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La Boussole

La Boussole I - 11

Pour vivre bien, vivre masqué ?

Quand Moïse eut fini de leur parler, il plaça un voile sur son visage.
Dès lors, chaque fois qu’il se présentait devant le Seigneur pour s’entretenir avec lui, il ôtait le voile. Lorsqu’il ressortait et transmettait aux Israélites les ordres reçus, les Israélites voyaient son visage rayonner.
Ensuite, Moïse remettait le voile sur son visage et le gardait jusqu’au moment
où il retournait s’entretenir avec Dieu.

La Bible, Livre de l’Exode 34, 33 – 35
Une mosaïque représentant une spirale dans les tons bleus, vert rouge et jaune.
Glass tile swirl abstract outside the Glazer Children’s Museum in downtown Tampa, Florida, USA

Chemins de réflexion

Être témoin, sans masque

Quand Moïse redescend de son confinement, en intimité avec Dieu, 40 jours, 40 nuits, il rayonne.
Il a pu vivre un lien fort et ça se voit. Il rayonne et le peuple a peur de lui !
Différent de confiance, de foi, il est sorti changé ; de son confinement, de son lien intime.
Il porte en lui la paix, un message qui vibre dans tout son être et qu’il va transmettre : Une Bonne Nouvelle adressée à chacun et qu’il dévoile dans sa vérité de témoin, dans la lumière… sans masque !
Il a été rejoint dans son être, sa précarité.
Ce souffle l’a aidé à se dévoiler, et nous aide, nous aussi, à être tels que nous sommes, sans les masques sociaux, les masques vitaux devant le regard, la peur des autres.
Le voile ou le masque de nos rôles sociaux nous permettent un temps d’être pleinement humains dans le respect des codes et de nous faire « tout à tous ».
Puis, au moment important, nous pouvons oser nous rencontrer et nous laisser transformer… sans masque !
Rémi Droin, Église protestante unie de France. Toulouse Ouverture (TO7)

Ce souffle nous aide à être tels que nous sommes, sans les masques sociaux, les masques vitaux devant le regard, la peur des autres

Tous masqués ?

Avec les masques rendus obligatoires pour des raisons sanitaires, nous sommes à rude épreuve : difficile de communiquer, de nous reconnaître, tout simplement de nous rencontrer.
Sommes-nous embarqués dans une grande mascarade, une vaste comédie dont le scénario nous est inconnu ?
Une vraie relation humaine nécessite de rencontrer l’autre à visage découvert.
Sommes-nous devenus tous des pantins ?
Heureusement, par les gestes, le corps, la voix, les yeux, les mimiques, nous inventons de nouveaux langages expressifs.
Nous avons besoin dans l’échange de percevoir une vérité, une authenticité ; sinon à quoi jouons nous ? à un jeu d’hypocrites et de cache-cache ?
Pour autant, une totale et permanente transparence à l’autre est un leurre.
Moïse alterne visage caché et visage dévoilé.
Le regard aimant de Dieu conduit à un peu plus de cohérence entre notre vérité intérieure et ce que nous donnons à voir.
Vivement, les masques à terre !
Nous pourrons davantage être nous mêmes.
Denis Heller, Fondation Diaconesses de Reuilly

Ôtons le voile, pas le masque

Il y a une différence entre le masque tel qu’on doit le porter aujourd’hui, et le voile de Moïse qui était sensé protéger de la vue de Dieu, car le peuple avait peur de voir Dieu face à face.
L’un protège du virus, l’autre de Dieu.
Mais pourquoi avoir peur de Dieu ?
Est-ce Dieu qui provoque les catastrophes naturelles et les pandémies ? Est-ce Dieu qui condamne ?
Jésus nous a appris à ne pas avoir peur de Dieu et à le considérer comme un père parfait, comme il n’en n’existe aucun sur terre.
Si, dans la société, il peut être avantageux de se masquer, ou de prendre ses distances, il en va tout autrement dans notre relation à Dieu.
À Lui, nous pouvons tout dire. Et nous n’avons aucune raison de prendre nos distances.
À la mort du Christ, le voile du Temple s’est déchiré du haut en bas, nous donnant libre accès à la présence de Dieu. Dans notre relation à Dieu, ôtons donc tout voile qui ferait écran à sa bonté.
Christian Tanon, Église protestante unie de France

Seigneur, nous avons, en cette période de crise sanitaire,
bien du mal à nous habituer au port du masque.
Et pourtant, nous sommes des champions du masque,
quand ce n’est pas de la mascarade.
Nous avançons si souvent masqués dans la relation aux autres, et dans la vie sociale.
Nous faisons comme si, nous faisons semblant, nous jouons la comédie.
Jésus, ton fils a toujours refusé l’hypocrisie, la duperie, la tromperie.
Tu viens nous rencontrer en vérité, sans écran, sans fausseté.
Tu nous accueilles tels que nous sommes, pour nous faire accéder
au rang de personne et non de personnage.
Aide-nous à ne pas nous mentir à nous mêmes et aux autres.
Avec ou sans masque, donne-nous de vivre de vraies relations humaines,
dans la confiance et le partage.

Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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