi saint. Jour où les chrétiens se souviennent de l’horreur de la croix. De ce moment – incompréhensible selon notre raisonnement cartésien – où Dieu lui-même a partagé notre condition humaine jusqu’à la mort. Il s’est abandonné à la souffrance qui fait partie intégrante de notre existence terrestre.
Jésus ayant pleinement vécu la désolation de la mort, ne minimsions son acte en passant trop rapidement à la suite de l’historie.
Toutes les peines ne s’effacent pas vite. Jésus a choisi la solidarité avec l’humanité affligée ; nous aussi, aujourd’hui, nous pouvons prendre le temps de nous arrêter devant les injustices et les blessures. Non pas pour nous réjouir de la douleur, encore moins pour ériger le chagrin en vertu, mais pour exprimer notre fraternité avec ceux qui vivent dans les larmes, à la suite de celui, le Christ, qui montre le chemin de la compassion.
Alison Wyld, pasteure, Église Baptiste de Morlaix-Roscoff
Un petit coin de parapluie
La pluie n’est pas forcément négative. Dans le désert, elle apporte la vie.
Les événements compliqués que nous traversons nous obligent à faire un pas de côté, à nous mettre en cause, à changer de cap, déconstruire pour pouvoir reconstruire. La pluie, c’est aussi un apprentissage. Elle nous donne une leçon.
Quand une femme arrive au Palais de la femme, nous faisons preuve d’empathie, nous essayons de nous mettre à sa hauteur, de la sécuriser, d’apaiser ses souffrances, de soulager ses angoisses. Elle n’est plus seule, elle est accompagnée.
Personne ne lui « vend » du beau temps, personne ne lui promet des jours meilleurs.
Nous n’apprenons pas aux femmes à danser sous la pluie ! Nous ouvrons un parapluie pour marcher à leurs côtés, là, sous la pluie.
Pas devant, avec des projets qu’elles ne pourront pas tenir, ni derrière dans un assistanat qui n’est pas souhaitable, juste à leurs côtés.
Une fois que la relation de confiance est établie et que la pluie commence à cesser, nous pouvons sécher doucement la personne .
Aucune friction énergique mais un doux enveloppement.
Je crois au temps. Il faut parfois du temps. Et de la patience aussi dans l’attente que le soleil se lève pour reconstruire et éclairer l’avenir.
Nous aidons chaque femme que nous accueillons à trouver la définition de son propre beau temps.
Car si nous placions certaines sous un soleil trop irradiant, il les aveuglerait et les brûlerait.
Christophe Piedra, directeur du Palais de la femme à Paris, Armée du Salut
Sans ta présence, ô Dieu, nous serions comme...
des enfants sans parents, des amoureux sans conjoint,
des oiseaux sans ailes, un voilier sans vent,
des vaches sans lait, des éléphants sans défenses ;
comme un puits sans eau, une nuit sans lune,
un désert sans oasis.
Comme une terre desséchée sans pluie.
Donne-nous ta présence, ta Parole, ô Dieu,
nous la recevons par le Christ dans l’Esprit.
Amen !
Prière indienne
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.