« Je rends grâce à mon Dieu chaque fois que j’évoque votre souvenir : toujours, en chaque prière pour vous tous, c’est avec joie que je prie. »
La Bible, lettre aux Philippiens chapitre 1, versets 3 à 4.

Chemins de réflexion
Remercier et se réjouir
C’est ce que fait l’apôtre Paul qui remercie Dieu dans la prière et se réjouit de l’élan des chrétiens à qui il écrit.
Ceux-ci ont accueilli la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ et continuent de la répandre autour d’eux, dans un même souffle. Quel élan !
Pendant la première vague de l’épidémie, nombre se sont enflammés dans un élan de joie et de reconnaissance à l’égard des soignants, puis à l’égard de ceux qui poursuivaient leur travail essentiel sur le terrain malgré le danger. Quel élan !
Qu’en reste-t-il ?
L’apôtre Paul se souvient et chaque fois remercie et se réjouit.
Se souvenir.
Il s’agit de faire remonter en nous le passé, de dire ce passé et qu’il s’exprime à nouveau en nous.
Nous portons ainsi un regard sur ce qui a été vécu et ressenti. Ce regard permet de prendre la mesure de ce qui a été vécu.
Alors, quelle joie et quelle reconnaissance remontent en nous ?
Non pas d’une façon tonitruante qui s’épuise, mais dans la simplicité d’un merci et d’un sourire.
Bertrand Marchand, Pasteur. Église Protestante unie de France
Il s’agit de faire remonter en nous le passé, de dire ce passé et qu’il s’exprime à nouveau en nous
Être reconnaissant
Lors du premier confinement, le moment des applaudissements s’était institué chaque soir :
joie de nous voir entre voisins, occasion de conjurer le silence de la mort, volonté surtout de manifester nos encouragements et notre reconnaissance aux équipes médicales.
Mais le temps passant, les applaudissements ont cessé.
Une chape de plomb faite de lassitude et de crainte s’était installée.
Et pourtant plus que jamais, les soignants poursuivaient le combat et le poursuivent encore aujourd’hui.
La reconnaissance exige la connaissance, le souvenir de l’autre et la prise de conscience de ce que je reçois de lui en bien. Une reconnaissance qui peut alors se transformer en remerciements et en gratitude.
L’apôtre Paul dit sa reconnaissance envers les chrétiens de Philippe.
Au contraire de la plainte, elle est source de paix et de joie pour soi-même, en même temps que considération et estime de l’autre.
Nous vivons de la reconnaissance des autres et de Dieu. À nous de la donner et de la recevoir !
Denis Heller, Pasteur. Fondation Diaconesses de Reuilly
Élargir notre coeur
Cette lettre est l’une des plus personnelles de Paul.
Le thème de la joie y revient souvent, témoignage du triomphe de la foi sur l’adversité !
Néron à l’époque a institué la « claque » avec des applaudisseurs professionnels.
Les médias et les réseaux se sont, à leur tour, transformés en chauffeurs de salle.
L’an dernier, les applaudissements de début de soirée étaient devenus un rituel quotidien intéressant.
Mais finalement, ce qui était destiné aux soignants répondait-il peut-être à un besoin plus égoïste ?
Ce moment était devenu, pour des Français reclus, un espace existentiel, de balcons à fenêtres… Et le déconfinement, la liberté rendue a fait son oeuvre…
Les gens sont passés à autre chose, les applaudissements se sont éteints.
« Ce soir, j’ai la flemme d’applaudir… ». Et les soignants, ont-ils la flemme d’être mobilisés ?
La Parole nous rappelle : « l’ami aime en tout temps et dans le malheur il se montre un frère… ». Alors si je n’applaudis plus, mes mains peuvent justement servir à autre chose.
Mon coeur, lui, s’est élargi à ces héros du quotidien, priant pour que chacun se sente aimé de Dieu et sente la joie de ne pas être seul.
Thierry Louzy, Directeur de programmes Jeunesse, Handicap, Dépendance, Soins. Fondation de l’Armée du Salut
O Seigneur, nous sommes si naturellement dans une logique du « dû ».
L'État devrait nous accorder ce que nous n'avons pas : plus de confort, plus de sécurité, plus de protection, plus de liberté.
Les autres devraient nous fournir ce qui nous manque : plus de respect, plus de considération, plus d'attention, plus de politesse.
Dans cette logique du « dû », nous sommes toujours à retenir la partie du verre à moitié vide, à nous embourber dans la plainte et la lamentation. Nous faisons notre malheur.
O Seigneur apprends nous à nous placer dans la logique du « don ».
Ouvre grands nos yeux pour repérer tout ce qui nous est donné par la vie, par les autres, par la société.
Transforme notre regard pour retenir tout ce dont nous sommes bénéficiaires, tout en n’y étant pour rien.
Apprends-nous la reconnaissance envers les autres et envers toi.
Donne-nous de savoir l'exprimer pour notre joie et celle des autres. Amen
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Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.