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La Boussole

La Boussole I - 25

L’accompagnement spirituel, un luxe ou une nécessité ?

Jésus s’est retiré depuis quarante jours dans le désert.
Satan le tente et lui propose de changer des pierres en pain.
Mais Jésus répliqua : « Il est écrit : Ce n’est pas seulement de pain que l’homme vivra, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu. »

La Bible, évangile de Matthieu chapitre 4, verset 4
Une mosaïque représentant une spirale dans les tons bleus, vert rouge et jaune.
Glass tile swirl abstract outside the Glazer Children’s Museum in downtown Tampa, Florida, USA

Chemins de réflexion

Quand l’accompagnement spirituel décloisonne

C’est dans le code de Procédure pénale qu’est évoqué le pourquoi de la présence des aumôniers dans les prisons :
« Chaque personne détenue doit pouvoir satisfaire aux exigences de sa vie religieuse, morale ou spirituelle. » (article R 57-9-4)
Le code emploie même un mot très fort puisqu’il parle « d’exigence » pour qualifier les besoins de l’homme en matière de vie de foi :
C’est bien dans le registre de la nécessité que nous intervenons.
Cette nécessité n’est pas uniquement d’ordre rituel mais concerne également des domaines de la vie intime et profonde dont les ressorts sont d’une grande complexité.
L’homme et la femme emprisonnés sont des êtres partagés en de multiples zones d’influence parfois contradictoires, l’accompagnement spirituel est un lieu de synthèse, un lieu où la mosaïque d’une vie éclatée prend sens.
Nous assumons donc deux fonctions fondamentales : assurer l’individu de l’amour de Dieu pour lui, et relier l’individu à une communauté de sens partagé.
L’accompagnement spirituel va à l’encontre des cloisonnements que la société voudrait imposer à l’individu.
Brice Deymié, Fédération protestante de France

L’accompagnement spirituel est un lieu de synthèse, un lieu où la mosaïque d’une vie éclatée prend sens

Une soif !

La crise sanitaire est révélatrice du regard que la société porte sur l’être humain.
En effet, pour l’accompagner, le soigner, le faire vivre, quelles dimensions de son existence,
prendre en compte ?
Assurément sa santé physique. Mais sommes-nous seulement un corps à guérir, à nourrir, à vêtir ?
Tout humain est plus ou moins travaillé par des questions existentielles : Qui suis-je ?
Quel est le sens de ma vie, sa finalité ? Quel rapport au monde, aux autres ?
Où est l’essentiel, ce qui est premier ? Comment me situer face à la mort ?
Ces interrogations sont souvent ressenties avec intensité dans les moments de fragilisation.
La dimension spirituelle gravée dans le cœur humain s’alimente de réflexions personnelles, de paroles échangées et surtout de relations aux autres.
Jésus, par son message d’amour, rejoint cette soif spirituelle et la nourrit d’espérance et de confiance.
Quelle place donnons-nous dans nos établissements et dans nos lieux d’engagement à ce besoin spirituel, vital, essentiel ?
Denis Heller, Fondation Diaconesses de Reuilly

Se nourrir !

C’est avec assurance que je peux dire :
« L’accompagnement spirituel est une nécessité, et non pas un luxe ». Il répond à un besoin, comme le pain est nécessaire pour nourrir le corps, la Parole de Dieu nourrit l’âme.
« Vous êtes enfin de retour ! »
« J’avais tant besoin de partager avec vous… Je suis si triste, ma voisine de chambre est décédée. »
« C’est quand la reprise des cultes, de la messe ?… J’ai besoin de prier avec vous… »
Que ce fut difficile de ne pas être auprès des personnes âgées en EHPAD, des détenus en prison, des résidents en foyer de vie… Il était devenu impossible pour moi d’être sur le champ de bataille aux côtés des soignants, comme l’est un aumônier militaire en temps de guerre.
Pour me faire proche des résidents, cette situation de crise m’a obligé à m’adapter, à imaginer d’autres formes de présence (visioconférence, téléphone, courrier, YouTube, etc.) pour répondre à leur demande…
En restant convaincu que rien ne peut remplacer une rencontre, en face à face, en présentiel.
Pierre-Jean Soler, Fondation de l’Armée du Salut

O Dieu notre Père, tu as mis dans le coeur de l’être humain, le sens de l’éternité.
Ainsi nous avons conscience de nos existences et nous pouvons en interroger le sens.
Pardonne-nous si trop souvent nous restons à la surface des choses.
Pardonne-nous si nos réflexions se contentent de superficialités.
Tu veux pour nous des vies vécues en profondeur et en hauteur, aux dimensions de ta grâce et de ta bonté.
En Jésus-Christ, tu nous appelles à ouvrir nos coeurs au sens du prochain, au désir de rencontres, à la joie du partage.
En Jésus Christ, tu élargis nos existences aux dimensions de l’amour et de la relation aux autres.
Viens inspirer nos journées et nos actions de ton Esprit de vie, de paix et de confiance.
Amen

Chaque semaine La Boussole répond à des questions posées par des lecteurs. Pasteurs, aumôniers et acteurs de terrain dialoguent.

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