Après la mort, la résurrection et l’ascension de Jésus, les disciples restent dans la crainte et l’attente.
La Bible, livre des Actes, chapitre 2, versets 2 à 4
Ils sont à Jérusalem et ne sortent pas de la maison.
« Tout à coup il y eut un bruit qui venait du ciel comme le souffle d’un violent coup de vent : la maison où ils se tenaient en fut toute remplie ; alors leur apparurent comme des langues de feu qui se partageaient et il s’en posa sur chacun d’eux.
Ils furent tous remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler d’autres langues, comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer. »

Chemins de réflexion
Lâcher, acquiescer, déborder
Au top 50 des mots d’ordres de ces derniers mois celui de « Tenir » !
Entendons « rester en capacité de travailler pour les autres d’abord, au boulot ou à la maison » ! Tenir !
Sous-entendons « mettre au fond de sa poche, retenir avec un mouchoir par-dessus (ou trois ou quatre masques bien tassés) nos envies de hurler, de pleurer, de lâcher la pression, d’extérioriser nos ras-le-bol et nos besoins de projets, d’amour, de vie » ! Tenir !
Retenir son souffle, jusqu’à quand ? Ils en étaient là les disciples, à tenir malgré leurs peurs, malgré le vide.
Et puis Dieu, comme un grand vent et du feu (pas de caméra de vidéo-surveillance, on n’ira jamais vérifier), leur a permis de choisir, parmi les contraires du verbe tenir : de lâcher, d’acquiescer, de délivrer, de déborder, de susciter, de rompre !
Et la vie, pour eux et pour les autres, redevient possible, chacun dans sa langue.
Personnellement la langue avec laquelle je choisis la vie avec les autres, est celle de la prière et du chant : je lâche mon souffle et acquiesce à la relation…
À Pentecôte, les disciples découvrent la multitude des langues nécessaires pour dire la présence de Dieu.
Chacun dans notre langue, choisissons la vie !
Isabelle Bousquet, Pasteur. Église Protestante Unie de France, Fondation John Bost
À Pentecôte, les disciples découvrent la multitude des langues nécessaires pour dire la présence de Dieu. Chacun dans notre langue, choisissons la vie !
S’autoriser des respirations
Dix fois par jour, j’entends cette phrase : « Prends bien soin de toi ».
Mais comment prendre soin de moi ?
Je n’ai pas le temps ! La situation actuelle me pèse, les contraintes s’accumulent, et en moi résonne une autre petite voix :
« Il faut que je tienne bon, je ne dois pas craquer ».
Serait-ce possible de lâcher ces « il faut » et d’essayer les « et si… » ?
« Et si » je m’autorisais une respiration ?
« Et si » je prenais la liberté de m’allonger quelques instants dans l’herbe ?
« Et si » je m’accordais un petit moment pour téléphoner à une amie, pour chanter, pour méditer ?
Comme pour les amis de Jésus, le souffle vivifiant de l’Esprit Saint s’offre à chacun de nous, un souffle qui libère, qui rend plus joyeux, plus vivant, presque comme une ivresse.
C’est Pentecôte !
Il vient, le temps de déposer tout ce que nous avons porté à bout de bras, à bout de forces, à bout de souffle.
Christine Renouard, Pasteur. Église Protestante Unie de France
Titre de la bulle
Les défis qui nous attendent pour refaire vie, communauté et sens sont nombreux.
Depuis une année, le virus nous a éloignés les uns des autres, non seulement physiquement mais aussi dans nos têtes.
Les questions sont multiples, mais l’une d’elles va se poser avec plus d’acuité : « Suis-je donc un danger pour ceux que j’aime ? » La crainte d’être contaminant et contaminé pour et par l’autre va entraver pendant longtemps les relations de confiance et de travail en équipe.
Ces questionnements vont perdurer pendant quelques années.
Les phrases : « rien ne sera plus jamais comme avant ! » ou « que sera le monde d’après ? » tournent à l’envi dans nos esprits, concernant notre vie, nos proches, ceux que nous aimons et ceux que nous accompagnons jour après jour.
Puis un mot se répand, celui de résilience.
La résilience, c’est la reprise d’un nouveau développement après le traumatisme.
Mais il faut d’abord en sortir.
Lorsque l’épidémie s’éloignera, là seulement, nous entrerons en résilience.
Nous ne pouvons pas vivre sans les autres, dans cet isolement sensoriel.
Alors, langues de feu ou pas, il nous faudra, et c’est l’un des bienfaits de la Pentecôte, vivre à nouveau les uns avec les autres et nous parler dans des langages que nous comprenons.
Défi pas si simple à relever !
Pierre Lefebvre, Directeur du foyer de vie Anne-Dominique – Fondation John Bost
Je veux vivre à plein... et ma foi et me fait prendre toute la dimension de ma vie.
Quelqu'un m'a appelé ; un Dieu, un Père, maître d'une création merveilleuse.
Il m'a créé, il m'a rempli d'un goût de vivre, d'une capacité d'être et de donner.
Son Fils Jésus m'entraîne à sa suite dans le chemin de la vraie vie.
L'Esprit, son esprit d'amour et de paix, vient vivifier et transformer mon cheminement ;
je lui fais confiance.
Je veux vivre à plein... Je crois que je ne serai pas déçu, parce que toi, Dieu, tu seras toujours là pour l'éternité.
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.