Naaman est général en chef du roi de Syrie. Atteint de lèpre, il va voir le prophète Elisée sur les conseils d’une esclave capturée en Israël…Élisée envoya un messager lui dire :
La Bible, 2ème livre des Rois, chapitre 5, 9-14
« Va te plonger sept fois dans l’eau du Jourdain. Alors tu seras guéri et purifié. »
Naaman se mit en colère et il s’en alla en disant :
« Je pensais que le prophète sortirait de chez lui, qu’il se tiendrait debout et prierait le Seigneur son Dieu ; je pensais qu’il passerait sa main sur l’endroit malade et que ma lèpre serait guérie.
Naaman, furieux, fait demi tour. » …
Ses serviteurs le raisonnent et il va tout de même faire ce que demande Elisée… et guérit de la lèpre.

Chemins de réflexion
A qui faire confiance ?
A quel « saint se vouer » ? Qui croire ?
En période incertaine et inédite comme celle que nous traversons, des voix discordantes, des avis contradictoires se font entendre. Parmi les politiques comme parmi les scientifiques, les opinions divergent. On pointe les intérêts particuliers, les ambitions personnelles.
Et les médias se font un malin plaisir à amplifier cette cacophonie pour en faire un spectacle.
Comment faire la part des choses ? Vers qui, vers quoi se tourner ?
Des questions d’autant plus vives qu’elles mettent en jeu la vie ou la mort, la guérison ou la maladie.
Naaman dans sa quête de soin sait écouter son entourage ; il prend en compte ce que lui disent les « petits », même les plus petits que lui.
La parole qui fera autorité sur lui est celle qui le conduira à la vie, qui le fera grandir.
Une vraie parole de l’autorité est une parole qui fait grandir un groupe, une communauté, une nation, car elle vise un bien commun à toujours rechercher.
Denis Heller, Fondation Diaconesses de Reuilly
Une vraie parole de l’autorité est une parole qui fait grandir un groupe, une communauté, une nation, car elle vise un bien commun à toujours rechercher
La véritable autorité
La véritable autorité d’une personne est celle que les autres lui accordent. Le ou la responsable de mon organisation m’a demandé de faire ceci ou cela. Pourquoi le ferais-je ? Est-ce parce que c’est mon « chef » ? N’est-ce pas plutôt parce que je le considère comme compétent, ou ayant une vision plus large que la mienne ?
Oui, son autorité est fondée sur celle que je veux bien lui accorder.
Il en va autrement du pouvoir dominateur, qui ne se préoccupe guère de ce que pense l’autre. Naaman le lépreux connaissait la réputation du prophète Elisée et il lui faisait confiance à priori.
Mais cette confiance fut mise à mal lorsque Naaman ne reçut de la part du prophète aucun honneur dû à son rang, et, vexé, il refusa ses conseils.
Finalement, c’est son serviteur qui l’a convaincu de se plonger 7 fois dans le Jourdain.
Cela prouve que l’autorité ne vient pas seulement des gens haut-placés, mais peut venir aussi des personnes de rang modeste.
Et si elle venait même des personnes handicapées, malades ou pauvres dont je m’occupe ?
On ne sait jamais… car l’autorité qui vient de Dieu peut prendre les chemins les plus inattendus !
Christian Tanon, Eglise Protestante Unie de France
L’autorité ne s’habille pas toujours de beaux habits
Naaman est un général glorieux mais malade, et douloureusement malade.
Toute l’histoire de cet homme de guerre est celle de la reconnaissance ou non d’une parole d’autorité. Il fait d’abord confiance à une petite esclave israélienne qu’il a ramenée de sa dernière campagne militaire. Quoi de plus dérisoire pour lui que la parole de cette fillette ?
Et pourtant, au bout du voyage, l’homme de pouvoir n’acceptera pas l’attitude du prophète Elisée.
Naaman voulait que l’autorité du prophète se montre, s’énonce et s’expose à la hauteur de l’enjeu de sa guérison.
La question de l’autorité est-elle d’abord une question d’emballage ? La forme validerait-elle le fond ?
Oui, quand nous perdons nos repères familiers, comme ce général, nous nous raccrochons à ce qui est visible. Quand il semble que tout vacille, nous cherchons des berges solides.
Pouvons-nous blâmer ce général ? Une fois de plus, dans cette histoire, c’est la parole de quelqu’un, sans autorité, ou celle de ses serviteurs, qui va le convaincre.
C’est à travers du négligeable que cet homme d’Etat découvrira que l’autorité ne s’habille pas forcément avec de beaux habits.
Brice Deymié, Fédération Protestante de France
Seigneur mon Dieu je me sens parfois perdu en ce temps de déconfinement car j’entends des voix contradictoires sur la bonne conduite à tenir.
Alors je me tourne vers toi en quête d’une parole « d’autorité ».
Je voudrais mieux te connaître.
Toi tu me connais, mais comment mieux te connaître ?
Ne dois-je pas d’abord t’aimer ? Ne serait-ce qu’un peu, avec mes faibles moyens, ma faible foi ?
Alors je t’en prie, Seigneur mon Dieu, donne-moi un supplément de foi, un supplément d’amour.
Et des oreilles assez fines pour discerner ta voix, au milieu des voix dissonantes de notre monde.
Amen
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.