Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau.
Evangile de Jean, chapitre 4, 7-9
Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »
En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions.
La Samaritaine lui dit :
« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi,
une Samaritaine ? » –
En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.

Chemins de réflexion
Nous voici déconfinés
Je me demande :
« La menace est-elle là ? L’autre est-il une menace ? Suis-je une menace ? Comment ne pas avoir peur de l’autre ? »
Drôle de situation.
Et voilà que l’autre m’adresse la parole et me sollicite. Il propose le dialogue. Il aurait dû me contourner, m’éviter, ne pas m’adresser la parole. J’ai envie de fuir. Je le préviens : « Je suis peut-être contaminé ! Ou un cas contact ! » Puis-je l’approcher et lui répondre sans risque ?
Tant de questions me traversent l’esprit…
Je ne veux pas regarder avec mes peurs, mais réagir avec ma foi et mon humanité, rester en dialogue, en relation avec l’autre, malgré le risque de contamination.
Je ne veux pas être de ces individus isolés qui regardent l’autre derrière leurs masques et qui cherchent à éviter toute rencontre.
Je veux être celui qui sait accueillir l’autre, échanger et avancer avec lui.
Le sourire reste toujours possible, même derrière un masque.
Pierre-Jean Soler, Fondation de l’Armée du Salut
Le sourire reste toujours possible, même derrière un masque
Ma voisine sort en même temps que moi pour faire ses courses
Vais-je lui adresser la parole ? Non, ça ne sert à rien. Elle va encore me demander de promener son chien.
Tiens, le mendiant est encore là ce matin… Lui donner une pièce ? Il ira encore s’acheter une bière.
C’est l’anniversaire de ma sœur aujourd’hui… Tant pis, je ne l’appellerai pas ; d’ailleurs, c’est toujours moi qui appelle…
J’ai mille raisons de ne pas entrer en relation avec l’autre qui est sur mon chemin.
Au puits de Jacob, la Samaritaine s’interroge : « Quel est ce Juif qui ose m’adresser la parole ? » Vais-je lui répondre ? Non, ce ne serait pas prudent. Mieux vaut rentrer au village, et je reviendrai quand cet inconnu sera parti…
Dans ma vie de tous les jours, combien de fois n’ai-je pas dit : « Bonjour, comment allez-vous ? » ou « Que puis-je faire pour vous ? » à cet autre que Dieu a mis sur ma route ?
Que d’occasions manquées ! Car c’était peut-être un ange, un messager de Dieu, porteur d’une parole pour moi. Pour la Samaritaine au puits de Jacob, rendez-vous compte, c’était le Messie en personne !
Christian Tanon, Eglise Protestante Unie de France
Titre de la bulle
Tout commence par une rencontre improbable autour d’un puits, en plein midi, à l’heure où les gens se protègent de l’ardeur du soleil dans le frais des maisons.
Et de surcroît, il s’agit d’un Juif et d’une Samaritaine, séparés par des siècles de tensions réciproques : rencontre inattendue, et à haut risque !
Pourtant, Jésus ouvre le dialogue.
Il ne s’agit pas d’un grand discours idéologique, juste de mots tout simples qui disent sa soif, et qui rappellent ainsi qu’avant d’être Juifs, Samaritains ou de quelque identité que ce soit, nous sommes des êtres humains embarqués sur le même bateau et qui peuvent s’entraider.
Mais la femme le renvoie à tout ce qui les sépare. Alors, Jésus lui parlera d’une eau vive qu’il offre à toutes et tous, aux femmes aussi bien qu’aux les hommes, de toute nation et de toute condition.
Parce qu’elle est pour tous, cette source de vie ouvre une perspective commune, aide à vaincre la peur, à faire tomber les murs de défiance, d’incompréhension.
Retrouver l’envie de vivre ensemble : et si c’était aussi essentiel et aussi merveilleux qu’une gorgée d’eau dans le désert ?
Christine Renouard, Fondation Diaconesses de Reuilly
Père Eternel, me voici devant toi, un peu désemparé.
Donne-moi le courage et la joie pour sortir de chez moi,
Pour aller à la rencontre des autres et me rendre disponible.
Que ta présence m'accompagne chaque jour,
Seul l'Amour nous permet d'avancer à nouveau.
Seigneur, apprends-moi à poser ton regard sur l'autre,
Il n'est pas une menace, il est mon frère.
Seigneur, apprends-moi à l'aimer comme tu nous aimes.
Seigneur, apprends-moi à l'écouter sans le connaître.
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Amen.
Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.