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La Boussole

La Boussole VII-40

Pourquoi la vie est-elle plus forte que la mort?

Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts.

La Bible, Évangile de Matthieu, chapitre 8, verset 22
Plus forte la vie,
Véronique Legros-Sosa

Chemins de réflexion

Pourquoi je vis, pourquoi je meurs

Le mort avait pris son temps, j’étais là, à attendre dans un cimetière depuis deux heures… Que faire ? J’aurais pu m’étourdir la tête en pensant à organiser et planifier la suite de ma vie. J’ai préféré me promener au milieu des tombes, des épitaphes, des souvenirs figés « à ma mère, à mon frère, à mon neveu, nous ne t’oublierons jamais ». Des dates pour commencer une vie et pour la terminer.
Et puis la foule des vivants est apparue avec ses larmes, sa douleur étouffée, ses silences, les derniers mots, les derniers gestes. Le cercueil mis en terre, quelques salutations, des regards pour exprimer ce que l’on ne peut ou ne sait dire, et chacun est reparti vivre son deuil.
La vie s’arrête-t-elle là ? Une vie achevée… « Pourquoi je vis ? Pourquoi je meurs ? […] Je sens quelque chose qui m’attire, qui m’attire vers le haut », chantait Daniel Balavoine (SOS d’un terrien en détresse).
Ils sont plusieurs à l’avoir vu, entendu, et même touché. Ils ont proclamé sa résurrection ; lui-même avait annoncé qu’il se réveillerait de la mort. La Bible affirme que Jésus est vivant. L’espérance chrétienne se résume en ces trois mots : « il est vivant ». Trois mots qui changent tout, ma vie comme ma mort.
Et pour nous, les vivants, sur quoi, sur qui se base notre espérance ? Quelles sont nos certitudes concernant notre avenir ? Connaissons-nous les promesses que Dieu a faites pour notre vie, notre mort et même après ?
Charles-Édouard Doublier, aumônier des hôpitaux, Fédération protestante de France

« Pourquoi je vis ? Pourquoi je meurs ? […] Je sens quelque chose qui m’attire, qui m’attire vers le haut », chantait Daniel Balavoine.

Ce qui restera de toi ne t’appartient pas

Lorsque la mort traverse nos vies, elle trace toujours une frontière entre un « avant » et un « après ». Avant, la personne fait partie de la communauté humaine à nos côtés. Après, sa place demeure vide. Cela ne veut pas dire pour autant qu’elle est oubliée, il reste des traces de son passage : des souvenirs, des moments partagés, des paroles parfois qui ont fait leur chemin en nous.
Quand nous nous tenons là, au bord de ce vide engendré par l’absence, nous avons parfois la sensation qu’il pourrait nous engloutir : que restera-t-il de la vie que nous aurons vécue quand, pour nous aussi, ce sera fini ? On peut longtemps tourner en rond autour de ce vide.
C’est aux abords de ce précipice que Jésus vient nous chercher et que sa parole nous remet en marche. Ne perds pas ta vie à te demander ce qu’il en restera ; tu n’en as qu’une, alors vis-là maintenant et laisse les morts enterrer les morts.
C’est ici et maintenant que la vie éternelle commence, lorsque tu te laisses traverser par un amour plus grand que toi, lorsque tu partages ce que tu as reçu, lorsque tu suis l’étoile qui te donne une direction. Ce qui restera de toi ne t’appartient pas mais est semé dans l’existence de ceux qui t’entourent. Alors rends grâce pour ce que certains t’ont transmis, et pour ce que d’autres recueilleront après ton départ.
Anne Faisandier, pasteur EPUdF, Temple du Marais (75)

L’un meurt pour sa foi, l’autre (sur)vit par la foi

Je me suis rendu au Nord du Nigéria avec Portes Ouvertes, œuvre de soutien aux chrétiens les plus persécutés dans le monde.
Pour eux, l’Évangile qui donne la vie éternelle peut paradoxalement apporter la mort physique. En effet, le Nigéria est le pays où le plus de chrétiens sont tués à cause de leur foi (3490 l’an passé).
La raison ? Des groupes terroristes à l’idéologie mortifère et intolérante. Tertullien affirmait : « Le sang des martyrs est la semence de l’Église ». C’est encore vrai aujourd’hui au Nigéria. J’y ai rencontré un jeune homme dont les voisins chrétiens ont été tués par Boko Haram pour avoir refusé de renier leur foi. Cherchant à connaître « cette religion pour laquelle des gens sont prêts à mourir », il a fini par devenir chrétien lui-même.
Mais la mort touche aussi les (sur)vivants : le conjoint, les enfants, les proches d’un martyr voient aussi leur vie brisée. Un accompagnement adapté est indispensable. J’ai visité un centre de soins post-traumatiques de Portes Ouvertes où des survivants m’ont témoigné de leurs vies restaurées à la suite du pardon accordé. La foi chrétienne, pour laquelle leur proche est mort, est aussi leur force pour continuer à vivre…
Cette réalité reste trop méconnue. Voilà pourquoi Portes Ouvertes conduit actuellement une campagne de sensibilisation intitulée « Afrique : unis contre la violence ».
Guillaume Guennec, directeur du plaidoyer et relations presse pour Portes Ouvertes

Seigneur, je ne sais pas toujours 
pourquoi la vie est plus forte que la mort,
mais à ta suite je découvre qu’elle l’est, et merci pour cela.
Quand je suis dans la nuit,
apprends-moi à trouver mon chemin en suivant les étoiles,
et fais monter en moi la joie qui vient de toi
pour chaque matin qui se lève.

Prière
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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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