À partir de ce moment, Jésus Christ commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être mis à mort et, le troisième jour, ressusciter.
La Bible, évangile de Mathieu chapitre 16, versets 21-22
Pierre, le tirant à part, se mit à le réprimander, en disant :
« Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera pas ! »

Chemins de réflexion
Vivre dans la confiance sans nier le réel
Partout, les chiffres sont mauvais, les hôpitaux de plus en plus saturés… Comment vivre le temps présent, si angoissant ?
Notre inquiétude légitime peut se transformer en panique et nous faire prendre de mauvaises décisions. Comment garder sa raison, ne pas céder à cette panique ?
Chacun de nous est travaillé par des peurs.
Ainsi, Pierre, horrifié d’entendre que son ami Jésus va mourir, repousse avec force cette idée en disant : « Non, cela ne t’arrivera pas ! » Il croit savoir mieux que Jésus ce qui est bon pour lui. Il veut décider à sa place.
N’accablons pas Pierre.
Ne nous arrive-t-il pas de ne plus entendre que notre peur, et de nous fermer alors à toute autre voix que la nôtre ?
Ne laissons pas la peur nous envahir et brouiller notre discernement.
Aujourd’hui, je comprends l’importance de cette parole de Dieu dans le livre du prophète Esaïe :
« C’est dans le calme et la confi ance que sera votre force ».
Nous sommes appelés à vivre dans la confiance, c’est ainsi que nous prendrons des décisions justes, avec et pour les autres, et non à leur place.
Christine Renouard, Église protestante unie de France
Nous sommes appelés à vivre dans la confiance, c’est ainsi que nous prendrons des décisions justes, avec et pour les autres, et non à leur place
Attention !
J’aime ce beau mot d’ « attention » duquel découlent les adjectifs « attentionné » et « attentif ».
Il sonne comme une invitation à être attentif à son entourage, aux autres, à la vie environnante.
Il résonne avec la notion de vigilance, si précieuse en cette période proche de l’Avent : attention et vigilance pour être pleinement dans l’instant présent, avec ses risques et ses opportunités, et alors agir au mieux.
Il trace un juste équilibre entre le déni et la paranoïa.
Les mots utilisés actuellement ne sont pas anodins : guerre, conseil de défense, couvre feu, état d’urgence, menace sanitaire.
Des propos alarmistes qui participent à la dramatisation de la situation.
Faudrait il céder à la panique ?
La mort est bel et bien une réalité incontournable, qui pour autant ne nous attend pas à tous les coins de rue.
Jésus la regarde avec courage et lucidité sans se laisser envahir par la peur.
Ne collons pas trop vite à ce beau mot d’attention celui de danger.
Et préférons plutôt ceux de confiance et de clairvoyance.
Denis Heller, Fondation Diaconesses de Reuilly
Il y aura un lendemain sans déni et sans peur
Il est des réalités qu’on préfère ne pas envisager : c’est le propre du déni.
Déni ou peur chez Pierre qui refuse l’annonce par Jésus de la souffrance, de la mort et de la résurrection de ce dernier.
Déni de celui qui voit en Jésus le messie et ne saurait imaginer un instant une fin si tragique, alors qu’il attend la manifestation de la Gloire du Christ.
Peur aussi pour son proche, son ami, son maître auquel Pierre est attaché et qu’il ne veut voir ni souffrir, ni mourir, sous aucun prétexte !
Deux démarches que nous connaissons bien aujourd’hui avec cette pandémie : soit le déni de réalité, la remise en question des annonces des scientifiques ou de l’État, voire le rejet des mesures barrières, soit une crainte qui isole et enferme dans la peur et le refus angoissé.
La réponse de Jésus à Pierre, peu empathique pour le coup ! (v. 23 à relire), n’est-elle pas une invitation à regarder la réalité en face, sans la fuir par l’une ou l’autre de ces attitudes ?
Et que dire de ce que Pierre oublie, de ce qu’il ne peut concevoir à ce jour, à savoir la promesse de « se réveiller le troisième jour ».
N’est-ce pas l’affirmation divine de l’Espérance, d’un lendemain qui bannit et la peur et le déni ?
Une voie possible entre déni et paranoïa ?
Pascal Hubscher, Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine
Seigneur, chaque jour, nous entendons les bruits et les discours de ce monde.
Des paroles de haine, des paroles de violence, sont prononcées.
Des prophètes de malheur nous prédisent le pire.
Des puissants brandissent la peur comme arme de persuasion.
À qui irions-nous ? Qui croire et que croire ?
Donne-nous de recevoir de ta part une parole de paix et d’espérance.
Donne-nous de percevoir de ta part des chemins de vie.
Toi, qui as connu l’épreuve de la peur au désert,
Toi, qui as traversé la solitude de la mort,
Toi, qui es le Vivant,
Viens nous rejoindre dans nos peurs, pour nous rendre, malgré tout,
clairvoyants et attentionnés, confiants et attentifs.
Amen
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.