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La Boussole

La Boussole IV - 14

Peut-on s’autoriser à changer de voie ?

Puis je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle,
car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n’existait plus.

La Bible, Apocalypse, chapitre 21, verset 1
L’envol,
Evelyne Widmaier

Chemins de réflexion

Attention à la manoeuvre !

Dans la vie comme au volant, le désir de changer de voie peut se manifester. On peut avoir le sentiment d’être pris dans un embouteillage, de faire de nombreux efforts et de mettre beaucoup d’énergie pour aucun résultat.
Un obstacle peut nous empêcher d’avancer. Ou bien la direction que nous avons prise et qui nous correspondait à merveille ne nous permet plus de nous épanouir.
Et si on appliquait à ces situations de transition les principes appris à l’école de conduite ?
Avant d’engager la manoeuvre, il faut bien regarder autour de soi. Y-a-t-il un risque de blesser d’autres personnes ou de se blesser soi-même ? Parvient-on à discerner (dans le rétroviseur) les écueils du passé qui pourraient compromettre notre marche ? Est-on bien positionné pour effectuer le changement en toute sérénité ou vaut-il mieux que nous nous préparions encore ?
Nous pourrions aussi signaler ce désir de nouveauté à notre famille, nos collègues, nos amis bénévoles, nos responsables… et à tous ceux qui pourraient nous accompagner sur notre nouveau chemin.
Une fois les conditions réunies, oui, nous pouvons nous autoriser à emprunter une autre voie. Pour continuer sur le chemin de la vie, renouvelés, et prêts à nous lancer dans de nouvelles aventures au service de Dieu et des autres.
Alison Wyld, pasteure, Église Baptiste de Morlaix-Roscoff

Avec l’âge, on apprend à identifier ses motivations profondes.

Mettre le cligno, rétrograder, freiner et tourner

Cette question me ramène immanquablement au moment où j’ai passé mon permis de conduire ; on m’a appris que tout changement de voie doit être signalé. J’entends encore les recommandations de mon moniteur : « Ne sous-estime jamais le risque de la bifurcation ! »
Enclencher son clignotant, rétrograder puis, seulement, freiner et tourner. Sagesse pragmatique de l’automobiliste que je mets en pratique tous les jours !
Filons la métaphore… Dans la vie, comme au volant, pour atteindre la destination que nous avons choisie, aller là où l’on pressent – ou espère – un ciel nouveau et une terre nouvelle, il faut parfois changer de voie. Cela peut être difficile, dangereux, anxiogène.
Et déroutant pour ceux qui me suivent ou me précèdent, pour ceux qui sont mes passagers.
Pourtant, au-delà du risque, une certitude demeure : je suis la même conductrice, avec le même permis et, dans mes bagages, ce qui m’a construite ou blessée, fait grandir ou abîmée, rassurée, enthousiasmée, freinée parfois.
J’ai toujours avec moi ce fantastique Moniteur d’auto-école qui murmure à mon oreille, tranquillement, sans exercer de pression : « Vois sur ton chemin les endroits où tu peux faire demi-tour, et autorise-toi des revirements s’ils te sont nécessaires ! »
Élisabeth Walbaum, déléguée à l’animation et la réflexion spirituelles à la FEP

Oser se lancer

J’exerçais des fonctions financières depuis vingt ans lorsque la question du sens de mon travail
s’est posée. J’avais besoin de me renouveler. Le sujet du développement durable me tenait à coeur.
J’avais ça en moi depuis toute jeune mais n’avais pas conscience que je voulais l’intégrer à mon travail. Avec l’âge, on apprend à identifier ses motivations profondes.
J’ai pris mon envie au sérieux et regardé si un cursus était compatible avec mon parcours. Quand j’ai découvert les formations qui existaient, j’ai été enthousiasmée. J’en ai parlé autour de moi.
C’est essentiel de parler de son projet quand on envisage un changement. En discutant avec mes collègues, j’ai conclu que je n’étais pas la seule à vouloir faire émerger ce sujet. Ce n’était pas si risqué.
Il est important aussi de s’assurer du soutien de la famille, du conjoint, des enfants. Une fois qu’on l’a, c’est plus facile. J’ai franchi le pas. Je suis retournée à l’université pour une formation longue, alors que j’étais toujours en poste.
Franchement, ça valait le coup ! Le résultat est extrêmement satisfaisant, je suis très contente,
je ne savais pas que j’étais capable de changer de voie. Il ne faut pas avoir peur de se lancer, l’issue est extraordinaire. Aujourd’hui, je suis en charge de la qualité et de la gestion des risques et RSE, je n’ai aucun regret d’avoir quitté ma fonction financière.
Florence Bernard, directrice qualité, gestion des risques & RSE à la Fondation Armée du Salut

Cette vision d’un ciel et d’une terre renouvelés me donne tellement envie !
En même temps, le changement me fait peur.
Aide-moi, s’il te plaît, à bien discerner le temps.
Donne-moi la sagesse nécessaire pour savoir quand je dois continuer
dans une voie porteuse de vie pour moi-même et pour les autres,
et quand tu m’appelles à me lancer dans de nouvelles aventures.

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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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